mercredi 02 décembre 2009

Bonjour mon petit

Je viens, donc, de terminer le Lolita de Nabokov. Ma première impression est une forme de soulagement — celui d'avoir réussi à le terminer, mon premier roman dans un anglais littéraire. Et si la compréhension s'est avérée plus ardue que prévu, principalement par manque de vocabulaire (je ne suis en effet pas certain d'avoir bien saisi toutes les subtilités ) je ne regrette pas moins la démarche, comme à l'instar des doubleurs de films, je ne doute pas que les traducteurs du livre se soient sentis obligés d'imposer une empreinte soi-disant artistique à leur travail d'interprétation. Surtout pour tous les passages, en français dans le texte.

Quant au texte, au delà de son côté plus tellement provocateur (reste-t-il encore des tabous, des situations choquantes à notre époque ?) je reste émerveillé par sa subtile poésie. Oui, l'écriture est plaisante et le contraste avec la monstruosité assumée du personnage principal n'en est que plus accentué ; rimes, consonances et jeux de bons mots animent tout le récit de la déchéance progressive de ce pauvre Humbert Humbert, pauvre européen érudit blessé par un amour de jeunesse qui sombre, progressivement perverti par la jeunesse américaine elle-même — ou alors c'est peut-être bien le contraire, comme s'amuse à le préciser l'auteur, sous le couvert du récit faussement documentaire.

Je renouvellerai l'expérience. Il faudra aussi que je voie l'adaptation de Kubrick.

samedi 27 septembre 2008

Lectures

Contrairement à ce qui a été annoncé, je n'ai pas lu Désert, la faute à un mauvais concours de circonstances. Au final, j'ai d'ailleurs regretté d'avoir amené si peu de bouquins, car on a eu beaucoup plus de temps libre que je ne l'avais imaginé. En revanche, j'ai donc terminé L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, et Geisha d'Arthur Golden.

Impression mitigée sur le premier. Le livre est très long à démarrer et un bon gros tiers se passe sans évènement marquant, une simple et interminable exposition des personnages, de leur environnement et de leur façon d'être : une concierge se fait délibérément passer pour plus bête qu'elle ne l'est, histoire qu'on la laisse bien tranquillement enfermée dans les clichés du genre et qu'elle puisse donc assouvir ses passions secrètes, la littérature, la philosophie et le cinéma — et une petite fille, elle aussi intelligente, incomprise de sa famille de parisiens bobos-snobs, décide de consigner ses observations sur le monde dans un journal. Bon. Ce que j'en retiens c'est le côté un peu trop prétentieux des deux personnages principaux, style c'est nous les plus futées et tous les autres sont des idiots. Il y a de grandes tirades pseudo-métaphysiques, si je n'adhère pas à toutes, elles sont plutôt bien écrites. On s'interroge cependant sur leur réel intérêt, au-delà du simple exercice de style, ce qui met le livre en légère contradiction avec son propre contenu. On en vient alors à se demander si, ce que l'auteur fait dire à ses personnages, ne consiste pas en de simples exposés destinés à faire montre de la culture, au demeurant conséquente, de l'écrivain ou si, pire, il s'agit d'instaurer une connivence ringarde avec des lecteurs soi-disant érudits, qui sauront partager les mêmes bons mots à propos des mêmes références élitistes — et un peu pédantes. Mais bon, laissons-lui le bénéfice du toute, comme ça se lit bien et que les cent dernières pages sont plus intéressantes.

Quant à Geisha, c'est plutôt une relativement bonne surprise, vu la moue significative que j'ai pu arborer, à la sortie du film. Apparemment c'est assez bien documenté, donc on peut croire que c'est suffisamment représentatif de la vie des Geishas d'avant, pendant et après-guerre. Au travers de l'histoire de Chiyo, petite fille arrachée de son petit village de pêcheurs pour être enrôlée comme apprentie dans une okia de Kyoto, Golden évoque l'image d'un vieux Japon qui peine à s'ouvrir petit à petit au monde, entre coutumes et traditions d'époque dont l'exotisme suffit à intriguer. Ce que je trouve dommage, ce sont certains passages peu significatifs qui traînent trop en longueur alors que, paradoxalement, les moments les plus importants sont éludés en seulement quelques pages. Mais, malgré quelques ficelles un peu trop grosses, l'intrigue est suffisamment alambiquée pour se tenir en appétit.

vendredi 26 septembre 2008

Connaît pas la crise

En ce moment je lis Anti-manuel d'économie de Bernard Maris, j'avoue que ça donne un éclairage particulier, intéressant mais un peu biaisé, sur ce qui est actuellement en train de se passer sur les marchés financiers. J'en parlais encore ce matin — si je ne suis pas certain que tout le monde comprend les évènements, ça n'empêche pourtant pas chacun d'avoir son avis. Voilà qui à la fois confirme et contredit la thèse de départ de Maris, qui sous-entend que l'économie est une science volontairement obscurantiste, afin qu'on ne découvre pas que toutes les théories économiques ne sont basées que sur du vent et que tous les débats d'experts ne sont rien d'autre que des discussions de café du commerce, agrémentées une touche de jargon pédant pour faire joli. Mais bref. Deux choses : de mes lectures j'en viens à penser qu'essayer de comprendre le fonctionnement du capitalisme financier, c'est se convaincre d'autant plus du pourquoi ça ne peut pas être un choix de société juste et viable — si tant est que ce soit vraiment le but de la chose, ce dont en fin de compte je doute. Par ailleurs, des évènements j'ai l'impression que ça me donne presque raison de ne pas avoir attendu, comme tout le monde, que la crise s'installe durablement pour investir dans l'immobilier. Car si les prix vont probablement continuer de baisser, la contraction du marché du crédit rendra les futures acquisitions plus compliquées et, toute chose étant égale par ailleurs, jouer avec les limites des taux d'endettement pour essayer d'obtenir un emprunt maximum ne sera plus aussi facile. Les prix baisseront mais les banques prêteront également moins. Alors peut-être que quelque part c'est équivalent et que chacun retrouvera ses petits, sauf que ma situation à moi est un peu particulière et que l'un dans l'autre, c'est sans doute mieux ainsi. Enfin bon. Je me comprends.

jeudi 13 octobre 2005

Acide sulfurique

Que dire d'autre, sinon que j'ai trouvé ce bouquin assez nunuche ? Principalement on veut dénoncer les dérives de la téléréalité. Bon, c'est un point de vue qui se défend, on va dire, relativement. Le problème c'est que le sujet est tellement convenu qu'il n'y a pas trente six façons de l'aborder de façon à ce que ce soit un minimum intéressant. Et bien en ce qui concerne Acide sulfurique, la façon en question est tellement caricaturale qu'on finit par se demander, par espérer presque, si ça n'est peut-être très second degré en fin de compte... Des producteurs peu scrupuleux ont décidé de faire un remake télévisé des camps de concentration, Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle – avec des condamnés choisis au hasard dans la population et des kapos sélectionnés autant pour leur banale stupidité que pour leur propension à la violence gratuite, le tout filmé comme il se doit, vingt quatre heures sur vingt quatre, des caméras partout. À ce stade je trouve ça déjà limite. C'est limite parce que ça pousse le concept de base à un point tellement extrême, autant d'exagération c'est presque prendre le lecteur pour un imbécile. Comment alors adhérer un tant soit peu aux propos exposés, surtout quand ça se met à dégouliner à ce point de tous les bons sentiments et toutes les attitudes angéliques que la situation laisse à imaginer ? Il y a un passage dans l'histoire où Amélie Nothomb raconte la façon dont les médias se seraient indignés en choeur du concept de l'émission et où, paradoxalement, plus cette indignation se faisait entendre, plus les gens se disaient choqués, plus les taux d'audience grimpaient. En fin de compte je crois cette démonstration se transpose assez bien au bouquin lui-même, ce qui est admettons assez idiot. Plus le ridicule est atteint dans la mièvrerie et les pleurnicheries bon enfant moins on se sent concerné par la critique et par le fond même de ce qui est censé être exposé. Et puis il y a toujours ce style simpliste, que j'avais pourtant bien apprécié dans l'écriture de Werber, mais qui ici participe encore plus à l'infantilisation du lecteur. J'ai eu l'impression au final qu'on me prenait pour un mec stupide, vraiment. J'ai eu l'impression de lire beurk pas bien bouh c'est mal scandé en lettres capitales, deux cent pages durant. Pas très engageant comme perspective...

jeudi 23 juin 2005

Où j'apprends qu'il y a des gens qui n'aiment pas Houellebecq.

Ah ? Ouais. J'aurais envie de dire que finalement je peux arriver à le concevoir, ou plutôt à l'admettre. Et pourtant, en tant que personne hautement influençable dans ses points de vue artistiques, j'ai plutôt tendance à être déçu et à remettre en cause ce que je suis censé penser. En même temps je regrette avec dépit le demi-procès d'intention qu'on intente à Michel Houellebecq, dont le prochain roman est accusé de tous les maux, y compris celui d'étouffer avec sa sortie la prochaine rentrée littérraire. Soit disant que beaucoup d'autres ouvrages ont été décalées à cause du monstre, ainsi le livre est-il déjà décrié avant même que quiconque ait pu en lire une ligne. De là à jalousement sous-entendre que la best-sellerisation de l'auteur n'est en fait que le sydrome de son déclin vers l'empire maléfique du grand public, tout ça sur fond de gros sous et de transferts de droits faramineux entre éditeurs, il n'y a qu'un pas. Même si l'un dans l'autre vous parcourez les divagations d'un type qui est à deux doigts d'aller s'acheter le Da Vinci Code en poche. Et qui a récupéré les deux derniers Avril Lavigne, pour voir. Alors moi ce que je peux en dire...

mercredi 20 avril 2005

L'empire des anges

Vaguement la suite des Thanatonautes. Je me souviens avoir lu ce bouquin avec entrain, je devais avoir quatorze ou quinze ans, même que Bernard Werber était à l'époque un des seuls auteurs que je supportais. Je découvrais aussi le confort des éditions grand format (pas de poche, je sais pas comment ça s'appelle) et mine de rien, ça soulage quand même infiniment les yeux. Il y avait également le découpage du récit en chapitres relativement courts qui faisait que je pouvais rentrer dans l'histoire, à la faveur de mon temps libre, aussi vite que j'en étais sorti. Enfin, je m'en rends maintenant compte, l'écriture de Werber reste vraiment très accessible, même pour un gamin, limite parfois simplement déclarative – cela apporte une immédiateté reposante, on n'a pas besoin de réfléchir plus que ça à l'intrigue. Ce qui ne l'empêche pas par ailleurs de transmettre des réflexions profondes et de poser des questions intelligentes. Ainsi dans l'Empire des anges, au-delà de l'histoire naïve mais pas inintéressante de cet ange-gardien qui doit apprendre à gérer les âmes dont il est désormais responsable, on trouve des interrogations sur Dieu, évidemment, sur le rapport à autrui, et plus généralement sur ce qui nous inspire, ce qui nous motive, ce qui attitre notre attention, sur la façon dont nous, animaux grégaires, fonctionnons/interagissons avec notre environnement. Un peu comme dans Les Fourmis. Je citerai par exemple ces deux passages relativement marquants, qui comme par hasard décrivent presque parfaitement mon état d'esprit sur les sujets concernés.

Ce que décrit cet Edmond Wells, c'est la malédiction de la vie en groupe. Quelles que soient les intentions originelles, il y en aura toujours pour grimper sur la tête des autres. Et si les exploiteurs refusent d'assumer leurs rôles, les exploités les y obligent ! Les ouvriers exigent des patrons, les disciples exigent des gourous et les citoyens des présidents. Les gens redoutent tellement la liberté, ils ont si peur de penser par eux-mêmes, ils craignent tant d'avoir à s'assumer...

– Bon, alors juste une dernière question. Vous ne me répondez que si vous le souhaitez : croyez-vous en Dieu ?
Il éclate de rire.
– J'y crois comme on croit aux chiffres. Est-ce que le chiffre 1 existe ? Est-ce que tu pourras un jour rencontrer l'incarnation du chiffre 1, ou du chiffre 2, ou 3 ?
– Non. Ce sont juste des concepts.
– Eh bien même si le chiffre 1, les chiffres 2 ou 3 ne sont, comme tu dis, que des concepts, ils permettent d'apporter des solutions à beaucoup de problèmes. Qu'importe dans ce cas si on y croit du moment que ça aide...

Reste que ce bouquin n'est évidemment pas parfait. Il traîne par-ci par-là quelques énormités scientifiques, pas juste des fantasmes qui sont bien compréhensibles dans ce genre de livres, mais des explications fausses et faussement justifiées. Et puis certains passages sont vraiment d'une bêtise caricaturale, notamment la scène de bataille vers les 3/4 du livre, où anges et fantômes se battent à coup d'amour, de haine, d'humour et de moqueries. Mais je recommande quand même, c'est divertissant et ça fait réfléchir.

lundi 24 janvier 2005

Vol de nuit

C'est très bien écrit, à la limite de la poésie, même. Et pourtant ce livre m'a laissé une impression mitigée. La faute en partie à une préface détestable d'André Gide qui pue la mauvaise morale chrétienne, glorifiant pathétiquement le sens du travail, du devoir, du sacrifice. Comme du coup ça a presque biaisé ma lecture, je déteste désormais officiellement André Gide. Concédons-lui le fait que Saint-Exupéry aborde effectivement ces thèmes ; mais avec un ton qui m'a paru nettement moins tranché, auquel participent par exemple les doutes et les réflexions du personnage principal face à ses actes – il s'agit en l'occurrence du coordinateur qui s'occupe d'organiser les rotations de courrier par avion entre l'Europe et Amérique du sud. Je pense qu'on peut adopter plusieurs approches à ce bouquin et en retenir la vérité que l'on veut. J'en garderai les inévitables interrogations d'un homme face à l'absurdité de son idéalisme et cet évident malaise lié à l'envie malsaine de croire qu'il participe à quelque chose de plus grand que lui, en sacrifiant des hommes sur l'autel du progrès. Et, encore une fois, la densité tout bonnement affolante en impressions, en sens et en images de certains passages, qui frisent proprement le génie.

jeudi 02 décembre 2004

Plateforme

Il ne me semble pas vous avoir clairement mentionné que j'étais un fan inconditionnel de Houellebecq, même s'il m'est arrivé de le citer à maintes reprises, alors voilà, je le fais, clairement. Par la même occasion, j'en profite pour encenser ce putain de bouquin, Plateforme donc, que je trouve tout simplement jouissif. Je ne pense pas que je ne me soie jamais autant plu à lire un livre. Et pas juste parce qu'il se présente plus ou moins sous la forme d'une apologie du tourisme sexuel (et du sexe en général), ce qui est bien sûr prétexte aux descriptions plutôt crues de toutes sortes de délires fantasmatiques – ce qui n'est pas pour me déplaire, du reste. Non à mon avis sa qualité principale, et la qualité principale de tous les bouquins de Houellebecq, c'est l'incroyable présence d'esprit qui transpire d'une quantité incroyable de mini-tirades sur à peu près tout et n'importe quoi. On est dans la tête du narrateur et cette tête a souvent tendance aux divagations les plus inattendues ; avec cependant dans chacune d'entre elles cette lucidité mâtinée d'un brin d'absurde qui rend le propos tellement juste et incisif que, oui, ç'en est vraiment jouissif. Rajoutez à cela cette conscience aiguë d'un certain nombre de problématiques de la société occidentale dans la narration desquelles toute personne finit par se retrouver et vous obtenez ce style, jamais sérieux, ni lourd, ni prétentieux, quelque part entre la touchante banalité de certaines brèves de comptoir et la force des plus sérieuses analyses philosophiques.

vendredi 02 juillet 2004

Hygiène de l'assassin

La première partie est d'une incroyable platitude, on a l'impression de lire une mauvaise rédaction de collégien, qui s'évertue à démontrer point par point l'aspect abject du personnage principal : un vieux romancier aigre et mesquin, obèse et misogyne, sur le point de mourir et qui voit accourir à son chevet l'inévitable cohorte de journalistes. Ladite démonstration est ma foi relativement concluante, ce qui est une vraie réussite tellement certains passages sont dégoûtants. Reste ce ton que je trouve trop scolaire, des interviews qui s'enchaînent mécaniquement, une suite très théâtrale de répliques caricaturales (tant des journalistes que de l'écrivain) et toutes également conclues par un choeur monotone où chaque journaliste rend compte de son martyr à ses confrères (et futures victimes) : thèse, antithèse, synthèse.

La suite est un peu mieux, parce qu'elle prend un petit peu de relief, aussi bien dans la manière dont elle est organisée que dans le contenu des propos. Le problème c'est qu'elle s'étoffe du coup d'une série d'envolées lyriques plus ou moins de mauvais goût, de tirades qui se veulent pompeuses et condescendantes, on dirait une collection de références à l'encyclopédie Universalis. Alors oui, ça colle bien avec le personnage principal, qui au fond n'est qu'une boule de vanité et de pédanterie – le problème c'est que là encore ça tourne trop à la démonstration verbale et ces lieux communs qui se veulent assumés ne sont pas assez tranchants pour tourner l'écrivain en dérision. Quant à la fin, elle se perd en rebondissements qui n'en sont pas, disons plutôt en glissements pas vraiment réussis vers une pseudo-justification peu convaincante.

Bon, après, c'est peut-être moi qui ai raté quelque chose, une fois de plus. Et puis sans ce bouquin, peut-être qu'on n'aurait pas réentendu parler d'Amélie Nothomb, ce qui aurait été dommage, entre nous. Donc, bon.

vendredi 28 mai 2004

Développements

Si tu me demandes est-ce que ça existe un livre capable de te rendre heureux pendant quelques secondes, à te coller une telle banane en large de ta figure que les gens finissent par te regarder bizarrement, et pas parce que le livre est drôle, non, juste parce qu'il dit ce que tu as envie d'entendre et parce qu'il joue avec toi comme tu as envie qu'il le fasse, je te répondrai qu'à la page 90 de Châteaux de la colère, on trouve ces mots :

Dans les trains, pour échapper à ça, ils lisaient. [...] Il faut imaginer ça. Un train lancé dans une course furieuse sur deux lames de fer, et dans ce train un petit coin d'immobilité magique minutieusement découpé par le compas d'une petite flamme. La vitesse du train et la fixité du livre éclairé. L'éternellement changeante multiformité du monde tout autour, et le microcosme pétrifié d'un oeil qui lit.

Quand toi tu parcours ces phrases, exactement dans le train qui te ramène de Paris à toute allure, quand on te développe que les gens lisent dans les trains pour éviter de voir la fuite du paysage, et qu'à ce moment là, dans la lumière du soir, précisément tu relèves la tête pour regarder défiler les vaches, sorte de contradiction ultime avec ce joli pied de nez qu'on te fait, à te raconter une histoire qui te raconte toi, forcément vient cette joie simple, cette connivence étrange avec l'encre et le papier, qui te fait croire qu'en tournant les pages de ce bouquin, tu as peut-être touché un bout d'infini.

lundi 24 mai 2004

Pot-pourri

Parce qu'il faut bien s'occuper pendant les longues heures de trajet.

Le premier volume du best-of des Beatles, celui qui est sorti il y a quelques années, vous savez, cet album rouge avec une photo en contre-plongée des quatre boys dans la cage d'escalier (?) chez EMI – et bien cet album est horrible. Enfin pas intégralement, c'est juste que le premier CD est rempli de ritournelles sucrées et criardes, avec les quatre même accords repris en boucle et le mot love tous les deux vers. C'est peut-être dû à leur public de l'époque, mais bon quand même... Je m'en doutais un peu, j'ai toujours trouvé les premières années du groupe particulièrement minables. Heureusement, le disque va en s'arrangeant, un peu comme l'autre volume – l'album bleu, que j'adore – et quelques-unes unes des dernières chansons (sinon dans le temps, au moins dans la playlist) sont plus qu'écoutables, genre Yesterday ou Michelle.

Et puisqu'on est dans la série compilations, j'aime beaucoup celle de Michel Polnareff, Passé-Présent. Ce n'est pas aussi psychédélique qu'on pourrait imaginer, il y a bien quelques arrangements bizarres et deux ou trois délires incompréhensibles, mais l'ensemble en général est quelque chose de tout à fait à part, avec ce style si particulier et ces orchestrations complexes et subtiles, genre années 80 mais en plus raffiné. Et ces paroles portées par cette voix, cette voix incroyable, qui monte et descend à loisir. Vraiment sympathique.

A part ça, j'ai eu l'occasion de regarder Les Invasions Barbares et Chouchou. Bien qu'il ne mérite sans doute pas tout le foin qu'on a fait autour, Les Invasions Barbares est un bon film. Ni trop larmoyant ni trop compatissant, face aux dernières heures de la vie de cet universitaire retraité, avec deux ou trois bonnes réflexions bien amenées, sur la société, sur le mariage, sur les idéaux, sur l'argent. Je ne sais pas si la société canadienne est vraiment dans cet état là, mais le constat des protagonistes est assez amer dans ce domaine. Les remarques que j'aurais à faire concernent la narration, qui est juste un peu trop remplie de tirades culture-confiture et juste un peu trop caricaturale dans la relation père-fils-qui-se-détestent-mais-en-fait-s'adorent. Et puis il faut quand même avouer que des fois c'est un peu compliqué à suivre, québécois oblige. Mais dans l'ensemble ça va.

Quant à Chouchou, si on le considère comme un film potache sans autre prétention que de faire rire le spectateur, avec des jeux de mots à la limite du pathétique donc d'autant plus hilarants et parfaitement dans le second degré du film, alors on peut dire que c'est un bon divertissement. C'est grotesque mais jamais ridicule, c'est moqueur mais jamais méchant, l'histoire file parfaitement sans accrocs, et Gad Elmaleh, que je ne trouve drôle qu'une fois sur deux, tombe ce coup-ci bien dans le ton du personnage, innocence maladroite mais bon enfant. Bref, c'est une bonne comédie des familles.

Pour finir, les deux volumes microscopiques de la série des aventures de Benjamin Malussène ne sont pas franchement intéressants. Monsieur Malussène au théâtre est juste un copier-coller rapide des quatre premiers livres, histoire d'en faire une adaptation pour la scène. Quant à Des Chrétiens et des Maures, on dirait plus une featurette vite-faite mal-faite, sans aucune personnalité. À oublier vite fait, histoire de ne pas garder cette mauvaise surimpression.

lundi 17 mai 2004

Stupeur et tremblements

Je ne me souviens pas avoir jamais lu un livre aussi vite. En deux traites en fait, même si l'édition du livre de poche est écrite en (très) gros caractères. Et là je me dis que si j'en suis rendu à broder sur la taille des fontes utilisées dans un bouquin, c'est que je n'ai tout simplement rien à rajouter dessus. J'espère sincèrement que les Japonais ne sont pas (plus ?) vraiment comme ça. Même si j'entends parfois des histoires qui corroborent ce stoïcisme infect, cette traditionnalite dogmatique, cette sacralisation du travail, ce racisme aussi. Malgré les circonstances atténuantes, le fait que personne ne puisse vraiment leur donner de leçons, et que je ne sais pas s'ils gagneraient vraiment à adopter un système de valeurs plus... occidental. Par ailleurs le récit le montre bien, cette ascèse qui est à la limite de l'héroïsme, le fait de tout encaisser sans jamais se plaindre, au fond, au-delà du choquant de certaines situations, je pense qu'Amélie Nothomb essaie de faire ressortir la force derrière cette résignation et la noblesse (toute relative) d'un tel comportement. Et même si l'attitude de Fubuki est proprement dégueulasse, elle fait preuve d'une certaine logique, mise dans la perspective des valeurs mentionnées ci-dessus. D'ailleurs la beauté plastique de la jeune femme, telle qu'elle est sublimée par les propos de la narratrice, va sans doute puiser dans les terribles humiliations qu'elle a elle-même dû vivre auparavant. Reste que, sur la fin du bouquin, quand les cadres de l'entreprise essaient de manifester leur compassion, sans pour autant parvenir à remettre en cause un système si profondément intégré dans leurs mœurs, j'en avais les larmes aux yeux.

vendredi 14 mai 2004

Monsieur Malussène

Au quatrième volet de la série, on pourrait croire que Daniel Pennac a commencé à faire le tour du sujet. Et c'est un peu vrai, quelque part. C'est toujours le même fond cosmopolite, Belleville et ses habitants caractéristiques, presque caricaturaux. C'est toujours la même trame incroyable, les mêmes concours de circonstances qui rendent Benjamin Malussène bouc émissaire de tous les crimes de Paris. Mais il faut bien avouer que, même si on s'attend chaque fois à un coup de théâtre, même si à chaque fois on le sent venir, on est toujours autant surpris par la tournure que l'histoire prend, on sent que ça va rebondir mais on ne devine jamais dans quelle direction. Et puis, Monsieur Malussène prend cette fois vraiment le temps de son récit – six cent pages. Le volet policier du roman, qui reprend le sempiternel schéma crimes-accusation-complot-innocence des trois premiers livres est presque relégué en arrière plan, éludé rapidement en quelques pages aux trois quarts du récit. Et pendant tout le reste, Pennac campe ses personnages tout en longueurs et raconte avec délice des tournées viticoles, des histoires de prostituées et de tatouages, des relents de fin de règne, des aventures cinématographiques... Il s'amuse même, en prenant le propre livre en dérision, en faisant du théâtre dans le théâtre ou plutôt du roman dans le roman, en riant de lui-même en tant qu'écrivain. Enfin, comme à chacun des autres tomes, on a le droit à un exemplaire des plus belles déclarations d'amour que j'ai eu l'occasion de lire.

– Berthold, Benjamin. Ce n'est pas le plus sympathique, mais c'est lui qui t'a sauvé
Un Temps.
– Et tu es tout ce que j'ai.
Elle a bricolé un sourire.
– Tout ce que j'ai. Je ne te le dirai pas deux fois.

lundi 19 avril 2004

Rater le coche

Dans son exemplaire de L'attrape-cœurs, ma sœur a griffonné sur un bout de papier quelques notes de lecture, le genre de remarques qu'on peut faire sur un livre en réfléchissant un peu sur sa structure, des réflexions qui résument les grandes lignes d'organisation du livre, bref toutes ces choses qu'on a essayé de m'apprendre à faire pendant des années et que je n'ai jamais pu appréhender. Et pas juste des coïncidences tirées par les cheveux sur l'utilisation de telle ou telle figure de style, vraiment des interprétations cohérentes sur le pourquoi certaines choses sont récurrentes dans le récit, sur comment d'autres choses sont construites pour créer une opposition, ce qui fait que certains livres ne sont pas juste une succession de phrases mises bout à bout censée raconter une histoire. Jusqu'au titre lui-même, L'attrape-cœurs, que je n'avais considéré que comme extraits d'une anecdote délirante et qui en fait trouve une vraie justification par rapport au reste du bouquin. Bref, des choses qui me passent complètement au-dessus de la tête, moi qui me contente généralement de vaguement comprendre les mots les uns après les autres, de trouver quelques pages sympa ou plutôt bien écrites, j'ai l'impression d'être passé à côté de toute une partie du livre et ça me fait bizarre. C'est peut-être pour ça que j'ai un peu du mal à comprendre tout le battage qui a été fait autour de ce livre, les références qui y sont faites dans Six Degrés de Séparation ou ailleurs, alors que pour moi c'est juste l'histoire, un peu touchante, d'un ado pas très bien dans sa tête qui dévisse légèrement suite à plusieurs concours de mauvaises circonstances.

mercredi 31 mars 2004

Manuella

Quand j'ai dit à ma sœur, ma très chère sœur, que je lisais Philippe Labro, elle m'a gratifié d'un Oh désapprobateur, ce genre de Oh qui ne me donne pas toujours envie de partager ce que j'aime avec elle, parce que son jugement plus que tout autre m'importe. Elle reprochait que c'était mièvre et quelque part elle a raison. Parfois c'est un peu cul-cul, enfin surtout l'histoire en fait, un peu trop convenue, de cette fille, Manu, qui ne se sent pas dans la statistique, mais qui au bout du compte finit un peu idéalement. Mais c'est bien écrit, sans temps mort, il y a des passages vraiment... je ne dirais pas beaux, qui ne te prennent pas au ventre, mais qui font sourire, des choses que tu es content de lire. Et puis comme toutes les séries télé qui tombent à peu près dans ce genre de sujet, et que tu regardais plus jeune, forcément tu finis par t'y retrouver, dans un détail, dans une réflexion, dans une situation. Tu retrouves deux ou trois citations, celles qui donnent envie de lire, celles qui sont juste ça, juste ce que tu ressens, pile. Alors oui, fatalement, tu aimes.

jeudi 18 mars 2004

Collages

Ça risque d'être compliqué comme compte rendu, parce que quand je parle de choses que j'aime bien, j'ai toujours l'impression de m'embarquer dans des justifications débiles qui virent rapidement au n'importe quoi. Donc vous êtes prévenus. Le truc dans City (de Baricco) c'est qu'il y a plein d'histoires et que c'est suffisamment bien écrit pour qu'on arrive à jongler de l'une à l'autre sans trop de mal. Une collection de points de vue, en quelque sorte, avec des astuces d'écrivain pour vous tenir en haleine et placer quelques digressions. Mais rien de tiré par les cheveux. Juste, à certains moments, j'ai quand même trouvé ça longuet, mais bon. La trame principale, l'adolescence de Gould, enfant génie, et sa rencontre avec Shatzy, sa gouvernante. La fin est expédiée un peu rapidement, mais c'est pas le principal. J'avais peur pendant toute ma lecture que ça termine horriblement mal, mais en fait non. Pas tant que ça. Et puis ça faisait longtemps que je n'avais plus lu de conversations qui s'étalent sur cinq pages, ni de démonstrations construites qui s'étalent sur dix, ni de tirades façon voilà ce qui me passe dans la tête. Et puis, même cette histoire de boxeurs, et puis, même cette histoire de western, au fond, on finit par s'y intéresser, alors que c'était pas forcément gagné, quand tu découvres ça sur la quatrième de couv'. Donc, finalement, l'un dans l'autre. Par contre, ça fait deux livres plutôt tristounes que j'enchaîne, il est temps que je me change les idées.

dimanche 29 février 2004

La vie devant soi

Écrit par Romain Gary sous le pseudonyme d'Émile Ajar, prix Goncourt en 75. Le pas si petit que ça Momo, dix ans et quelques poussières, est un enfant de putain au sens littéral, recueilli par Madame Rosa, une ex-prostituée qui a monté un clandé, une sorte de maison d'accueil spécialisée dans le genre. Sauf que Madame Rosa a atteint la limite d'âge et qu'elle n'est plus en état de s'occuper de quoi que ce soit. Leur quotidien est désormais rythmé par les crises de catatonie de la vieille juive, ses cauchemars de la déportation, la crainte de voir débarquer l'assistance publique, la solidarité de tout un immeuble et les aventures de Momo, parce qu'il faut bien vivre. Voilà pour le pitch façon fiche de lecture.

C'est Mohammed qui raconte l'histoire, avec les mots d'un enfant de dix ans. Autant des fois ses abus de langage sont amusants, avec ces proverbes déformés qui ponctuent la langue courante, autant j'ai trouvé que ça rend parfois le récit trop décousu – dans le sens compliqué à suivre. Ça fait partie du jeu, mais c'est lourd par moments. À part ça, ça se laisse très bien lire, c'est émouvant sans en faire trop et on y ressent un peu de cette magie de quand on était gosses. Et puis il y a une belle galerie de portraits, Monsieur Hamil le vieil arabe fasciné par le Livre et par Victor Hugo, Madame Lola l'ancien boxeur sénégalais qui fait travestite à Boulogne, le Docteur Katz, vieux médecin qui veut envoyer Madame Rosa à l'hospice, les enfants du clandé ; et cet amour entre Momo et cette vieille femme, parce qu'ils n'ont qu'eux au monde et parce qu'ils ne veulent pas se séparer par peur de tout perdre.

jeudi 05 février 2004

Mise à jour

Petite update culturelle, pour (re)commencer et pour vous dire tout le bien que je pense de Maladroit de Weezer, que j'ai finalement acheté – mon premier CD depuis un an. Ça fait un peu musique préformatée pour adolescents rebelles, avec des guitares toutes mignonnes, ou au pire gentiment agressives, mais j'aime bien. C'est dans la même veine que les Foo-Fighters et le sautillant Nothing Left to Lose, un son lourd et brillant, mais jamais prise de tête. Et puis, enhanced CD avec quelques vidéos en QuickTime, par les temps de paranoïa qui courent, c'est devenu assez rare pour être signalé. Morcheeba aussi, dont je ne me lasse pas, et Fragments of Freedom auquel je me suis finalement habitué, malgré ses accents un peu plus pop. C'est autre chose, mais c'est bien aussi. Et cette compilation de Manur que j'ai reçue via la blogothèque, pleine de voies inconnues à mes oreilles, qui s'écoule parfaitement d'un bout à l'autre sans une seule note mal placée. Du beau boulot.

Niveau lectures, j'ai passé presque tout le mois de Janvier sur Bored of the Rings, une parodie de l'oeuvre de Tolkien. En anglais littéraire dans le texte. Hardu par moments, franchement, même si je ne suis pas habitué, mais vraiment drôle, oui, et finement drôle, pas trop gras, disons. Et Pennac, La fée Carabine, toujours fidèle à la série. Enfin c'est souvent la même chose, avouons-le, mais c'est bien aussi. Parce qu'en plus il arrive à m'intéresser à ce qui est au fond un roman policier et que, rien que pour ça, chapeau bas. Et quand il parle de Julie, de sa tante Julia, de draps, de vallons et de porte-avions, ça me rend, je ne sais pas, tout chose.

dimanche 04 janvier 2004

Réflexions routières

L'observation des véhicules qui défilent sur la droite à un rythme soutenu, à mesure qu'on les dépasse, permet de conjecturer de certaines réalités sur leurs occupants. Réalités que l'on peut d'ailleurs appréhender dans d'autres situations, un train, une terrasse de café, un hall d'accueil, pourvu en fait qu'il y ait du passage. Cependant, l'analyse routière apporte un nombre d'indices supplémentaires, qui facilitent l'étude. En plus de la tête des voyageurs, le modèle de la voiture, son état de propreté générale, le contenu du coffre, la plaque minéralogique sont autant d'éléments qui permettent de dire qui revient de vacances familiales sur la côte, qui rentre d'un week-end pêche-aux-coquillages, qui retourne avec des petits yeux des réminiscences d'un réveillon copieusement arrosé.

Autoroute 11, peu après midi. Papa conduit vite, comme à son habitude. Pire que cela, il conduit de manière agressive. Il est de ceux qui vous collent au pare-chocs, le clignotant nerveux, quand ils estiment que vos dépassements s'attardent un tantinet. Il paraît que sur certaines autoroutes allemandes, la vitesse n'est pas limitée, sans qu'il n'y ait pour autant pas plus d'accidents qu'en France. La vérité c'est que la conduite est érigée en course de vitesse et de mufflerie à un échelon national, dont mon père n'est qu'un banal concurrent. En ville c'est pire. À Paris, il doit jouer des coudes dans sa berline surpuissante. Il est dans son élément. Définitivement. Sauf qu'il n'a pas le sens de l'orientation.

Pendant qu'il roule, je finis Extension du domaine de la lutte, version papier cette fois. Puisqu'il faut comparer, le livre est certes plus complet. On y comprend mieux les argumentations, comme certaines théories et certains exemples ont été supprimés lors du passage sur grand écran. De manière générale, le film en ressort moins sombre, plus optimiste. À se demander si Houellebecq, qui a co-signé l'adaptation avec Philippe Harel – bénit soit Philippe Harel – à se demander donc s'il n'était pas moins dans le creux de la vague que lors de la première écriture. La fin à ce propos est particulièrement significative.

Du reste, je viens de terminer mon deuxième livre de l'année. Deux livres en quatre jours. Proportionnellement, je devrais donc lire 183 ouvrages en 2004. Je repense à Attention Danger Travail, qui argue de la frénétisie d'achat de notre société consumériste pour justifier du fait que l'on peut, en réalité, vivre relativement bien avec peu d'argent, pourvu qu'on se contente de l'essentiel en oubliant le superflu. Par superflu, on entend la résidence secondaire en Bretagne, la berline à cent mille euros, le téléphone dernier-cri. Le fait est que dans mon exemple, mes 183 livres vont au fond me revenir assez cher. Même avec une carte de bibliothèque, l'abonnement n'est pas donné, surtout quand on ne bénéficie plus, comme moi, du statut étudiant. Je n'estime définitivement pas que l'accès à la culture soit superflue. Pour vivre avec peu dans le système actuel il faut donc sacrifier une partie de l'essentiel. Ma soeur qui sort beaucoup ampute une bonne partie de son budget nourriture pour aller à l'Opéra ou voir des concerts. Ce n'est pas normal d'avoir à faire ce choix.

vendredi 02 janvier 2004

Compte rendu

J'avais oublié de signaler que l'année dernière, je m'étais aussi remis à lire, à lire beaucoup. Dernière victime en date, Soie, donc, d' Alessandro Baricco. L'auteur, découvert grâce à Fréd et à une jolie histoire de cadeau d'anniversaire. Le livre, découvert dans des rayonnages de librairies et via quelques blogs.

Ça se laisse dévorer en quelques trop courtes heures. C'est rempli de répétitions mot à mot, qui ne font que mettre en valeur les quelques syllabes qui changent, et qui disparaissent peu à peu vers le dernier tiers du livre, au moment où l'histoire devient plus cahotique. Comme des vaguelettes à la surface de l'eau. Et parce qu'il joue ainsi avec cette partie de moi inutilement développée, ma mémoire, parce que l'histoire coule doucement avec de temps en temps quelques mots subtils et suspendus seuls sur une ligne, et parce que son écriture simple et juste a su m'arracher quelques sourires, j'aime bien ce livre.

dimanche 14 décembre 2003

Frodon aux neuf doigts...

Après six mois de lecture, entrecoupés par pas mal d'autres livres, j'ai enfin fini Le Seigneur des Anneaux. Dans les temps pour la sortie du troisième film, donc. Enfin, disons que c'était à la base pour me faire un avis sur les réactions contradictoires que j'ai eues suite à l'adaptation de Peter Jackson – et un avis qui dépasse un peu les remarques sur Orlando Bloom.

Sur le livre en lui même, je ne reviendrai pas sur la formidable profondeur de l'univers construit par Tolkien. Tout a été raconté là-dessus et de manière beaucoup plus complète que ce que je ne pourrais faire. Le seul reproche que j'aurais, c'est que certains passages sont vraiment longuets, surtout des passages descriptifs – qui correspondent d'ailleurs assez bien avec les plans d'ensemble rotatifs qu'on retrouve dans le film ; alors que certaines scènes clés sont vraiment résolues en trois lignes. Ah, tiens, il vient de détruire l'anneau. C'est tout ? Déjà ? Ah ouais. Bon, l'important c'est pas la destination, l'important c'est le voyage. Mais quand même...

Par contre, effectivement, il manque beaucoup de choses dans les films. Enfin c'est pas tant ça qui me dérange ; il était bien entendu qu'il faille supprimer certains détais, que trois fois trois heures même ce n'était pas suffisant. Le problème c'est la différence de traitement de certains aspects importants du livre, complètement zappés dans le film, alors qu'inversement d'autres scènes ont été exagérées sans réelle justification. Tout aurait pu être bien mieux équilibré, je trouve.

D'ailleurs a posteriori, je comprends maintenant à peu près comment Peter Jackson va résoudre le problème de découpage qui fait se terminer Les Deux Tours après la bataille de Helm. Parce qu'en économisant toute la fin du livre sur la Comté, fin que je le vois mal justifier vu qu'il n'en parle que très peu dans le premier volet, il aura raisonnablement le temps de bien insister sur les batailles et les papouilles de Liv Tyler et Vigo Mortensen.

Bon, j'avais dit que je parlais pas des acteurs. Mais il fallait bien que je pimente cet avis bien banal. Certes. Demain je postule à Télérama.

samedi 01 novembre 2003

Contact(s)

Je crois que j'en suis à peu près là :

Un soir de décembre, Bruno s'assit à côté de Caroline Yessayan avant la projection de Nosferatu le vampire. Vers la fin du film, après y avoir pensé pendant plus d'une heure, il posa très doucment la main gauche sur la cuisse de sa voisine. Pendant quelques secondes merveilleuses (cinq ? sept  ? sûrement pas plus de dix), il ne se passa rien. Elle ne bougeait pas. Une immense chaleur envahissait Bruno, il était au bord de l'évanouissement. Puis, sans dire un mot, sans violence, elle écarta sa main. [...] Il y avait eu chez ce petit garçon quelque chose de très pur et de très doux, d'antérieur à toute sexualité, à toute consommation érotique. Il y avait eu le désir simple de toucher un corps aimant, de se serrer entre des bras aimants. La tendresse est antérieure à la séduction, c'est pourquoi il est si difficile de désespérer.

Michel Houellebecq, Les particules élémentaires

Ça a du m'arriver deux ou trois fois, le plus souvent dans le train. Ces longues heures assis à ne rien faire d'autre qu'à divaguer, étaient remplies de l'espérence qu'à chaque gare une gentille inconnue vienne s'asseoir sur le siège d'à côté. Je devais avoir une vingtaine d'années la première fois que je suis monté seul à Paris pour un entretien de stage. Le hasard des réservations m'avait placé à côté d'une jolie genevoise – ou du moins, elle allait à Genève. Elle avait passé les deux heures profondément assoupie. Elle portait des nu-pieds et le temps où je n'ai pas dormi volontairement avec elle, au son de sa respiration, je l'ai passé à regarder avec émoi ces ongles vernis qui vivotaient sur le repose-pieds.

Quelques années plus tard, au cours deux expériences assez similaires dans un autre Nantes-Paris et un Nantes-Bordeaux, j'ai pu sentir la chaleur s'échanger entre deux bras posés sur un même accoudoir trop étroit. Bénis soient les designeurs de la SNCF. La première était une rouquine en débardeur dont le visage angélique et la voix timide (je lui avais demandé d'enlever son sac, posé sur mon siège) m'avaient enchantés. La seconde était une adolescente rebelle qui sentait les Lucky Strike – et je crois que je n'avais jamais autant apprécié l'odeur du tabac sur des vêtements – qui descendait des litres d'Évian et qui m'a gratifié de quelques coups dans son sommeil agité.

Et bien sûr ces fois où j'ai eu les deux filles que j'aime à moins d'un centimètre de moi. Je crois que ces instants inconscients d'infinie proximité, sans un mot, sans un geste, où l'on parle ce langage secret sans paroles, sont parmi les plus agréables choses que j'aie vécues.

vendredi 24 octobre 2003

Salon de lecture (bis)

J'ai fait un tour à l'espace culturel de chez Leclerc, parce que je réfléchis à quelques poches que j'aimerais bien lire. J'ai un rapport changeant à la lecture. Parfois je pense que mes différents profs de français ont malheureusement réussi à me dégoûter de l'envie de lire, en martyrisant à outrance les oeuvres qu'ils nous présentaient. Pourtant a posteriori, je dirais que ces livres étaient de bons livres, par exemple La condition humaine ou Barrage contre le Pacifique. Mais juste qu'ils ont insisté de manière tellement forcée sur le soit-disant sens que l'intérêt potentiel m'était enseveli par le dégoût de la recherche forcenée de figures de styles et autres techniques narratives. Dommage.

Depuis, j'ai heureusement réappris à aimer les quelques livres que je choisis, parce que je les parcous et les ressens librement. Enfin, c'est surtout Pennac qui a fini de me convaincre, comme j'en ai déjà parlé. Mais je pense que ça a commencé avec 1984, que j'avais lu il y a trois ans à Madagascar. C'est la lecture de son intégrale que je cherchais à compléter, avec La fée carabine, entre autres. L'avantage de Leclerc, c'est que c'est généralement moins cher qu'à la Fnac (et beaucoup moins que chez Virgin); l'inconvénient c'est qu'ils n'ont pas un catalogue très étoffé. Pas de Fée carabine en rayon par exemple – ils doivent l'avoir en stock, mais la flemme de demander.

J'en ai également profité pour me laisser convaincre par les premières pages de Soie. Mais pareil, impossible de continuer ma pré-lecture de City, pas en rayon. À titre de précision, les deux livres sont de Baricco et, par pré-lecture, j'entends: lire les livres page par page mais dans plusieurs magasins différents et à quelques journées d'intervalle, en fonction des opportunités. Par exemple j'ai commencé City au Virgin Boulevard Poissonnière, et je l'ai continué à la Fnac de Nantes. Et aussi La première gorgée de bière..., pas convaincu. Mais bref.

Après, je suis allé voir à quel prix ils vendaient les albums de Gomez. Pas excessif, mais il n'y avait que Abandonned Shopping Trolley Hotline et Liquid Skin dans un packaging en carton genre CD 2 titres – beurk. Étonnant, même leurs imports sont abordables. Je fais ça aussi dans plusieurs magasins, comparer les prix, je veux dire. Bien que je pense que je vais finir par craquer pour des collectors sur Amazon (même si Amazon c'est mal). Comme Dark Side Of The Moon, version SACD avec un livret inédit. Et sinon, écouté au hasard, le dernier Weezer, très bien.

Mais je n'ai pas craqué, je verrai plus tard. Parce que, chose agréable, je sais qu'ils seront toujours là, à m'attendre, dans un rayon, quelque part. Pas comme tout ce que je télécharge, les choses que j'écris ou mes photos (toujours sujets à des pannes, incendies, ...). Et donc que je n'ai pas besoin de m'occuper d'eux tout de suite. Même si l'objet en lui-même ne sera au fond pas le même – les feuilles de papier ou la galette, je veux dire. Mais l'idée est là, elle ne changera pas, et patientera sagement jusqu'à ce que je vienne la lire, l'écouter, la faire mienne.

mardi 15 juillet 2003

Lecture

J'ai fini Au Bonheur des Ogres, qui s'est aussi révélé très agréable à parcourir. J'adore les petits détails qui me rappellent soit des choses que j'ai vécues (e.g. la relation de Benjamin avec sa soeur), soit des choses qui me donnent envie (tout photographier, à tout va, comme Clara le fait), soit des choses drôles tout simplement. Dès que je peux, je sors acheter le troisième.

samedi 19 avril 2003

Lectures

Alors bon j'ai fini mon premier Amélie Nothomb: les Catalinaires. Bon, j'avais pas d'a priori à son sujet, mis à part un vague echo de bruits comme quoi elle était assez bizzare, que sa vie au Japon, que c'était la révélation de la littérature française... Bon avouez que pour un vague echo de bruit, c'est déjà pas mal. Je veux dire, c'est pas du vague echo de tarlouze que je vous ponds là. C'est du mastoc.

Bon je m'égare (Gare ! Gare !). Donc c'était vraiment pas mal. L'histoire se tient bien, s'enchaine bien, c'est écrit comme du petit lait et ça se boit de manière très fluide. Tout est à sa place, les petits détails qu'il faut, la mise en scène de l'oppression, du soulagement... Bon j'arrête, je sais que j'ai l'air imbécile quand je parle comme ça.

C'est donc un bon livre. Pas comme Kundera. Enfin, je vous en reparlerai. Et au fait, une chanson s'est invitée dans ce post. Et une figure de style. Et un tic de langage. Un cadeau au premier qui trouve.

mercredi 26 mars 2003

@Fluidz

La situation actuelle de Fluide Glacial est assez préoccupante. Les ventes étant en chute libre depuis plusieurs mois, l'ambiance qui ressort du magazine est un peu malsaine -- elle ressemble un peu à la situation des Guignols face au nouveau patron de Canal, sachant que Fluide a aussi changé de rédac chef récemment. En plus il paraitrait que Moerell est mort (je sais pas s'ils l'ont dit pour la déconne ou sérieusement).

Du coup pour accélérer un peu les ventes, ils font des couvertures de plus en plus raccoleuses, notemment la dernière dont le concept est "Censure toi même Fluide Glacial", avec une fille toute nue au milieu et des bandelettes noires à découper aux ciseaux sur le côté (bon j'explique très mal, mais allez voir , vous comprendrez mieux).

Alors l'un dans l'autre, s'ils avaient sorti cette couverture dans un autre contexte, où le but avoué n'est pas de chercher absolument à appater le chaland, pourquoi pas, ils l'ont déjà fait et c'est en général assez drôle. Mais là cette dernière couv' est un peu symptômatique selon moi d'une impression de tension interne qui ressort des récents numéros. Dommage si ça s'arrête, Larcenet et Gaudelette commençaient un peu à prendre les commandes du navire, et les romans photo de Léandri sont à tomber par terre.

lundi 24 mars 2003

Silence

In La Plaisanterie, Kundera: « [...] peut-être ayant toujours préféré se taire plutôt que de discourir, Lucie rêvait-elle de ce temps [prélinguistique] où, les mots n'existaient pas, les gens conversaient par menus gestes, du doigt ils se montraient un arbre, ils riaient, l'un touchait l'autre ... »

jeudi 23 janvier 2003

Wheelie

J'aurais aimé être Will Hunting, être un génie que personne ne comprend, m'en foutre royalement mais juste chercher la tranquillité, avoir un psy frustré qui me raconterait sa vie, trouver ma Minnie Driver, passer mon temps à rien faire et ne pas m'en vouloir de vivre ainsi. Ou un Bertrand Benjamin Malussène (et trouver ma Julie), et même si tout le monde ne peut pas être écrivain, tout le monde peut quand même écrire, quitte à ce que ce soit de la merde (et j'en suis conscient, dieu merci). Mais non je suis juste un étudiant désabusé qui cherche en vain un stage. Je passerais bien une annonce ici, mais je ne me fais pas d'illusion, les gens qui passent ici, si peu soient-ils, ne font pas de la synthèse d'image ou de la modélisation. Bref. Advienne que pourra.

lundi 06 janvier 2003

Lecture

J'ai commencé La petite marchande de prose de Daniel Pennac, sur les conseils avisés de ma frangine, et il s'est avéré que c'était juste le livre dont j'avais besoin, au moment où je commençais à en avoir marre de lire l'écriture des autres. C'est rigolard, c'est léger, ça se boit comme du petit lait, bref ça me donne à nouveau envie de me tortiller dans tous les sens dans le train pour trouver la position confortable pour lire. C'est dire si j'aime. [+] <-- © Garoo. <-- lien complètement gratuit.

vendredi 29 novembre 2002

Shopping

Wanadoo m'a gracieusement offert un bon d'achat, du coup je suis allé voir sur alapage. C'est cher un CD mine de rien, même avec 22 euros de réduction. 38 euros pour le deuxième live de Madredeus, je veux bien, mais bon, pour ce que c'est... Du coup je vais peut-être me rabattre sur un bouquin de photo. Anne Geddes j'aime bien. Ou Yann Artus Bertrand, mais ça fait un peu trop surfait. Le mieux ce serait que je trouve un bouquin avec des repros de Kandinsky, Miro et Picasso. Mais des vraies repros hein, genre du A4 minimum. Je suis sûr que ça doit exister. Si quelqu'un le trouve sur le site, je suis preneur.

jeudi 28 novembre 2002

PFM

Parce que j'ai oublié hier, le premier livre que j'ai lu et qui m'ait vraiment marqué, ça devait être le Bon Gros Géant de Roald Dahl. L'histoire d'un géant super gentil qui "souffle" leurs rêves aux enfants, et qui, aidé d'une petite fille, doit sauver l'angleterre des méchants géants qui mangent les enfants. Raconté comme ça, c'est vrai que ça fait un peu étrange comme concept. Mais à bien y réfléchir, je pense que c'était assez profond pour qu'il y ait eu un message philosophique à l'intérieur.

Emprunté au Bibliobus de la ville de Nantes. Fabuleux concept que le Bibliobus. Je sais pas si vous avez connu ça, je sais pas si ça existe encore. Mais à chaque fois que ce petit bus rempli de livres en tout genres venait se garer dans la cour, toute la ribambelle de gamins que comptait l'école était ravie. Déjà parce que ça faisait sauter toute une après-midi de classe. Et puis même, les livres étaient bien, avec, mes préférés, ceux avec une bande dessinée rigolote au dos, dont le héros était un renard.

Ah c'était le bon vieux temps. Il y a 6 mois ils ont rasé l'école où j'allais en primaire, pour construire des logements étudiants. Ça m'a fait un choc.

dimanche 13 octobre 2002

My Beautiful Laundrette

A priori, poireauter dans une laverie pendant 45 minutes, le temps que la machine se fasse, ça peut paraître chiant. Donc pour tuer le temps, j'avais amené l'Alchimiste, pour le relire une enième fois. A chaque fois c'est la même chose, ce bouquin me donne la vague impression d'avoir la possibilité de pouvoir faire (tout) ce que je veux, parce que si on désire réellement quelque chose, l'Univers entier conspire à vous aider.

Du coup, me sentant d'humeur franchement guillerette, et je me suis mis spontanément à discuter techniques de lavage de linge avec une vieille et deux djeunz, embarqués dans la même galère. Chose que je n'aurais pas faite de prime abord. Enfin je pense pas. Je devrais le lire encore plus souvent.

dimanche 25 août 2002

Faux Semblants

La première fois que j'ai lu La Chute de Camus, je fus saisi par l'incroyable sensation de m'y reconnaître jusqu'au moindre détail.

Jean-Batiste Clamence, c'est bien la seule personne à laquelle je me soie autant identifié. Oui, on pouvait dire que c'était moi. Cette façon de chercher à rendre service tout en évitant à tout prix d'en être remercié. Cette volonté à aider autrui, mais pas par gentillesse. Cet intérêt à ce qu'on me voie et qu'on admire mes actes magnanimes, sans pour autant le dire ouvertement.

Oui, j'étais altruiste, mais pas désintéressé. Oui, à chaque fois que j'ai laissé ma place à une personne agée, à chaque fois que j'ai proposé mon aide, à chaque fois que j'acceptais silencieusement d'accomplir des tâches rébarbatives, ce n'est jamais que pour être vu. Et pour que je sache qu'on me considérât, sans pour autant le dire. Le dire aurait été superflu.

Mais après tout, qu'importent les motivations, si l'action est juste ? Si le plus honnête des hommes est motivé par les moins avouables des désirs, il vaut sans doute mieux cela que le contraire.

samedi 24 août 2002

La Littérature

Assez bizzarement, il ne me semble pas avoir jamais choisi les livres que j'ai lu. Pourtant j'en ai lu. Mais d'avoir jamais été de mon plein gré choisir tel ou tel oeuvre, non, ça ne me rappelle rien.

Oui, comme vous dites, c'est étrange. Il faut aussi avouer que la lecture n'a jamais été, loin s'en faut, mon passe-temps favori. Même au temps béni où, du haut de mes quinze ans, j'admirais la pathétique fleur bleue des romantiques du XVIIIe, ce n'est souvent que contraint et forcé que j'allais acheter telle ou telle pièce à étudier pour tel ou tel cours.

La libraire était assez mignonne d'ailleurs, pour ce que je m'en souviens, et son père ressemblait à Laspalès. Aucune de ces deux raisons ne m'était pourtant pas suffisante pour y retourner, en dehors des visites obligatoires. Traînant à la limite les pieds, je m'imaginais déjà peiner à lire tel roman de cinq cent pages, comptant avec paresse le nombre de chapitres me séparant de la délivrance.

Faut-il rendre hommage à mes profs de français qui, même si j'ai toujours détesté leurs cours, ont eu la bonne idée de me faire découvrir quelques perles de la littérature ? Je ne saurai sans doute jamais si c'était fait exprès, une espèce de grand complot de l'Académie Française et de l'Éducation Nationale réunies pour la cause.

Peut-être faut-il y voir là un des grands intérêts du système éducatif français qui, à défaut de nous préparer à la vie active, forme (ou est plus ou moins censé former) des citoyens cultivés et réfléchis. Enfin idéalement, parce que la direction que ça prend de nos jours, je préfère avoir le lycée derrière moi que devant.

Mais revenons-en à mon Baudelaire et mon Hugo, qu'on m'obligeait à avaler comme de la mauvaise soupe, mais qui malgré tout avaient réussi à suffisemment m'intéresser pour que j'aille de moi même acheter les Fleurs du Mal. Oui, je vous ai menti, ce fut effectivement le seul livre que j'ai acheté de mon propre chef. Celui là et un Pierre Desproges. Mais ça, ça ne compte pas...