Parce qu'il faut bien s'occuper pendant les longues heures de trajet.
Le premier volume du best-of des Beatles, celui qui est sorti il y a quelques années, vous savez, cet album rouge avec une photo en contre-plongée des quatre boys dans la cage d'escalier (?) chez EMI – et bien cet album est horrible. Enfin pas intégralement, c'est juste que le premier CD est rempli de ritournelles sucrées et criardes, avec les quatre même accords repris en boucle et le mot love tous les deux vers. C'est peut-être dû à leur public de l'époque, mais bon quand même... Je m'en doutais un peu, j'ai toujours trouvé les premières années du groupe particulièrement minables. Heureusement, le disque va en s'arrangeant, un peu comme l'autre volume – l'album bleu, que j'adore – et quelques-unes unes des dernières chansons (sinon dans le temps, au moins dans la playlist) sont plus qu'écoutables, genre Yesterday ou Michelle.
Et puisqu'on est dans la série compilations, j'aime beaucoup celle de Michel Polnareff, Passé-Présent. Ce n'est pas aussi psychédélique qu'on pourrait imaginer, il y a bien quelques arrangements bizarres et deux ou trois délires incompréhensibles, mais l'ensemble en général est quelque chose de tout à fait à part, avec ce style si particulier et ces orchestrations complexes et subtiles, genre années 80 mais en plus raffiné. Et ces paroles portées par cette voix, cette voix incroyable, qui monte et descend à loisir. Vraiment sympathique.
A part ça, j'ai eu l'occasion de regarder Les Invasions Barbares et Chouchou. Bien qu'il ne mérite sans doute pas tout le foin qu'on a fait autour, Les Invasions Barbares est un bon film. Ni trop larmoyant ni trop compatissant, face aux dernières heures de la vie de cet universitaire retraité, avec deux ou trois bonnes réflexions bien amenées, sur la société, sur le mariage, sur les idéaux, sur l'argent. Je ne sais pas si la société canadienne est vraiment dans cet état là, mais le constat des protagonistes est assez amer dans ce domaine. Les remarques que j'aurais à faire concernent la narration, qui est juste un peu trop remplie de tirades culture-confiture et juste un peu trop caricaturale dans la relation père-fils-qui-se-détestent-mais-en-fait-s'adorent. Et puis il faut quand même avouer que des fois c'est un peu compliqué à suivre, québécois oblige. Mais dans l'ensemble ça va.
Quant à Chouchou, si on le considère comme un film potache sans autre prétention que de faire rire le spectateur, avec des jeux de mots à la limite du pathétique donc d'autant plus hilarants et parfaitement dans le second degré du film, alors on peut dire que c'est un bon divertissement. C'est grotesque mais jamais ridicule, c'est moqueur mais jamais méchant, l'histoire file parfaitement sans accrocs, et Gad Elmaleh, que je ne trouve drôle qu'une fois sur deux, tombe ce coup-ci bien dans le ton du personnage, innocence maladroite mais bon enfant. Bref, c'est une bonne comédie des familles.
Pour finir, les deux volumes microscopiques de la série des aventures de Benjamin Malussène ne sont pas franchement intéressants. Monsieur Malussène au théâtre est juste un copier-coller rapide des quatre premiers livres, histoire d'en faire une adaptation pour la scène. Quant à Des Chrétiens et des Maures, on dirait plus une featurette vite-faite mal-faite, sans aucune personnalité. À oublier vite fait, histoire de ne pas garder cette mauvaise surimpression.