dimanche 20 décembre 2009

2009, 2

Bon allez, suffit des diatribes larmoyantes. J'ai trouvé l'idée sur Allociné plutôt bonne, alors je la reprends — à ma sauce.

Meilleur film de l'année: District 9

Meilleur film francophone: Les Beaux Gosses

Meilleur dessin animé: Tempête de Boulettes Géantes — Up n'était pas loin, n'eurent été les dix trop longues premières minutes

Meilleur documentaire: Let's make money — mention spéciale à Home pour les élections

Plus gros bide de l'année: Démineurs suivi de près par Antichrist

Meilleur disque: Rubber Soul — difficile de faire l'impasse sur la réédition de la discographie des Fab Four

Disque classique: Brückner, Symphonie n°8 (Boulez, Vienne, 2006)

Meilleur bluray: Léon, lui aussi réédité cette année

Meilleur livre: Lolita de Vladimir Nabokov (enfin pas que j'en aie lu beaucoup d'autres)

Meilleur concert: Massive Attack au Zénith

Meilleur spectacle vivant: Press

Ville de l'année: Angers

Pritzker Prize personnel: Médiathèque de Sendaï par Toyo Ito

Et me concernant plus particulièrement:

Meilleure soirée de l'année: Crêperie Penn Khalet avec mademoiselle L.

Pire soirée: Anniversaire de Mumu

Plus grand achèvement: Concert Ligeria

Plus gros bide: probablement le projet A*** (au boulot)

Nouvelle de l'année: Je vais avoir une petite soeur

Femme de l'année 2009: Jill, en hommage à ce qu'elle a fait pour nous

Trucs de geek:

Jeu vidéo de l'année: Fifa 10

LOL de l'année: You have a new friend request

Meme de l'année: twitter

Blog de l'année: Aki

Voilà. J'en rajouterai si ça me vient.

2009

Il y a ces chansons qu'on entend parfois sans vraiment les écouter, pour des centaines de raisons, bonnes ou mauvaises, comme il y a ces mois qui passent sans vraiment qu'on s'en souvienne. Mais ce n'est pas triste, non, c'est simplement un fait. 2009 se termine sur cette impression envahissante d'avoir été écrabouillé par le quotidien, cette impression que laissent les allers-retours en train, plus grand place au loisir ou à l'imagination, ils semblent m'avoir lessivé la tête comme leur vitesse lessive les paysages.

Quant au reste de l'année, les rares souvenirs que me remémorent blog et autres Twitter me semblent tellement lointains, c'est comme si j'en avais déjà fait le résumé en décembre dernier. Les concerts, les spectacles — eux aussi enchaînés machinalement, sans que je puisse en retenir quelque chose. Sur ce point en particulier, je devine désormais des problèmes de concentration. Je n'arrive plus à vivre l'instant comme s'il s'agissait d'une seule chose à la fois et me retrouve souvent en train de me reprendre — Yvan, pense à ce que tu es en train de faire, arrête de divaguer.

Le genre de remarques qui devrait m'éviter les bêtises, grosses ou petites, et les indélicatesses dont je suis devenu coutumier. L'autre midi je critiquais ouvertement devant elle un bouquin dont j'avais fait cadeau à une amie, le considérant comme banal et trop à l'eau de rose ; j'imaginerai après coup sa remarque pleine de cynisme, c'est sympa d'avoir pensé à me l'offrir, tue pour des raisons de convenance et de savoir vivre.

2010 devrait être l'année de l'abandon. Trente ans c'est abandonner. Mes idéaux de famille je les ai oubliés depuis au moins deux révolutions, même si je ne peux toujours pas m'empêcher de lever les yeux et regarder par dessus les épaules — et les décolletés. Professionnellement je végète à cent mille lieux de ce que me promettaient, quelque part, des études brillantes.

Voilà donc un chiffre qui sonne définitivement comme un échec. Ma vie restera banale, sans relief.

De toutes façons je n'espère plus grand chose de ce monde, comme il court à sa perte et ne semble pas vouloir s'en rendre compte.

samedi 10 octobre 2009

Situation

Parfois mon côté paranoïaque me donne l'impression désagréable d'être lu par plus de personnes de mon entourage que je ne voudrais le croire. Mais il semble en fait ne s'agir que d'effets secondaires du style pensée magique.

Je sais, je sonne parfois sévère et aigri, mais il ne faut en général pas trop y prêter attention. Les évènements continuent de m'apprendre qu'il y a souvent plusieurs façons de considérer chaque chose et qu'on a en général tort de s'arrêter aux premières impressions. Bien souvent elles ne sont suggérées que par une vue partielle et orientée. Puisque c'est cette vue partielle et orientée que je me contente de retranscrire la plupart du temps, sous le coup de la colère ou de l'émotion, il ne faut donc pas s'étonner de ce ton lugubre dans lequel, je dois également avouer, je me complais par moments. Il est effectivement beaucoup plus facile de se faire plaindre et puis, je l'ai déjà dit, comme on n'appelle généralement pas ses proches juste pour dire que tout va bien, c'est difficile de prendre la parole uniquement pour se féliciter du quotidien — pour moi en tout cas.

Or tout ne va pas bien, donc, vous l'aurez compris, mais je ne vais pas non plus égrainer cette longue liste depuis le début. Je ne saurais d'ailleurs pas bien par où commencer. Au travail il est arrivé ce qui devait arriver, heureusement on commence à en voir le bout, avec presque deux mois de retard. Côté coeur c'est le point mort, pas de nouvelles de L., silence radio. Une fois pour toutes l'été semble avoir emporté avec lui les derniers frissons d'imprévus pour laisser la routine reprendre le dessus. Finis les sourires dans les files d'attente des festivals, les connivences complices suggérées par la foule et l'alcool. Reviennent les politesses compassées des salles de concert et les applaudissements snobinards des rangées de connaisseurs.

Je m'ennuie.

dimanche 04 octobre 2009

Chattering

Le coup de l'humour, de la dérision systématique, à la longue ça peut devenir fatiguant. Je m'en rends compte en observant un de mes collègues, qui ne se contente de prendre part à nos discussions que par des piques cinglantes lancées aléatoirement à tout ou partie de ses interlocuteurs — et par des tentatives au second degré, plus ou moins heureuses du reste. Prodiges de l'introspection, je me revois pourtant dans la même position, interprétant exactement le même rôle, ne faisant montre de ma présence que par quelques bons mots bien sentis et quelques métaphores sarcastiques filées sur toute la longueur de la conversation. Mon dieu, comme cela doit être ennuyant, perturbant aussi, d'avoir en permanence en face de soi un clown qui ne fait que tourner vos propres paroles au ridicule — même si ça vous fait bien rire dans le fond et même si vous arrivez malgré tout à tenir le fil de votre histoire. J'aurais dû me rendre compte plus tôt de cette lourdeur et adapter mon comportement en conséquence. Certes, mais je simplifie la situation, je diminue à vrai dire un peu mes talents de disserteur mondain émérite. Autre technique largement éprouvée pour donner l'impression d'un réel intérêt, ne pas hésiter à interrompre régulièrement en plein milieu d'une explication, si possible assez complexe, pour inciter à digresser sur un détail au premier abord anodin. Garantie assurée de repartir de plus belle, vous laissant tout loisir d'agréer par des hochements de tête savamment placés et des mmm approbateurs. Société du spectacle, société des apparences, hypocrite et bien pensante, les gens vrais et sincères se comptent sur les doigts d'une main. Encore faut-il éviter de rire d'eux au bout des trois premières secondes.

dimanche 23 août 2009

Visions

Évoquons un sujet plus léger, pour changer. Vois-tu lecteur, me connaissant, j'aurais bien pu pester pendant des paragraphes et des paragraphes sur les montagnes de gesticulations nerveuses entre-coupées de signes risibles d'un début latent de panique, tous provoqués par les développements de l'épidémie de grippe A (H1N1). J'aurais pu, ce n'est pas l'envie que m'en manque, déplorer le trop habituel manque de discernement de la part de la masse des médias, mais je m'abstiendrai. Je m'abstiendrai car j'en suis maintenant persuadé, cette épidémie relativement bénigne aura malgré tout son intérêt ; on pourra porter à son crédit de servir de répétition générale avant la prochaine, la vraie, la grande et implacable attaque d'un virus autrement plus agressif, plus contagieux, plus mortel. Cette attaque nous pend au nez comme le nez au milieu de la figure. Car si nous avons réussi à éradiquer une bonne partie des maladies du siècle dernier, voilà qui prépare désormais un terrain fertile et accueillant pour la prochaine salve, cette souche mortelle en sommeil depuis des centaines d'années ; tapie dans l'ombre, attendant son heure, trop fragile pour s'imposer face aux pestes et autres tuberculoses, désormais avec un boulevard devant elle, sept milliards de beaux corps en pleine santé, prêts à servir de bouillon de culture.

J'étais devant Les derniers jours du monde, un bon film catastrophe à la française, desservi par une communication trop orientée cul, et je me plaisais à constater à quel point le scénario était tout à fait plausible. Un quotidien qui essaie de se maintenir malgré tout, comme si de rien n'était, petit à petit bousculé par les signes de plus en plus flagrants d'une apocalypse rampante, l'eau du robinet impropre à la consommation, des incinérateurs recyclés pour brûler les cadavres, pour terminer sur une guerre entre les pays, pour le contrôle du peu de ressources restantes — une guerre nucléaire, forcément. La collusion avec la réalité est du reste assez amusante, elle aura un écho d'autant plus fort avec la sortie de l'adaptation de la glauquissimme Route de McCarthy. Tant mieux, autant que ça prépare les esprits. Car avant la fin de ce siècle, nous aussi nous verrons pleuvoir de la cendre.

1898

La vache. En fin de compte rien n'a changé. Presque sept ans que j'écris et rien n'a vraiment changé.

samedi 18 juillet 2009

Congé

Moi qui pensais également participer à grossir la statistique, me voilà finalement excusé du peu, ne faisant désormais plus partie du Français sur deux privé de vacances cette année — ah, dieu bénisse les sondages, pour le maigre réconfort qu'ils apportent parfois dans la pitoyable vacuité intellectuelle de nos existences moribondes, nous consolant ainsi de ne pas être, dans notre malheur, si seuls. En plus, pour une fois, je ne me suis occupé de rien. Et si je dois avouer quelques scrupules à laisser les autres gérer la logistique, chercher une location, appeler les propriétaires, j'éprouve un certain soulagement à n'avoir eu qu'à opiner que du chef à toutes leurs suggestions, à me contenter du rôle d'inspecteur des travaux finis, à constater qu'ils se débrouillent très bien sans moi.

C'est samedi en huit que nous descendons, du côté de La Rochelle, pour une petite semaine entre couilles, suivant l'expression consacrée — avec deux confrères, spécialistes du lever de coude. Voilà qui augure donc du meilleur comme du pire, le pire faisant évidemment largement partie de nos objectifs. Heureusement, les jours suivants devraient être plus calmes, je dois les passer ici à Nantes avec ma petite soeur. Des concerts, des restaus et probablement quelques excursions sur la côte — du repos, de la bonne compagnie et une eau à seize degrés, que demande le peuple...

Je ressens malgré tout une impression étrange, comme si rien de tout cela n'était réel. Le fait que je n'aie personnellement rien planifié joue certainement beaucoup dans cette sorte de distance. Un peu comme si ces quinze jours n'étaient pas vraiment officiellement les vacances 2009. Si ça avait été le cas, j'aurais été bien plus sur le qui-vive. Surtout qu'à l'origine j'avais des plans, continuer à découvrir le monde, faire du wwoofing... S'ils ne sont pas encore complètement sortis de ma tête, reste le vague espoir de quelques jours de congés surnuméraires à poser en septembre.

samedi 02 mai 2009

Confession

Je profite de l'occassion, mon père, pour user de votre présence et expier ainsi les quelques vains mensonges qui me restent sur la conscience... Rien de gravissime, rassurez-vous — à dire vrai, toujours pour les mêmes confortables raisons, je persiste et signe dans mes petites omissions, dans mes subtiles largesses avec la réalité. Voilà mon plus grand péché. Dernier forfait en date — je le reproduis du reste régulièrement, comme il faut bien lui concéder ce don miraculeux d'arriver à dissiper toutes les questions et faire taire les plus indiscrets — j'ai leur raconte toujours sortir avec elle. Donc, oui, leurs intuitions étaient bonnes, oui, ils avaient bien deviné la soi-disant réalité de la situation mais, non, tout va bien. Ne vous inquiétez pas, il n'y a pas de problème, pas de discussion, changeons de sujet. Et quel soulagement de voir alors s'envoler le poids malsain de leurs bons sentiments hypocrites, reflets inquisiteurs d'une normalité monotone et sans imagination. Dieu leur pardonne, mon père. Quant à ma soeur, je ne lui ai toujours pas expliqué depuis la vente de ma voiture, comment j'arrivais à me débrouiller sans moyen de transport. Elle ne sait pas pour la Vespa, elle ne sait pas pour les accidents, ça la tuerait d'inquiétude probablement que de l'apprendre. De toutes façons, le problème sera sans doute rapidement reglé ; j'ai décidé m'en séparer. Car je ne sais pas comment ça se passe dans votre ministère, depuis le temps vous avez peut-être apprivoisé ce relatif dénuement auquel vous a conduit l'abandon progressif de vos fidèles ouailles — mais ici c'est la crise ; la trésorerie est au plus bas et je ne peux plus me permettre l'entretien d'un jouet aussi onéreux. Mon père, les temps sont durs, comme j'en suis même venu à rationner les paquets de pâtes, l'accessoire devient désormais superflu. J'ai été récemment contraint de me séparer du reste de mon matériel photographique. Mais je ne cherche pas à me faire plaindre, non, bien au contraire. Pour garder bonne figure et éviter les commentaires mièvres, j'ai repris pour pas grand chose un Leica démodé, prétendu retour aux sources qui servira d'excuse, d'énième excuse. Mais c'est vous qui avez raison, mon père, je le sais. Un jour il faudra bien que j'apprenne à affronter la vérité, oublier ces dérobades pourtant si faciles et si efficaces. Faudra-t-il que j'accepte alors d'abandonner ce que j'appelle, par défi, ma liberté — ce nuage de fumée qui me met suffisamment à l'abri pour agir comme bon me semble ? Leur vérité, elle aussi, est pleine de manipulations. Elles ne disent pas leur nom, voilà tout.

jeudi 16 avril 2009

Les possibles

C'est un sentiment à la fois étrange et rassurant, que de rentrer chez soi après quelques jours en voyage, se remettre tranquillement dans le train-train quotidien, après autant de temps passé à observer une toute autre routine — et Dieu sait pourtant que je suis du genre routinier. J'aime mes repères, ils m'indiquent exactement et sans que j'aie à réfléchir toutes ces solutions aux petits tracas du quotidien qui, ailleurs et dans d'autres circonstantes, peuvent rapidement devenir d'horribles emmerdements. Et si malgré tout je voyage plutôt bien, il y a ce je-ne-sais-quoi qui me soulage toujours autant lors du retour à la maison.

Plusieurs week-ends d'affilée loin de mes pénates auront suffi à nourrir ce constat, entre un stage technique à Lille, il y a deux semaines, et une Pâques parisienne dont je reviens tout juste. Je reste toujours aussi mitigé à propos du Nord — et toujours à peu près pour les mêmes raisons : le centre de la ville est joli, le reste l'est moins. Comme partout vous me direz. Le stage lui-même était assez physique, en tout cas j'ai eu plus de mal à suivre que l'année dernière. J'ai eu l'impression d'y apprendre moins de choses aussi, mais c'est peut-être normal.

Quant à Paris, j'y rendais visite à ma soeur — pour une fois que c'est moi qui y monte. Mauvais point, je crois que je fais une nouvelle allergie aux poils d'animaux : j'ai eu le souffle court durant les trois jours et j'ai même dû acheter une Ventoline en catastrophe. Ce détail mis à part, j'ai revu deux de mes cousins, ça faisait un petit moment. On a bien ri ensemble, devant Mozinor et à jouer à Time's Up. Dimanche, on a visité la retrospective Dave LaChappelle à La Monnaie et regardé Un Chat Un Chat, ça aussi c'était amusant. Tout ça pour masquer un peu sa déprime à elle, entre les méandres de sa vie parisienne et les développements de leur différence de point de vue entre elle et mon père. Aux dernières nouvelles ils se sont à moitiés étripés au téléphone, lui reprochant sa soit-disant distance, elle objectant sa non-implication justifiée dans cette affaire.

Je suis en train de réfléchir à la possibilité de m'installer là-bas. Si ça pouvait changer quelque chose pour elle que je vive plus près, alors pourquoi pas. Après tout, plus grand chose ne me retient ici désormais et nouvelle ville, nouvelles opportunités — autant au niveau professionnel que personnel. J'y vois moins de désavantages qu'à une autre époque, alors j'étudie les possibles. Même si ce n'est probablement pas la période révée pour chercher un nouveau travail. D'autre part je n'ai absolument pas les moyens de me payer un nouveau déménagement pour l'instant. Là j'en suis plutôt à essayer de revendre tout ce que je peux sur eBay, afin de combler mon découvert récurrent à la banque. Triste monde.

samedi 14 février 2009

Quelques nouvelles

Ne gardez pas l'impression que j'aie totalement disparu de la surface de cette chère terre, malgré le sentiment bien réel que mon pauvre corps soit décidé à m'abandonner — lui aussi. Car je vieillis. Je suis constamment malade, j'ai des difficultés de plus en plus récurrentes à me servir de certaines parties sensibles de mon anatomie — mon audition, surtout, baisse et c'est un véritable crève coeur. Comme ma mère, paix à son âme, qui quitta ce vieux monde à demi sourde, je crains que les affres de l'hérédité n'aient débuté sur moi leurs désagréables méfaits. Mais si l'idée de finir, tel mon père, chauve ou poivre-et-sel ne m'émeut guère, j'ai du mal à imaginer mon quotidien sans les joies futiles de la musique, des disques et des concerts — et les plaisirs subtils de découvrir de nouvelles lignes vocales ou de fulgurants traits de guitare, cachés au fin fond de mélodies qu'on croyait, pourtant, connaître par coeur. Finis désormais donc, les baladeurs et les décibels, j oppose un moratoire sur les écouteurs pour sauvegarde de mes oreilles, un principe de précaution sur les hauts-parleurs pour le bien mes tympans.

Mes absences, je les dois aussi à la lassitude grandissante d'avoir à déballer, à remballer sans cesse mes affaires, guitares, télévision et ordinateur, à chaque fois qu'un artisan daigne bien vouloir venir honorer le contrat que je me suis saigné à lui concéder. Certes, les travaux avancent, en contrepartie j'ai moins la possibilité de flâner sur internet. A un point où, de façon assez improbable, j'aurais presque préféré prendre un portable — si mes moyens avaient seulement pu me le permettre. Mais j'ai des problèmes d'argent. Rien de grave, ce qui me surprend en revanche c'est l'étrange coincidence, leur décision de se manifester au moment même où, par réflexe paranoïaque sans réelle raison, c'est toute l'économie planétaire semble avoir décidé de se recroqueviller sur elle-même. Si c'est probablement totalement égocentrique d'y voir une quelconque relation de cause à effet, après tout il n'y a que moi qui vis ma vie. Ce sentiment nombrilliste que la sacro-sainte crise n'est qu'une forme malsaine de compassion que l'univers consent pour faire écho à ma propre situation, a quelque chose d'amusant et de réconfortant, aussi.

vendredi 02 janvier 2009

2008

Au bout du quatrième du même genre, j'en étais à me dire qu'il n'y a rien de plus désagréable que ces textos impersonnels envoyés en groupe, dont le ton anonyme et monocorde transpire tellement le copier-coller, le ajouter-nouveau-destinataire, qu'on n'aurait presque rien dit d'autre qu'une carte de concierge avec des chatons, photocopiée et publipostée à tout son carnet d'adresses. En fait, je préfère encore ne pas avoir de nouvelles plutôt d'eux plutôt que mes amis m'envoient leurs voeux de cette manière — quitte dans ce cas à attendre fin janvier, pour les recevoir de vive voix. Mais que voulez-vous, dans le fond ça part d'une bonne intention. Et puis, c'est peut-être un signe des temps, avec Facebook qui ne vous donne plus aucune excuse pour oublier les anniversaires, tous ces bons sentiments automatisés, ça doit être une sorte de progrès.

Mais tâchons de ne pas commencer sur une aussi mauvaise note. Puisque vous me le demandez, je regarde en vitesse par-dessus mon épaule — bien, en vérité, je ne sais pas trop comment classer ce millésime 2008. A priori, dans la bonne moyenne, pas qu'il se soit passé grand chose d'extraordinaire, disons alors que l'année qui vient de se terminer a, de façon prévisible, amené son petit lot de bonnes et de mauvaises choses mais que, tout compte fait, je ne m'en suis pas si mal sorti. D'abord, le plus important, le voyage, cette impression d'avoir changé, un peu, qui s'évanouit malheureusement, trop vite. Ensuite le déménagement et tout ce qui va avec, travailler en ville, vendre ma voiture, m'installer chez moi — ce dernier point tenant encore actuellement, pour sa plus grande part, du concept : je campe toujours dans mon propre appartement. Mais il y a du progrès, du vrai progrès, ce soir j'ai préparé mes premiers yaourts.

Quant au reste, des détails à vrai dire, les tournois de poker, les soirées à droite à gauche, les occassions, ratées, Lise, Emilie, Les Sables. Et puis les cours de guitare, les cours d'archi, les ballets, les concerts — j'ai terminé l'année sur un magnifique récital, deux heures de Bernstein et de Gerswin, du vrai, du grand big band, à tomber par terre. Ces choses ont à voir avec mon envie de me détacher des possessions matérielles et de m'investir ailleurs et, si je n'ai pas fait tout ce que j'avais prévu, je suis plutôt satisfait du résultat. Concession faite aux sirènes de la consommation de masse, à Noël j'ai quand même fini par mettre presque un salaire et demi dans un home cinema. Que voulez-vous, trop de pression.

Ma soeur adorée est là pour quelques jours, histoire de commencer 2009 ensemble. On regarde l'intégrale de Sex And The City en s'empiffrant de nourriture grasse. A l'heure des bilans, j'avoue qu'elle est toujours là, évidemment, en toile de fond, la question de la trentaine, la question de la comparaison avec les autres, la question du moule à yaourts dans lequel il faudra tous qu'on rentre — eventually comme dans la série. J'en parlais avec les autres, avec mes quelques (rares) copains célibataires. Honnêtement je ne suis pas à plaindre, franchement, évidemment ce n'est pas une course à celui qui ira le plus loin et le plus vite, mais j'avance, je trace ma route, je fais mon chemin. Seulement il ne suit pas vraiment une direction conventionnelle, ce que, là aussi, les sirènes de l'uniformisation de masse n'oublient pas de me rappeler. Faudrat-il là aussi que je cède, voilà un débat que moi et moi-même avons déjà eu, ici compris. C'est juste que, parfois c'est difficile de se voir jeter à la figure la femme, les deux gosses, le chien et la voiture, vous ne trouvez pas ? Non, attendez. De quoi je parle, là ? Tout ça c'est dans ma tête, évidemment. Il n'y a pas du tout de pression au quotidien, la pression c'est moi qui me la mets, tout seul, c'est tout. C'est plus une façon détournée qu'a mon subconscient pour me montrer ce qu'il veut, vraiment.

Alors que moi, pour cette nouvelle année je veux plutôt, changer de travail, une fois de plus, avec l'augmentation qui va avec, une fois de plus, profiter enfin de mon chez moi, partir en Espagne et peut-être acheter un iMac. Ca me semble, a priori, dans la bonne moyenne comme objectifs.

2008

mardi 04 novembre 2008

Lundi

Ca ne va pas du tout. Je fais vraiment n'importe quoi avec la nourriture. En guise de dîner, je me suis enfilé les deux tiers d'un brownie Papy Brossard, avec une tasse de mauvais thé. Je me revois, assis devant la télé, à boulotter le gâteau morceau par morceau, tout simplement incapable de m'arrêter. La vérité, je le sais pertinamment, c'est qu'il faut que je prenne sur moi de ne plus jamais acheter ce genre de cochonneries, parce que dès qu'il y en a dans les placards, je deviens incontrôlable. Maheureusement dans les rayons du Monoprix, toutes les excuses sont bonnes, souvent je craque. En général, je justifie ces écarts par le fait que je soie dans une phase de déprime. Oui, c'est n'importe quoi. Pour l'instant je ne reprends pas de poids, mais sincèrement ça m'inquiète. Surtout que je n'ai pas fait de sport depuis plus d'un mois, la faute à une mauvaise allergie qui se manifeste par des quintes de toux interminables et qui m'a plusieurs fois quasiment étouffé. Toutes les excuses sont bonnes, j'ai dit.

Ce soir, soirée off au club photo, nous nous retrouvons dans un café pour discuter concours : comment préparer ses épreuves, comment adapter ses photos en fonction du style de la compétition. C'est un peu contre-nature quelque part, de chercher non pas à montrer ce que tu aimes dans ton travail, mais à formater tes images pour qu'elles cadrent le plus possible à la psychologie supposée du jury — certains sont plus classiques, d'autres plus ouverts aux expérimentations. Mais c'est le principe même du concours qui veut ça, c'est un exercice bien étrange. Je me vois par intermittence dans le reflet de la vitre. En fait, je me rends compte que j'aime bien être avec plein de gens différents, que c'est peut-être aussi ce que je cherche dans ma fuite en avant. Je suis content d'être le lundi avec les gens de l'asso, le mardi avec mes anciens amis de fac, le mercredi au poker, le jeudi avec la bande. J'ai l'impression d'avoir de nombreuses relations et ça évite de me lasser de certains. Je compense le vide par le nombre et, comme en plus je ne m'attache pas beaucoup, si besoin je peux rapidement changer de fréquentations. Car, comme l'explique William, souvent en soirée tu salues plein de monde, mais c'est tout, au fond tu n'apprends à connaître rellement personne, le socio-relationnel c'est très superficiel. En contrepartie, je pense aussi que ça évite d'être déçu. Car les gens qui en valent vraiment la peine se comptent sur les doigts d'une main — malheureusement, ceux là aussi il m'arrive de passer à côté ou de les perdre de vue.

dimanche 28 septembre 2008

Samedi Dimanche

Week-end plutôt chargé, ça fait du bien après une dure semaine de reprise. Samedi matin je suis (enfin) allé à un cours d'essai dans une école de musique — Planète Jazz pour ne pas la nommer. J'ai toujours cette impression bizarre qui me prend à chaque fois que je dois me mettre à intellectualiser quelque chose que je fais d'habitude à l'instinct. Comprendre, j'ai appris à jouer de la guitare seul et d'une façon que je trouve, pour moi, forcément naturelle — alors dès le moment où on me demande de faire précisément attention à ce que je fais, à battre le rythme d'une certaine manière, à réfléchir au placement de mes mains, je perds soudain mes moyens parce que je trouve ça compliqué de gérer les deux choses simultanément : jouer et réfléchir à mon jeu. Mais bon, j'ai quand même l'impression que ça va servir être utile. Sauf que, comme pour tout, la marge de progression sera énorme au début et puis au bout d'un moment il y aura un plateau et ça deviendra plus dur.

L'après-midi, sortie OVS, rallye photo. Petite précision : OVS (pour on va sortir) est un site communautaire qui permet aux membres d'organiser des évènements entre eux, de la séance de ciné à la soirée musicale. C'est sympa et c'est un peu bizarre à la fois, mais je dis ça sans doute par manque d'habitude et parce que je ne connais pas encore bien tout le monde. Donc ça se passait sur Trentemoult, un très joli village de pêcheurs en pleine ville, côté sud Loire, avec des maisons bigarrées décorées façon ateliers d'artistes, des peintures sur les murs, des plantes et des bibelots à ne plus savoir quoi en faire, c'est adorable et en même temps empreint d'une ambiance bohème plutôt charmante. Le rallye en question, un jeu d'énigmes photographiques, était malheureusement interminable — disons qu'on a fini avec une heure de retard sur tous les autres et, si on a bien rigolé au début, on n'était quand même pas mécontents d'en voir le bout.

Dimanche matin, Entre les murs. Bon il y a des films comme ça qui lèvent l'unanimité critique et sur lesquels il n'y a pas grand chose à rajouter. Puis, toujours à pied je vous le rappelle, j'ai dû me débrouiller pour aller rendre visite à mon père à la campagne, première fois que je revoyais la famille depuis l'été. Il y avait également mon cousin, improvisé militaire de carrière après un BTS en électronique raté, et qui doit partir en mission au Liban mardi prochain. Il n'en mène pas spécialement large, ça doit être sa première affectation à l'étranger dans une zone aussi chaude. Normalement il ne travaillera qu'à la logistique. Malgré tout ça remet les choses en perspective, lorsque ces histoires qu'on voit à la télé, les pauvres petits soldats qui abandonnent femme et enfants pour partir dans un autre pays effectuer un devoir des motivations duquel ils ne comprennent pas grand choses — même si je suis étonné de voir qu'ils ont été plutôt bien briefés sur la situation géopolitique là-bas — lorsque ces histoires donc touchent des gens un peu moins anonymes que ceux qu'on voit dans le petit écran.

lundi 11 août 2008

Ma vie sans voiture, épisode 1

J'ai rapidement retracé l'itinéraire sur Google Maps, entre la banque, un passage à la campagne chez mon père et le centre commercial, samedi dernier j'ai dû parcourir en tout et pour tout une trentaine de kilomètres à vélo. Et pendant que je suis dans l'étalonnage des divers contours de ma nouvelle vie de piéton forcé, dimanche il m'a pris la bonne idée d'essayer d'aller au cinéma en tramway : une bonne heure à l'aller, une heure au retour. Je dois bien l'admettre, ma vie sans voiture risque de ne pas être aussi simple que je le pensais. En plus j'ai eu de la chance, le temps ne s'est pas mêlé de la partie — ce qui, ici, relève plutôt du miracle. Mais pas de panique, il ne s'agit probablement que de bonnes habitudes à prendre, de réflexes à adopter, comme éviter de compter sur les transports le dimanche, concentrer mes déplacements et optimiser les itinéraires. Et puis me rapprocher encore plus du centre devrait simplifier grandement les choses. D'ailleurs j'ai appris qu'il y avait un marché bio, tous les mercredi matin, quasiment en bas de chez moi — enfin, si j'arrive à y déménager un jour... Patience donc.

En attendant, je me suis malgré tout décidé à acheter un petit deux-roues motorisé, pour les quelques rares fois où j'en aurai vraiment besoin. Non, en fait j'hésite. Soit je prends un grand modèle polyvalent, histoire de pouvoir faire un peu de route, soit une cylindrée plus modeste, juste pour dépanner, quitte à vraiment passer le permis moto plus tard, si je suis vraiment coincé. Mais cela contredirait légèrement la philosophie initiale de la démarche, qui voudrait que pour les longs trajets je n'utilise que des modes de déplacement alternatifs. Bref, tout ça n'est pas encore bien clair dans ma tête. De toutes façons, je ne conclus rien avant la rentrée, fin septembre. D'ici là, j'ai encore le temps de cogiter...

mercredi 06 août 2008

Ma vie sans voiture, épisode 0

Aujourd'hui, j'ai donc effectué quelques centaines de kilomètres aller-retour, pour aller confier ma désormais ex-voiture aux mains d'un parfait inconnu – moyennant finance, heureusement, même si ce n'est pas exactement autant que je n'espérais. Mais bon, au moins c'est une bonne chose de faite et je vais pouvoir passer à la suite. Enfin pas complètement, encore quelques paperasses à régler, l'assurance, la carte grise, des détails du genre, et tout cela sera derrière moi. Tout cela dis-je, car même si je n'ai pas envie d'y accorder une quelconque importance, c'est quand même une page que je tourne. Logistiquement, il va falloir modifier un bon nombre d'habitudes et, même symboliquement, je change un peu de modes de vie et de consommation. Finies les courses au supermarché, fini les allers-retour au cinéma l'air de rien, comment vais-je aller à la déchetterie pour recycler mes cartons. Je ne vois pas encore bien de solution pour résoudre tout ça. Mais c'est volontaire, c'est assumé, c'est politique, c'est tout ce que vous voulez. C'est mon choix.

Dans le train qui me ramène à Nantes, je parcours le Courrier International et un Daily Telegraph, sans doute abandonné là par un quelconque homme d'affaires. Disons que j'essaie de revenir à des occupations qui me font un tant soit peu travailler la cervelle. J'y apprends plein de détails insoupçonnés sur des coins inconnus du monde, et même si je ne sais pas bien ce que je vais en retenir au final, un peu comme quand je parcours la Wikipédia, au moins j'ai l'impression de ne pas perdre mon temps. Bon c'est un peu pour frimer aussi, j'admets.

Fin de soirée un peu chanceuse, jeu des coïncidences et des horaires, je retrouve la bande du Sri Lanka et quelques amis à eux, en ville. On prend une bière, on rigole, on papote. Je le vois, je le sens, je sais très bien que je devrais faire juste le petit effort qu'il manque pour être un peu plus sociable avec tous ces gens, avec toutes ces nanas. Je l'ai compris, mes amis me connaissent bien maintenant et ce petit manège n'est pas complètement innocent de leur part : en quelques semaines j'ai dû rencontrer tous les célibataires de leur entourage. C'est un peu parachuté, quelque part, mais l'attention me touche profondément.

mercredi 16 juillet 2008

La dèche

Ouais enfin quand je vous dis que je suis comme un petit garçon perdu dans un magasin de bonbons, ce n'est pas tellement loin de la réalité. Je n'ai aucun sens des responsabilités, je sais que ne saurai jamais rien gérer – en bon père de famille, comme le veut l'expression. On est le quinze du mois, le réfrigérateur est aussi vide que mon compte est à découvert, d'une cinquantaine d'euros. Mauvais calculs, j'ai complètement craqué pour les soldes, à quinze pour cent sur le t-shirt ça se comprend, en plus le remboursement de mes nouvelles lunettes se fait attendre, je n'arrive pas à vendre la voiture, en tout et pour tout il me reste une dizaine d'euros au fond d'une poche et avec ça, je dois manger pour la semaine. Jeudi midi, j'ai rendez-vous chez le notaire, qui veut que je lui avance sept mille euros en chèque de garantie pour la transaction. Ce qui aurait pu être drôle dans un sens, si j'avais eu un peu d'argent de côté, mais à ce ricanement nerveux que je viens de trahir, vous devinerez toute l'ironie de la situation. Mais je ne cherche pas à me faire plaindre, tout est complètement ma faute. Et puis je m'en sortirai, comme d'habitude, et c'est ça le plus consternant. 36-15 Papa. Je ne mûrirai donc jamais.

vendredi 11 juillet 2008

Quelques coups de pédale

Testé pour toi, ô lecteur attentif que j'aime : le vélopartage à Nantes. En rade de bus pour cause de mauvaise organisation, je me retrouve à vingt minutes à pied de la maison, avec la flemme d'attendre le prochain n°22, qui lui est dans une demi-heure. Je me dirige donc vers une station de vélos en libre-service, de toutes façons il fallait bien que je finisse par essayer. Passons rapidement sur le nom, bicloo, ridicule au possible. Le premier truc qui me fait tiquer c'est la caution de cent cinquante euros, comme une épée de Damoclès au-dessus de ta carte bleue. On m'assure qu'elle n'est pas débitée, moi j'ai envie de faire confiance, mais bon ma crainte naturelle (et largement motivée par l'expérience) de tout système informatisé en général, m'incite à une certaine retenue. A part ça, les bornes fonctionnent plutôt pas trop mal – j'ai dû m'y prendre à deux fois, ce qui est raisonnable, relire la phrase précédente. Le vélo quant à lui, et c'est le cycliste qui vous parle, est clairement formaté pour le rouleur occasionnel : trois pauvres vitesses, même sur le plus grand rapport tu dois mouliner comme s'il fallait battre des oeufs en neige avec les pieds, concrètement ce n'est pas vraiment fait pour se déplacer de façon efficace. Tout juste, à la limite, pour aller d'un point A à un point B, un peu plus vite qu'à pied et donc surtout, pour ne pas essouffler l'usager lambda plus que de raison. Maniable malgré son poids, le bicloo n'est pas inconfortable, la selle est un peu dure, mais c'est surtout la position de conduite qui déroute. On est presque debout sur le vélo, avec un guidon très imposant et très haut perché. Je me sentais un peu con, il faut bien avouer. Les avantages, par contre, tu ne t'inquiètes plus de savoir si tu vas retrouver ton vélo lorsque que tu le confies, le temps d'une course, à un semblant de barrière chétive et branlante. Et puis en guise d'appoint, en complément du tram ou pour aller à la gare, c'est quand même pratique. Enfin j'imagine que pour tous les autres, ceux qui n'ont pas l'habitude de rouler propre, c'est original, c'est bon enfant. Il y a un abonnement financé par la boîte et trois stations à moins de cent mètres de mon futur appart. Pour les soirs à vadrouiller en ville. J'hésite.

lundi 19 mai 2008

Workflow

Ça fait un petit moment que je me suis mis à utiliser Google Calendar pour organiser mon emploi du temps. L'ergonomie de l'interface n'est pas mal pensée et surtout les interactions sont très rapides, même sous Opera – ouvrez Flickr ou Facebook avec Opera, vous comprendrez de quoi je parle. Mais ce n'est pas mon propos. Donc, à la base je m'en servais surtout pour mes rendez-vous, rien de bien folichon. Et puis petit à petit je me suis mis à y rentrer d'autres tâches annexes, pour lesquelles j'avais absolument besoin de bloquer des plages horaires, sous peine de ne jamais les effectuer. Du personnel, des listes de courses, etc. C'est comme ça que je fonctionne, si je ne note pas les choses noires sur blanc, je n'arrive jamais à me motiver pour les faire. Ça aussi cet affreux besoin maladif de tout prévoir d'avance. Le problème, enfin je ne sais pas si c'est vraiment un problème, c'est qu'au fil du temps c'est devenu un vrai plat de spaghetti, avec des créneaux qui se superposent dans tous les sens – heureusement c'est classé par couleurs. Le second effet pervers, qui m'avait un moment carrément bloqué, c'était justement le caractère sacré que je mettais au respect de ces horaires, souvent fixés bien auparavant. J'envoyais même les gens paître, parce que je n'avais plus de cases blanches à leur consacrer. Depuis j'ai appris qu'un rendez-vous, ça peut aussi se déplacer et que c'était idiot de ne pas aller boire un verre, sous prétexte que j'avais lessive dans une heure.

Ce qui manquait, en revanche, c'était la possibilité de saisir et de traiter toutes ces informations, en amont, avant même qu'elles ne soient planifiées. Au moment où j'avais l'idée de faire quelque chose, je ne pouvais pas forcément déjà décider du quand et du comment. J'ai donc approfondi un peu ma lubie du Getting Things Done, qui m'avait déjà prise il y a quelque temps. J'ai testé sérieusement une dizaine de logiciels de gestion de tâches, tous imparfaits, tous incomplets, j'étais déçu. En homme de compromis, j'ai cependant fini par installer GTD-PHP, histoire d'arrêter de me trouver des excuses. Depuis, je m'en sers régulièrement pour me vider la tête. Une vingtaine de projets, minutieusement découpés en tâches, des dizaines d'actions, des buts, des contextes, des ticklers, j'ai l'impression de frôler la névrose. Même si quelque part, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour ne plus stresser et arrêter d'essayer de penser à me souvenir de tout, tout le temps. Ça aussi c'est moi.

lundi 14 avril 2008

Dimanche

J'ai l'impression d'avoir changé, un peu. Je me retrouve dans la grande salle du photo-club, où Michel expose ses peintures dans le cadre de L'art prend l'Air, je me mets à discuter de façon incongrue avec n'importe qui, la situation a vaguement l'air de m'échapper. Avant de travailler, terme tout relatif, notre hôte nous sert en apéro un petit Muscadet vendanges tardives, une sorte de curiosité locale tellement étrange qu'elle ne peut laisser indifférent, ça picote la langue et dessèche la gorge comme un bon Muscadet, mais il y a ce petit côté acidulé d'un vin liquoreux qui ne s'assume pas. Très frais avec des cacahuètes c'est presque buvable. Nous lui montrons, Sylvie, Bernard et moi les travaux que nous comptons exposer en mai. La première série est juste impressionnante de clarté, de rythme et d'émotion, ce sont des photos studio chorégraphiées. Le travail de Bernard est plus compliqué, il a vraiment l'air de lutter avec son photomontage. Moi je vais essayer de finaliser mon gribouillis sur Couëron dont je vous ai déjà parlé, comme Michel m'explique que ce qu'il veut avant tout c'est marquer les esprits avec des choses qui sortent de l'ordinaire. Son gamin fait le blasé en disant qu'il a déjà expérimenté ces techniques dans ses études. Bref. L'art prend l'Air, des artistes peintres, sculpteurs, photographes, ouvrent leurs ateliers au public pendant un week-end. Je regrette de ne pas avoir pris assez de temps pour préparer mes visites, je suis un peu parti au petit bonheur la chance en suivant les indications de Claudine, rencontrée au club, et du prospectus. Il y a du bon et du moins bon mais je crois avoir joué de malchance, parce que je n'ai vu que des trucs moches. Enfin mis à part les gravures et les textes de Marie-Hélène (je me suis bien gardé de lui dire que je connaissais son mari) et quelques autres babioles trouvées dans un atelier au quatrième étage d'un vieux hangar désaffecté. Mais si les artistes deviennent proches et accessibles, l'art lui reste inaccessible et cher. J'aurais aimé voir comment travaillent les sculpteurs sur bois mais avec la sortie à Orvault c'était trop difficile à organiser. Le temps aussi désormais passe trop vite.

jeudi 27 mars 2008

Seconde manche

On a toujours tort de montrer ses cartes ; en y repensant, c'est peut-être la leçon à retenir de cette soirée. En panne de moyens de locomotion, ma voiture au garage et mon vélo crevé, je me retrouve obligé de marcher à pas forcé pendant presque une demi-heure, en direction du Hangar à Bananes. C'est donc presque en nage que j'arrive, un peu après neuf heures. Il y a déjà du monde, je cherche la liste pour m'inscrire : elle est déjà aux trois-quarts pleine mais soulagement, il reste encore quelques places, je n'ai pas couru pour rien.

A ma première table, je ne reconnais personne, heureusement ; cela aurait été plus compliqué de retrouver un de mes adversaires de la semaine précédente. L'objectif est clair, j'ai quatre points de retard sur le premier du tournoi. Pour espérer bien m'en sortir il faut que je maximise mes gains, tout en espérant un faux pas des autres. Je n'ai donc pas complètement mon destin en main. Dans un premier temps j'essaie de me désembourber.

En effet, mes sept premiers concurrents jouent relativement serré. La table n'évolue pas rapidement et le round d'observation semble s'éterniser. A ma droite une soi-disant novice, qui donne l'impression de ne vraiment pas savoir ce qu'elle fait : elle se trompe en distribuant, demande quels sont les tirages gagnants. Mais une surrelance servie avec une paire de neuf en main aura tôt fait de dissiper les doutes : ceux qui paient en ont pour leur frais, enfin un peu d'animation. Un premier joueur que j'avais catégorisé comme bon sort finalement assez tôt, bientôt suivi par deux puis trois.

Cinq à table ; sans vraies bonnes mains, je me retrouve menacé. Entre temps mon coach personnel est arrivé au Ferrailleur, il observe la partie et commente le jeu ; moi, je dois bouger, vite. As huit de trèfle, je vais à tapis. Une seule personne me paie, avec un Valet. Au flop il touche une paire. Les cartes défilent, je sens le bad beat. Heureusement un tirage quinte pour moi se dessine au turn. La rivière me donne le roi et me voilà chip leader. Les joueurs restants sont alors plus faciles à éliminer, surtout avec une grosse blinde à six cents. Je me retrouve en tête-à-tête. Malgré son short stack, au lieu de tenter sa chance, mon adversaire couche plusieurs fois ses blindes. Avec un peu de chance de mon côté, cela ne s'éternise pas trop longtemps et je gagne rapidement ma table.

Pendant la pause, j'apprends que chacun de mes concurrents pour le tournoi s'est fait éliminer de sa table. Du coin de l'oeil nous avions guetté moi et Kévin la situation de Sébastien, premier avant cette ultime manche. Il a oscillé entre gros tapis et plus que quelques jetons devant lui. Pour finir, lui aussi était sorti, second de sa table. J'étais donc le dernier en lice à pouvoir gagner le tournoi : il me suffisait de combler mon retard de points pour devancer Sébastien et terminer en tête. Plus facile à dire qu'à faire !

Sur la dernière table, je vois s'asseoir la copine brune de Kévin que j'avais éliminée la semaine précédente, jeu super serré mais très agressif. D'ailleurs ça attaque très fort, avec d'assez fortes relances. Etrangement, on voit que même en finale, il y a quand même de grosses différences de niveau. Certains s'engagent jusqu'à être pot commited et pourtant se couchent de façon incompréhensible à la rivière. D'autres font des bluffs ultra lisibles. La brune, elle, a de belles mains, mais en se contentant à chaque fois de la relance minimale, elle se fait payer systématiquement. Les tapis diminuent, les premiers joueurs sortent, je commence à me méfier. Le calcul est simple, en terminant au moins quatrième j'étais sûr d'avoir plus de points que mes adversaires. Je joue donc serrure en comptant sur le jeu des éliminations.

Paire de deux. Histoire de rester dans le coup et toucher quelques jetons, je tente une petite relance preflop en semi-bluff. Personne ne me suit, sauf un, qui paie pour voir – je décide alors de jouer super agressif pour le décourager. Ca fonctionne, il se couche. Et c'est là où je fais mon erreur, en empochant mes jetons, je montre ma paire de deux, ce qui ne manque pas de faire réagir la table. Deuxième erreur, je ne tiens pas compte de cette donnée, et du fait qu'on m'a désormais catalogué, pour adapter mon jeu en conséquence.

Quelques mains plus tard, on me sert As Quatre de pique. Avec un M de dix, je décide de faire tapis comme me l'a conseillé Kévin. Premier coup dur, n'étant plus crédible, je suis payé par un maximum de joueurs, dont un As Neuf. Les probabilités sont contre moi, je ne touche pas ma couleur, je me retrouve avec presque plus rien. Je décide alors de faire l'autruche. Les autres jouent le jeu l'air de rien, moi je suis un peu tétanisé par l'enjeu. Ce n'est que lorsque je vois le cinquième se lever pour nous saluer, comme il vient d'être sorti, que je pousse un soupir de soulagement. Sébastien, qui suivait la partie à distance vient me féliciter : avec ma quatrième place minimum j'étais sûr d'avoir plus de points que lui. Objectif atteint, je repartirai vingt-cinq kilos de bois et de feutre sous les bras.

Restait à terminer sereinement la partie, avec le peu que j'avais. Encore une élimination, je vais finir au moins troisième. Valet et huit de trèfle, pas le choix, je vais à tapis. Une fois de plus tout le monde me paie, je n'aurais jamais dû montrer cette paire de deux. Le type à ma gauche touche sa paire, je suis out.

Grand soupir, c'est fini. Le gérant me montre la table, le premier lot du tournoi, un grand plateau ovale avec un revêtement en cuir et en feutrine, de deux mètres sur un. Il me demande en rigolant, bien sûr tu es venu en vélo j'imagine ? – Pire que ça, en fait je suis à pied ! Rires.

mercredi 19 mars 2008

Tapis

Après une prestation moyenne au Grilladin, la faute à un jeu trop verrouillé qui m'a fait sortir à une modeste septième place, je m'improvise donc une tentative de rattrapage au tournoi du Ferrailleur. En arrivant, je m'attendais à une grosse cohue dans un bar bondé, mais visiblement l'organisation est sérieuse et le système d'inscriptions semble fonctionner : seuls sont venus les soixante-quatre joueurs. Soixante-trois en fait, suite à un désistement. Comme le tirage au sort me place à la dernière table, je me retrouve donc contre six au lieu de sept, petit avantage psychologique.

Pour tester le niveau, sans doute aussi vexé par mon mauvais début de soirée, je joue très agressivement mes deux premières mains, As petit kicker puis paire de Dix. J'ai la chance d'être payé et d'être servi, je gagne quelques pierres et le respect de mes adversaires, ça commence plutôt bien. À ma table, trois garçons assez jeunes et assez chevelus, un couple anonyme et un quadra chauve qui a une tête d'habitué. Les ados parlent beaucoup, souvent pour ne rien dire ou alors des blagues pas drôles, je sais que ça en aurait déconcentré certains, n'est-ce pas Kévin, moi ça me laisse plutôt stoïque. Ils rentrent, relancent, sur-relancent, souvent avec n'importe quoi, mais ont la chance de toucher quelques belles mains et se retrouvent rapidement en tête. Moi je me suis un peu calmé et je joue à nouveau serrure. Premier tournant, As et Roi de pique, tirage couleur au flop, j'attaque sérieusement pour faire coucher les autres. Malheureusement il en reste un pour me payer et, pire que tout, je ne touche rien au turn. Je réfléchis, j'ai déjà engagé beaucoup de jetons, mais si je continue c'est mon tapis que je risque. Le gars en face à l'air sérieux, je n'ai pas envie de sortir là dessus, je couche, à regret.

Je me retrouve short stake, on est encore nombreux, ça se complique pour moi. Quelques mains plus tard, je suis coincé, un M ridicule et la grosse blinde qui me tombe dessus. Je regarde mes cartes, As Reine, je vas à tapis pré-flop. Quand deux joueurs me paient, je crois à la fin de ma soirée. Ils montrent Dix Deux assortis et As Valet. Le flop arrive, un dix puis... un valet — je commence à ranger mes affaires. Et je suis déjà presque dehors quand je vois une Reine tomber à la river. Alléluia mes frères, je suis sauvé !. J'essuie discrètement mon front et me rassois en face d'une pile plus rassurante de jetons.

Les chevelus sont parmi les premiers à partir de la table, rapidement suivis par l'habitué que je sors avec une paire de rois, il m'expliquera plus tard n'avoir touché aucune bonne main : il faut dire aussi que, bizarrement, les As tombaient souvent par paquet de deux ou trois sur le board et qu'aucun tirage couleur n'a jamais été servi. La fin de la table est alors beaucoup plus tranquille, je me retrouve avec un jeune irréductible et l'homme du couple. C'est là que je me rends compte qu'avec deux joueurs à battre, je suis encore très loin de la table finale. Heureusement j'ai compris que le premier a un style un peu kamikaze dans l'âme. Il va à tapis avec As Dix, je le paie et sors une paire Neuf, qui tient jusqu'au bout. Le tête-à-tête est lui une simple formalité, l'autre a trop peu de jetons pour m'inquiéter.

J'ai un peu de mal à y croire, mais me voilà donc qualifié pour la table finale. Après deux grosses sueurs froides et ce retour miraculeux, je prends un coca et j'appelle Kévin pour lui faire un premier compte-rendu. Parmi les regards qui attendent que les autres terminent, je croise la fameuse blonde. Caroline : je la reconnais, elle me sourit, en fait on avait travaillé dans la même entreprise, il y a un ou deux ans — mais vous connaissez tous la mémoire de poisson rouge de notre cher collègue.

Les huit derniers joueurs finissent par s'asseoir, il est un peu plus de minuit. Le niveau est assez bon, il y a du check and raise et de sérieuses tentatives d'intimidation. Sur leurs visages, de la concentration et un air impassible quand ils regardent leur cartes : illisible. Heureusement dans le lot, on voit rapidement à leurs relances que certains sont impatients et ont envie d'aller se coucher. Je les laisse sagement s'entretuer, bientôt nous voilà plus que cinq à table, même si la vitesse d'augmentation des blindes me menace sérieusement. Roi Neuf assortis, je touche ma double paire au flop, alors j'essaie de piéger mon adversaire avec une simple relance, il mord à l'hameçon et monte, je vais à tapis et gagne : me voilà plus tranquille.

Trop tranquille, car ça va vite, bien trop vite. J'arrive à rester dans le coup en limitant les dégâts, mais à chaque élimination, tapis contre tapis, avec la fatigue en plus, les piles de mes adversaires grossissent exagérément, un peu artificiellement. Je me retrouve de plus en plus isolé. Nous ne sommes plus que trois. Il me reste de quoi payer deux grosses blindes, les autres couvrent dix ou quinze fois mes jetons. Je suis très mal. Je place ma blinde en déglutissant, le dealer paie mais à ma grande surprise la petite blinde relance. Je sors et me fais tout petit et j'ai bien eu raison. Le flop tombe les voilà bientôt à sur-relancer comme des morts de soif. Il faut dire aussi le board a des tirages dans tous les sens et qu'en face-à-face on se sent vite fort, même avec une petite main. A la river ils sont tous les deux à tapis et étalent leurs jeux : full contre couleur. Dur ! Le plus petit est éliminé et je me retrouve à la surprise générale seul... face à la montagne.

En un contre un, alors que mon adversaire m'écrase sous le poids de ses jetons, j'arrive à résister un peu grâce à quelques mains chanceuses. Mais rapidement j'abandonne, la tâche est trop pharaonique. Je vais à tapis avec la première figure qui tombe, qui n'est pas servie. Je sors deuxième sur soixante-trois avec un peu de chance, beaucoup de frissons. Et j'ai même droit aux félicitaitions de mon coach virtuel par téléphone...

Menu larcin

Ce soir, on a fracturé la vitre arrière gauche de ma voiture. C'était à côté du Hangar à Bananes, un parking en général plutôt bien rempli, même s'il n'y a pas beaucoup de passage. Après un léger moment de flottement, j'essaie de trouver les ressources morales pour arriver à encaisser. Je me dis qu'il ne s'agit que de dégâts matériels. Et si j'en viens à pester contre la bassesse de l'espèce humaine, contre la stupidité de ceux qui ne voient que leur profit personnel sans jamais réfléchir aux conséquences de leurs actes, il n'y a en fin de compte que quelques bricoles que les casseurs aient pu emporter avec eux : le plus important est sauf, ma vie, mes souvenirs, ça ils ne pourront jamais me le voler. Enfin sauf à me tuer, mais c'est une autre histoire.

Dans le coffre, j'avais rangé temporairement, un peu par excès de confiance, mes deux sacs à dos Crumpler, tout neufs, avec évidemment à l'intérieur l'intégralité de mon matériel photographique : mon 40D, mes objectifs, mes flashs, les lentilles de Geneviève. Je viens de ressortir les factures, j'ai juste pris peur en tentant de calculer le montant total. Envolé en fumée, comme ça, presque par accident. Je m'en rends compte en revenant à la voiture, je vois les deux sièges de la banquette rabattus. Au premier abord je ne comprends pas tout de suite, ce n'est qu'en faisant le tour que je vois les éclats de verre sur le sol, que je regarde tout de suite derrière le coffre et que je constate enfin l'étendue de la perte.

Mais la vitesse avec laquelle c'est arrivé m'aide à relativiser. En fait je ne savais pas à quel point je pouvais être heureux seulement trente secondes plus tôt, le choc a l'air trop soudain, irréel. Et puis évidemment, tout de suite mon côté rationnel reprend le dessus, j'organise immédiatement l'ensemble des démarches. Sans doute pour occuper mon esprit et éviter de trop gamberger : plusieurs fois je tente de me convaincre, tant pis, c'est fait, pas la peine de rester là à tourner en rond, pas la peine de repenser à ce que j'aurais pu/dû faire pour éviter le drame, pas la peine de cogiter pendant des heures. Agissons plutôt. Je pars immédiatement au commissariat pour porter plainte, je cherche les numéros de téléphone de tous mes contrats, assurance, banque, pour tenter de me faire rembourser, à la maison je trie et regroupe tous mes justificatifs et tous mes bons de livraison, je réfléchis à une solution pour les prochaines sorties photo.

Griffonné sur une page A4, j'ai déjà un plan d'action mis en route pour les trois prochains jours. J'occupe l'espace pour éviter de trop subir le traumatisme.

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dimanche 10 février 2008

Dosages

Ce matin je rentrais tranquillement du cinéma avec dans ma tête cette apaisante impression que j'avais enfin trouvé mon rythme. Un équilibre subtil entre, ne pas avoir maladivement tout planifié à l'avance — mais être suffisamment organisé pour ne pas me retrouver dans le vide, sans repère et surtout sans rien à faire. Passer pas mal de temps aussi avec différents groupes de personnes, ne pas voir tout le temps les mêmes têtes quitte à, effectivement, être moins proches de certains — mais surtout garder de longues et reposantes plages de solitude. De calme. Des fois je ressens comme l'envie de partager ce que je fais, un peu, mais généralement ça passe, le besoin de rester libre est plus fort ; celui aussi de conserver un univers secret, ignoré de tous, rempli de musique et d'images. C'est peut-être de la méthode coué, je ne sais pas. Ce soir je suis reparti de Yoann avec cette sensation bizarre d'habitude, de banalité routinière, je crois vouloir que mes journées sortent de l'ordinaire. Je ne veux pas m'installer.

Malgré tout, j'ai je pense de moins en moins de mal à être sociable. L'idée, comme je n'ai pas forcément grand chose à dire et que ce peu de choses j'éprouve les pires difficultés du monde à les exprimer, alors je dois faire parler les autres. Ce qui en fin de compte reste assez simple, les gens n'ont généralement pas trop de mal à parler d'eux, certains sont même relativement contents de pouvoir parler de leurs passions ou déballer leurs petits problèmes. Il suffit la plupart du temps de les relancer au bon moment. À la base c'est une technique de Kévin pour draguer les filles mais en fait ça fonctionne très bien pour sympathiser avec toutes sortes de personnes. Parfois tu peux même te permettre quelques digressions, placer quelques histoires complètement abracadabrantes peut également faire l'affaire. La difficulté, et cela rejoint ce que je disais tout à l'heure, c'est lorsque que l'intérêt se retourne vers toi. Il faut alors esquiver mais ça je ne sais pas encore bien faire et, déstabilisé, irrémédiablement je bafouille.

Niveau factuel, vendredi soir, je suis allé voir Cloverfield. Ce truc vous colle une trouille pas possible et c'est juste génial. Un vrai bon gros film de gros monstre, une sorte d'antithèse de Godzilla (le remake) avec sa mise en scène hallucinante, un rythme effréné et une tension constante qui suffisent largement à excuser les quelques défauts. Samedi soir, soirée dehors, le frère de Yoann mixait dans un bar du côté de Saint-Clément, pas trop de monde, assez bonne ambiance, la copine marocaine de Laurent faisait le spectacle avec ses comment on dit et ses gros mots en arabe. Aujourd'hui, Juno et l'après-midi à traîner en ville entre les cafés et les parcs. Un moment insignifiant, c'est pour ça que j'ai parlé d'ordinaire plus haut, mais pourtant pas désagréable. Je crois que je me contredis, non ?

La semaine qui arrive s'annonce également pas mal chargée. D'abord deux entretiens pour une nouvelle mission. Pour refaire du web, enfin ! Alors je me mets un peu la pression tout seul, parce que j'ai vraiment envie que ça réussisse, pour pouvoir revenir à des choses plus intéressantes. Mardi soir, concert. Mercredi, dîner avec Lise, d'ailleurs il faudrait que je réserve le restaurant. Jeudi soir, couscous chez Laurent, sur invitation de madame. Mon objectif étant d'éviter de m'y rendre seul, nouvelle contradiction, parce que jeudi c'est un peu une sale journée pour les célibataires, il faut que je trouve absolument quelqu'un pour m'accompagner. Heureusement, je crois avoir une piste.

mercredi 06 février 2008

Bla bla bla

Un ami de ma soeur, qui est professeur d'anglais, expliquait qu'il faisait étudier des chansons de Lilly Allen à ses élèves. À cause de cet accent typiquement londonien qu'elle a. Ça m'a bien fait rire parce qu'en même temps, je vois mal quelle chanson il a bien pu leur faire écouter. Celle où elle dit à son petit frère drogué de se bouger l'arrière-train ou celle où elle raconte qu'elle se bastonne à l'entrée des boîtes de nuits. Enfin j'imagine que les jeunes n'en sont plus à ça près de nos jours.

Et sinon, je m'ennuie toujours au tant au boulot, je suis censé travailler pour un concours photo mais je n'ai toujours rien fait, je suis malade, je suis un gros nul, la même habituelle litanie de grognements. J'essaie de me convaincre, il faut absolument arrêter d'espérer que quoi que ce soit de positif puisse désormais sortir de tout ce qu'a priori je ne contrôle pas. C'est je pense la source de toutes mes désillusions passées et sans doute de mes frustrations futures. Je devrais plutôt essayer de m'épanouir dans les choses sur lesquels j'ai un tant soit peu de prise. Et réfréner toutes mes autres envies ou plutôt, faire même que je n'y pense même plus. Une sorte de stoïcisme flemmard.

C'est peut-être ça la voie de la sagesse. Par moments j'ai envie de me convertir au bouddhisme.

samedi 26 janvier 2008

Ces derniers jours

Ca faisait maintenant un petit moment que je n'avais plus eu à subir d'examens, alors ça m'a fait un peu bizarre ce léger coup de stress, quelques moments avant le début quand tu as soudain l'impression que tu as tout oublié. La vérité c'est que ça s'est plutôt bien passé, j'avais tout bien appris par coeur, de façon presque maniaque, grâce au site Internet que m'a conseillé François. Ce qui est un peu vache c'est qu'il y a certains exercices auquel le prof ne nous avait pas du tout entraînés mais qui sont tombés quand même. Il faut alors croire que ma mémoire de la gestuelle et du spatial s'est améliorée depuis, puisque je n'ai séché que sur une ou deux positions. Résultats la semaine prochaine. Normalement je devrais avoir ma ceinture jaune, mais j'espère au moins un peu plus. C'est d'ailleurs dommage, parce que j'avais travaillé un peu plus que ce qui était demandé, mais nous n'avons pas été interrogés là dessus. Ce qui me décevrait un peu, ce serait d'obtenir la même distinction que certains autres que j'ai vu face au jury et qui n'était vraiment pas convaincants. Malgré tout ce que je peux dire, j'ai quand même une sacrée culture du résultat.

En attendant, je suis allé voir Sweeney Todd. Au début j'ai été sincèrement déçu  j'ai d'ailleurs cru que je n'arriverai pas longtemps à soutenir le rythme glauque de ce Marry Poppins sous anti dépresseurs. Il faut dire ce qui est, les premières chansons sont absolument ennuyeuses. Heureusement la suite s'améliore rapidement et au fur et à mesure que le texte devient plus élaboré le film gagne en intensité et en charme. Même si on ne coupe ni aux plans cul-cul ni aux rebondissements un peu prévisibles.

jeudi 17 janvier 2008

Considérations

Le premier Mac dont j'ai presque envie, depuis le LC que mon père avait failli acheter au début des années quatre-vingt-dix. Avec un écran couleur en plus, mais il fallait débourser presque vingt-cinq mille francs de l'époque. Finalement on s'est rabattus sur un IBM. Etrange coïncidence, là encore ce qui m'embête le plus c'est son coût, trois mille euros pour la version avec SSD, sans lecteur optique... Au prix où sont les machines, je peux comprendre qu'ils bradent leur Leopard. Mais voilà, entre le voyage au Sri Lanka et les nouveaux objectifs – merci à celle qui se reconnaîtra – mes finances ne peuvent plus guère me le permettre. Tant pis, j'achèterai probablement un Dell.

À part ça, on a donc réservé nos billets. Je pars avec Yoann, sa copine et François. Décollage prévu début septembre, presque vingt heures de trajet, en comptant une escale au Qatar. Direction, la jungle, les temples, les éléphants et les rebelles tamouls – hum. Entre nous j'aurais préféré l'Inde, mais il paraît que c'est beaucoup plus cher. Et puis j'avais une opportunité pour y aller en avril, pour accompagner un photographe professionnel, ça tombe assez mal. Dommage. Au niveau logistique, je ne sais pas trop comment on va s'organiser. Je n'ai même pas réfléchi au déroulement du voyage, finalement je ne les connais que très superficiellement. Donc pour l'instant tout ça a l'air bien irréel, je me suis décidé un peu sur un coup de tête, sans aucune information sur le pays j'ai excessivement de mal à m'y projeter – en fait il n'y a guère que le gros trou dans mon compte en banque, qui lui est bien palpable, pour me convaincre que ce n'est pas juste quelques mots en l'air sortis dans une discussion, comme je le fais souvent.

Je ramène un peu tout à l'argent, ce soir. Désolé.

Je continue mon orgie cinématographique, j'ai un peu peur de me lasser à force, mais pour l'instant ça va. Et puis il y a beaucoup de bons films qui sortent en ce moment, Charlie Wilson's War avec un Tom Hanks hilarant d'autodérision ; Lust, Caution même si je me méfie d'Ang Lee depuis Brokeback Mountain, Juno, No Country For Old Men, Sweeney Todd, la liste est longue. Honnêtement pour l'instant je ne regrette pas du tout cet abonnement. On verra pour la suite.

dimanche 06 janvier 2008

Indeed

Je suis à nouveau enrhumé et c'est vraiment pénible. Je me disais que ce qui pourrait être pas mal, ce serait à nouveau de revenir au factuel parce qu'en fait, le reste de mes divagations, je ne suis pas sûr que ça intéresse grand monde. Ça et cette superstition idiote, de croire que le simple fait d'écrire ici des idées que je ferais mieux de taire peut suffire à influencer le cours de ma vie — en bien ou en mal, souvent en mal. Du factuel, donc, avec un entête à la Bridget Jones, quelque chose du genre 53 kilos, ce midi des langoustes, etc.

Week-end chez mon père, qui lui aussi était malade, un truc assez ignoble, je vous fais grâce des détails. Mais il dit que ce n'est pas la peine qu'il se traite ou qu'il se vaccine, vu que de toutes façons il ne fabrique pas d'anticorps. Après tout, comme il veut, c'est lui le médecin de la famille. Samedi midi, sortie Mac Do parce que bon, la flemme ; on est également allé faire un tour à la billeterie de La Folle Journée. Ça devient presque trop habituel, on prend un ticket comme à la boucherie, 1201, on regarde le compteur, 451, le mec nous conseille alors de revenir le soir ou bien dimanche matin, du coup on repart dépités en se disant qu'on va réserver par Internet. Peine perdue, le site est hors service, trop de connexions. De toutes façons, La Folle Journée c'est toujours la même chose, une cohue indescriptible, des tarifs exorbitants, une organisation qui essaie tant bien que mal de faire face à l'affluence et, pour finir, l'ambiance à l'emporte-pièce qui finit par se ressentir pendant les concerts. Enfin, c'est du Schubert, il y a peut-être un ou deux concerts intéressants et pas trop chers, le mercredi ou le jeudi.

Après, un rétrospective Erwin Wurm au Hangar à Bananes et au Lieu Unique. À cet artiste contemporain (peintre, sculpteur, photographe, performer) assez loufoque, on doit le concept du One minute sculpture repris dans le clip Can't Stop des Red Hot Chili Peppers. Pour vous donner un ordre d'idée, la première sculpture à l'entrée de l'exposition, c'est un avant bras moulé dans du béton, le majeur pointé fièrement vers le plafond, du haut duquel jaillit joyeusement un filet d'eau dont le gargouillis, quand il retombe sur le sol quelques mètres plus loin, rappelle gentiment le son d'une pissotière. Un peu plus loin, de grandes plaques en carton et quelques instructions invitant le visiteur à prendre part à l'oeuvre : posez la tête sur la plaque et pétez. Beaucoup de références philosophiques savantes aussi, quelques vagues interrogations mais jamais rien de sérieux ou d'intellectuel (comme trop souvent dans l'art contemporain) car, dixit le commentaire, parfois certaines créations sont juste absurdes. Jusqu'au 19 mars, à voir, donc. En plus c'est gratuit. En plus les hôtesses sont toutes carrément mignonnes.

L'autre information du week-end étant bien sûr : ma soeur a enfin plaqué son mec. J., l'ingé-son drogué et alcoolique, cette espèce de loque humaine qui passait la moitié de ses week-ends à se décoller les neurones à la Marie-Jeanne et l'autre moitié à essayer de les recoller en cuvant au fond de son plumard. Je me demande ce qu'elle faisait avec un type pareil, besoin d'exotisme, le frisson du mauvais garçon, un manque affectif peut-être. Au fond je suis quand même bien content que ce soit terminé — j'ai même un peu du mal à en croire mes oreilles quand elle m'a décrit comment il a réussi à lui faire porter le chapeau de l'échec de leur relation. Le genre de mec qui passe sont temps à attendre au fond se son canapé que par miracle la vie se mette à lui sourire et pourtant, qui est le premier à te reprocher que vous ne faites jamais rien ensemble et que votre relation est superficielle. Je ne sais pas, comment ces types peuvent sortir avec des filles aussi géniales que ma soeur ? Ou alors c'est moi qui ai un point de vue un peu trop idéaliste, la faute à toutes ces séries et à toutes ces histoires que mes copines me racontent.

Hum. Je dois avoir l'air de passer pour la grande folle de service, là.

mardi 01 janvier 2008

2007

C'est marrant, comme je regarde à la télévision les comptes-rendus, les rétrospectives, il y a des tas de choses dont je ne me souviens même pas ou alors, que j'ai cru arriver il y a bien plus longtemps. Et pourtant, et pourtant... Car si j'essaie de me rappeler, voilà ce qui me vient à propos de l'année écoulée — et pas forcément par ordre d'importance. 2007 ça aura été l'année du Poker, l'année du Taekwondo, l'année ou j'aurai changé de boulot — après deux mois de chômage plus ou moins volontaire ; l'année de la QPN, l'année des Smashing Pumpkins et de Wax Taylor, l'année du c'était plutôt bien parti mais pourtant ça n'a rien donné. Et à part ça, pas grand chose, mis à part que j'ai 27 ans et que le temps passe de plus en plus vite. Difficile en effet de ne pas se prendre pour un vieux, vu les circonstances, d'un côté mon environnement commence à se remplir de plus en plus de quadragénaires et de pères de famille, de l'autre il y a les petits gamins de vingt ans que je ne considère désormais plus vraiment de la même façon. J'avais des résolutions, j'en ai tenu la moitié, allez on va dire les cinq dixièmes, après tout ce n'est déjà pas si mal. 2008 ne sera pas l'année des ambitions démesurées, plutôt celle des petits moyens et des grands voyages, Europe, Asie. J'ai fini de me convaincre que je ferais mieux d'arrêter de gaspiller mon argent en vaines possessions matérielles, qu'à défaut il vaudrait peut-être mieux investir sur l'expérience et le vécu. Vaste programme...

dimanche 09 décembre 2007

Projections

Je me prends le mur des réalités en pleine face et à grande vitesse, il doit être à peu près une heure du matin, dans ce bar dansant du centre de Nantes que j'éviterai de nommer. J'ai toujours voulu croire qu'il suffisait, comme Kévin, de prendre une fille par la main, de la faire vaguement tourner sur elle-même et d'échanger quelques mots — pour arriver à quoi, je ne savais pas vraiment, mais au moins c'était un début. La vérité c'est que, même quand une fille vient expressément se jeter sur moi, que je n'ai quasiment plus aucun effort à fournir, eh bien je ne sais pas trop comment réagir et j'ai l'impression que ce n'est pas réellement ce que je veux. Pourtant il y a plein de jolis visages, certains me retournent mon sourire, certains essaient même, de façon assez absurde à cause du bruit, d'entamer un début de conversation. Moi je me pose des questions. J'aime bien danser, j'aime bien danser juste à côté d'elles, j'aime bien danser juste à côté d'elles et sentir qu'elles se rapprochent. Mais après ?

Après, il y a moi, avec toutes mes contradictions, moi qui suis incapable de demander le prénom à une fille au sport alors que je lui adresse systématiquement la parole. En ce moment j'en suis même à me demander si j'accepterais à nouveau d'abandonner le confort de ma vie de célibataire pour essayer autre chose. Je crois m'être tellement habitué à ma petite liberté que je rechigne de plus en plus à en laisser même une petite miette. Bien qu'en théorie, je me dise que je n'ai normalement pas à me poser ce genre de questions, tant elles ne sont absolument pas à l'ordre du jour. Hélas c'est comme ça que je fonctionne, jamais dans l'instant, toujours dans la projection, souvent aussi à imaginer le pire alors que rien n'a encore commencé.

jeudi 13 septembre 2007

Longueurs

Je voulais m'inscrire à l'école de Musique de Saint Sébastien, parce qu'on m'en avait dit beaucoup de bien et parce que la fille m'avait recommandé le prof de guitare, une connaissance à elle. Or s'il y a bien une chose que je déteste c'est d'être pris au dépourvu quand ce n'est pas ma faute. J'ai une manie quasiment obsessionnelle à vouloir faire les choses dans les règles, du coup ça m'horripile quand on me dit non alors que j'ai tout fait pour qu'on me réponde oui. L'année dernière j'avais déjà téléphoné, on m'avait à ce moment expliqué qu'il était trop tard, que les inscriptions se faisaient début septembre, qu'il fallait rappeler l'année prochaine. Il a donc trois semaines, je téléphone à nouveau histoire d'être sûr de mon affaire : pas de souci, passez ici à partir du 12, 15 heures. Le jour finit par arriver et donc je m'exécute, au pas de course comme d'habitude, je n'aime pas être en retard mais je me débrouille toujours pour être à la bourre malgré tout. J'arrive, je me gare dans un parking désert, le bâtiment a l'air vide. Je me dirige au hasard vers le secrétariat, là, la bonne femme me répond sèchement : ah mais non, là je ne peux plus que vous inscrire sur liste d'attente, les créneaux sont déjà complets, depuis des mois. En fait pour les nouveaux élèves il faut venir fin juin, début juillet... Ou comment perdre une heure pour des bêtises. Il y a des claques qui se perdent, moi je vous le dis. Tout au moins, je prends ça comme un signe du destin.

Du coup en ce moment voilà la question qu'on me pose souvent : qu'est-ce que je fais de mes journées ? Entre temps j'ai quand même retrouvé du travail, mais je ne reprends que début octobre. Ma situation de chômeur devrait donc perdurer plus longtemps que prévu. C'est bien, cela me permet au moins de bénéficier de quelques avantages, comme des cotisations moins élevées dans les clubs ou des places de cinéma moins chères. Même si par conséquent je dois gérer le quotidien avec la perspective de quasiment trois mois sans salaire. Ce que je fais de mes journées, je prends du temps pour organiser ma rentrée, m'inscrire là où je veux en étant disponible pour faire la queue dans les permanences, je vais aussi à des expositions, des concerts, au cinéma. Je ne prends d'ailleurs pas forcément le temps d'en reparler ici, parfois je le regrette. La semaine prochaine, c'est Scopitone, un festival de musique électronique et de culture alternative, Wax Taylor passe le jeudi à la Salle Paul Fort. En ce moment c'est aussi la Quinzaine de la Photographie Nantaise, pas mal d'expositions un peu partout en ville, demain je fais la visite inaugurale. Il y a aussi Rouge Baiser au Frac et également l'épicier d'art où je voudrais faire un tour. Au niveau des salles obscures, Sicko, complètement caricatural mais qui a, comme souvent dans les films de Moore, l'avantage de mettre le doigt sur une problématique complètement différente du sujet initial : notre modèle social français a sans doute un coup exorbitant mais en fin de compte ça me semble largement justifié ; Naissance des Pieuvres, un peu longuet, un peu gros comme une maison, mais c'est plutôt bien amené et les jeunes actrices sont vraiment dans le ton ; 4 mois, 3 semaines, 2 jours, déprimant ; Hairspray, débile mais amusant ; Planète Terreur, débile mais amusant. Voilà c'est à peu près tout...

dimanche 19 août 2007

Réconciliations

Parfois je me dis que c'est la vie qui essaie de m'envoyer des messages, pour que j'apprenne à aller au-delà de mes peurs irrationnelles et que j'affronte mes démons intérieurs. Parfois je me dis aussi que ce que j'appelle la vie, ça n'est jamais qu'un vague concept issu de mon inconscient, que j'utilise pour classifier et interpréter certaines choses qui m'arrivent et n'en retenir que ce que je veux bien retenir.

Encore une fois, des conflits, encore une fois des disputes entre des gens que j'aime, que je vois se nouer et se dénouer juste devant mes yeux. Et ça me ronge toujours, ça m'exaspère toujours, je me demande toujours comment les gens peuvent en arriver à se parler avec une telle violence – et cinq minutes après faire comme si de rien n'était. Yves et Romain se prennent à parti à cause d'un point de détail du jeu de Uno, ils s'enguirlandent tellement que les voisins finissent par tambouriner au mur. Du coup les esprits se calment, chacun abandonne ses positions, on continue l'air de rien. Justement c'est peut-être cela ce que la vie essaie de m'apprendre... Parfois il vaut peut-être mieux que les choses soient dites, plutôt que de chercher constamment à sauver les apparences, à être poli avec tout le monde, à ne se fâcher avec personne.

Quand j'y repense après coup, je me dis que Mademoiselle E. et son homme se sont en fait calés sur un mode de fonctionnement qui semble leur convenir à tous les deux. C'est vrai ils se disputent tout le temps, comme je viens de passer un long week-end avec eux dans le sud j'ai eu l'occasion de le constater, à mes dépens, personnellement je n'accepterais même pas le dixième des réflexions qu'ils ont pu s'échanger. Mais ils finissent toujours par se réconcilier ou par passer à autre chose, comme si l'importance que moi j'accorde à ce genre de détails n'était que toute relative pour eux, tant ces chamailleries semblent faire partie de leur vie quotidienne. Je comprends mieux le sens de l'expression un vrai petit couple, je trouve toujours ça insupportable vu de l'extérieur, mais j'arrive presque à imaginer comment ils peuvent le vivre.

vendredi 10 août 2007

Disputes

Je me demande si vous les gens, vous ne ressentez pas expressément le besoin de vous crêper le chignon, gratuitement, sans raison, juste pour pimenter vos relations. Je rentre d'une semaine chez mon père ; ma soeur et lui de temps en temps c'est assez tendu, pour ne pas dire carrément belliqueux. Je suis étonné par la dureté des remarques de ma frangine, qui n'hésite pas à accuser mon paternel de tous les maux du monde, des fois c'est justifié parce qu'il fait vraiment sa tête de cochon, des fois c'est vrai qu'elle prend la mouche un peu facilement. Et pourtant il ne leur suffit en général que de quelques minutes pour se calmer, et c'est alors comme si rien n'avait eu lieu ou plutôt, c'est comme si la violence de leur dispute n'avait fait que surligner la tendresse de leur réconciliation. Mademoiselle E. et son mec, c'est pareil. Il lui arrive de faire sa tête de mule et d'agir contre sa volonté, à d'autres moments ils se disputent pour un rien, parce qu'il veut descendre boire un verre, parce qu'elle s'est pris la tête avec son chef et qu'il n'est pas d'accord. C'est parfois même pour des broutilles du genre s'il faut mettre du fromage dans les pâtes. Et pourtant, ça va bientôt faire un an qu'ils sont ensemble et ça a l'air de tenir la route.

Moi j'ai beaucoup de mal avec ce concept de confrontation permanente – confrontation avec des guillemets, faut pas exagérer. C'est vrai que j'élude même carrément, alors on me reproche d'être transparent et de ne pas dire ce que je pense. Je me souviens quand j'étais plus jeune, mes parents s'engueulaient le soir dans leur chambre. C'était assez fréquent, je ne savais pas toujours de quoi ils parlaient, ils discutaient en malgache, parfois assez fort, je trouvais ça terrifiant. Forcément je n'arrivais pas à dormir. Une ou deux nuits ça a même été assez grave, je me souviens de ce soir où mon père s'était levé la voix éraillée, presque en pleurant du lit, où il avait prit les clés de sa voiture et était sorti avec précipitation. Je nous revois ma soeur et moi, réveillés, debout sur le perron de la maison, lui nous disant de rentrer, moi faisant signe à ma petite soeur d'aller dans la voiture pour l'empêcher de partir tout seul. C'est vrai je ne supporte pas de me disputer avec les gens que j'aime ; je ne comprends pas pourquoi certains le font de façon quotidienne, anodine, banale, alors que pour moi c'est la pire des choses qu'on puisse faire. Je ne sais pas, il vaut peut-être mieux que ça sorte...

mercredi 01 août 2007

Pause nombriliste

Ca m'emmerde, j'ai repris deux kilos. Dans mes t-shirts informes j'ai l'air d'un sac à patates et je déteste ça. On continue à me prendre pour une fille, on continue à me dire excusez-moi mademoiselle. Mais arrêtez à la fin, c'est quand même pas à ce point là, si ? Dimanche dernier, je regardais un reportage sur les mariages homosexuels en Afrique du Sud. Je voyais un des mariés, qui poussait la caricature dans ses derniers retranchements, je me disais ma pauvre chérie regarde de quoi tu as l'air ? Et pourtant à bien y réfléchir, je n'étais pas tellement différent de lui, avec mes tresses, mes lunettes carrées, avec mon visage carré et imberbe. Et ma voix de petit garçon enrhumé. C'est là que je commence à me poser des questions. Peut-être qu'après tout il n'y a pas forcément de hasard et que tout ça arrive pour une raison. Allez savoir. Je sais, pour ma part, que je suis très loin de l'image de l'idéal masculin et puis, on m'a déjà fait la remarque tant de fois, trop petit, trop gros ; trop consensuel aussi, on n'arrive pas à savoir ce que je pense, je n'ai pas de personnalité. Bref, je rumine.

Et sinon en vrac : Lise fait à nouveau la morte, je commence à me demander si c'est son vrai numéro de portable. J'ai reçu mon solde de tout comptes suite à ma démission, presque six semaines de congés payés qui me sont dédommagés, plus les primes, mon compte a fait plus cinq mille en trois jours, ça fait bizarre. J'ai deux ou trois plans pour les vacances, ça me rassure ; un grand week-end à Royan et la Route du Rock à Saint-Malo. Je vais devoir mettre ma voiture au garage pendant une semaine, un problème avec la culasse, mais c'est couvert par la garantie. Malgré moi je redécouvre donc les joies des transports en commun, heureusement c'est l'été et les filles sont peu vêtues. Quand Emilie me téléphone depuis le bureau elle prend une voix super sérieuse et super sexy, j'adore ça. Le budget pour le permis moto, c'est environ mille euros, entre la formation et l'équipement ; mais pour des raisons de calendrier mal foutu, je vais devoir attendre la rentrée. Enfin si ça se trouve j'irai travailler en centre-ville donc ça ne me servira pas à grand chose. J'ai trouvé un truc génial à Maisons du Monde, des boites à épices transparentes aimantées à placer sur une plaque accrochée au mur. Voilà.

jeudi 26 juillet 2007

Changement de plan

Vendredi soir, à cette heure-ci, je serai officiellement au chômage – en attendant début septembre évidemment. Entre temps j'aurai donc cinq semaines de congés, sans solde. Je dois vous avouer que j'appréhende un peu. En passant mes entretiens, j'avais plus ou moins prévu le coup ; entre deux semaines au Portugal avec Mademoiselle E. et une autre semaine en vadrouille avec les autres, ma frangine en vacances au même moment, j'allais avoir un emploi du temps plutôt chargé. Je demandais donc en conséquence à mes futurs employeurs de bien vouloir décaler autant que possible ma date d'embauche, pour pouvoir profiter de l'été. Mais voilà, entre temps la gamine se décide à mettre les voiles sur Paris plus tôt que prévu, et nos vacances lusitaniennes qui s'était transformées au vu des circonstances en simple séjour dans les Landes, se sont finalement terminées en peau de chagrin : elle part dans une semaine. Peu importe d'ailleurs le gros effort d'organisation que j'ai concédé, pour passer du temps avec elle, alors qu'en fin de compte elle me laisse tomber ; ce n'est pas vraiment sa faute, mais bon... Toujours dans l'intervalle, l'autre groupe d'amis avec qui je devais partir, on ne savait encore pas trop où, peut-être les pays de l'Est, font traîner l'affaire plus que de raison. De sorte qu'on risque de se retrouver comme l'année dernière : coincés la dernière semaine avec plus aucune place disponible dans plus aucun hébergement, obligés de tourner en rond autour de Nantes pour s'occuper. Je me retrouve donc avec la perspective un brin déprimante de cinq semaines à n'avoir que foutre, sans rien de spécial pour m'occuper. C'est là que je me dis que j'ai été un peu trop optimiste, que j'ai eu tort de trop compter sur les autres. Je vais peut-être partir seul et partir loin, comme je l'ai toujours fait. Après tout c'est ce qu'il y a de plus fiable et de plus pratique, et je n'ai jamais été déçu. Ou alors garder mes économies et mon temps libre pour me lancer, enfin, dans le permis moto. Ça me ferait un beau challenge que d'y arriver avant la rentrée, ça me permettrait aussi de rester dans les parages pour gérer la petite affaire que vous savez...

vendredi 06 juillet 2007

La bonne copine

Le psychodrame du jour, je ne sais même pas si ça mérite que je vous en parle. Samedi Virginie organise une vente privée de bougies et autres accessoires déco. Comme elle passe à la maison et se rend compte qu'effectivement, j'ai pas mal de chauffe-plats disposés esthétiquement dans des verres Ikea, elle me remet dans la foulée un petit carton d'invitation. Les choses étant ce qu'elles sont, me voilà donc seul garçon invité parmi une petite dizaine d'apprenties architectes d'intérieur. Quand je lui fais remarquer, elle me dit que ce n'est pas grave et puis, ce sera moins bien si je ne viens pas, limite elle trouve que j'ai bon goût. En plus il n'y a pas de raison, je m'entends toujours bien avec les filles d'habitude. J'ai comme un léger doute là, genre un vieux reste de sous-entendu. Quand la fille l'apprend, au début elle se fout un peu de ma gueule, c'est vrai que ça fait un peu Jean-Guy à la réunion Tupperware. Après elle se rattrape, un peu coupable, il faut que je vienne. Mais même si en soi la vente pouvait m'intéresser, j'ai quand même quelques scrupules. Et même si c'est vrai que je préfère être avec des nanas parce qu'en gros les mecs me saoulent, j'ai quand même quelques scrupules ! Je n'en reviens pas que j'en soie rendue à vous écrire des trucs comme ça. Pour finir, Virginie insiste en me disant qu'en plus, deux de ses amies présentes sont célibataires et qu'une troisième sort avec un navet intégral. Oui euh, avec l'image que je risque de donner si j'y vais, je préfère encore éviter le complet ridicule. En même temps, c'est pas comme si elles ne me considéraient pas déjà toutes comme une bonne copine. Enfin bref, je vous raconterai.

mercredi 30 mai 2007

Des difficultés à animer un groupe

J'en discutais avec Sébastien, mon chef, qui se plaignait justement du manque de réaction de ses gars. Ce sont les premiers à se plaindre qu'on ne communique pas avec eux, mais dès qu'on leur adresse la parole on se retrouve face à un mur – aveugle et silencieux. Certains aussi, donnent l'impression que tout leur est dû et qu'ils n'ont aucun effort à produire. D'autres enfin, cherchent absolument à imposer leur point de vue, quitte à physiquement faire barrage si ce n'est avec leur corps, au moins avec leur voix et leur présence. Organiser les interactions sociales en fonction des caractères de chacun, savoir user de la bonne influence au bon moment pour infléchir les décisions, apprendre aussi à ne pas se faire d'illusions et plutôt que de rester figé dans un schéma réfléchi à l'avance, adapter son attitude pour arriver à passer son message, voilà de nouveaux défis.

Hier soir, je recevais la bande pour un atelier photo. Avec le comité d'entreprise on a décidé d'organiser des ateliers, où chacun peut prendre l'initiative de présenter aux autres les sujets qui le passionnent, partager ses centres d'intérêts et échanger son expérience. Et donc pour essuyer les plâtres, c'est moi qui me suis proposé pour la première édition. Ce qui m'a un peu surpris ça a été de constater que, bien qu'ayant spécifiquement cadré le contenu de la soirée, j'ai eu l'impression que certains sont venus presque sans le faire exprès. Genre Ah bon c'était ça le principe ? Ce qui m'a vraiment déçu c'est l'attitude de quelques-uns qui manifestement étaient là pour passer une soirée à boire et à rigoler, l'atelier relevant lui plus du prétexte anecdotique. Je veux dire, en soi ça ne me dérage pas, qu'on blague, qu'on discute, que ce soit un minimum festif. Mais quand on demande à une personne, moi en l'occurrence, de s'investir pour créer du contenu et organiser quelque chose, ne pas même faire semblant d'écouter ce qu'il a à raconter, je trouve que c'est un manque de respect.

Ce n'est pas tant que c'est compliqué que de partager mes connaissances sur le sujet. J'ai déjà fait pas mal de présentations et je pense être à l'aise oralement. Et même si j'ai un peu traîné pour préparer mon diaporama, je savais ce que je racontais, je n'avais pas besoin de donner dans du par coeur. L'erreur que j'ai pu faire par contre, et malgré pas mal de précautions, c'est d'avoir un contenu un peu trop pointu et pas assez grand public. J'ai voulu aussi bien donner des astuces pratiques à des photographes ludiques qui prennent trois photos par an que de faire comprendre à amateurs débutants comment tirer parti du réflexe à 800€ qu'ils venaient d'acheter. Impossible, la solution était trop bâtarde pour satisfaire tout le monde. La seconde erreur, c'est que j'avais probablement beaucoup trop d'information pour que ça tienne en une seule soirée et, surtout, que ça tienne les gens intéressés aussi longtemps.

Et puis c'est vraiment compliqué de gérer un auditoire, entre ceux qui, donc, s'en foutent royalement, ceux qui sont persuadés de tout savoir et t'interrompent sans cesse, ceux qui ne comprennent pas, pour des tonnes de raisons, ceux qui sont trop impatients et ne te laissent même pas le temps d'expliquer. C'est d'autant plus frustrant qu'on n'est pas dans le cadre classique d'un échange émetteur-récepteur, comme dans un cours ou une communication organisée. Cet environnement purement informel prêtait tellement à confusion que ça en devenait presque impossible de faire passer un message, d'organiser un échange, bref de dérouler mon contenu. Et puis il y a les caractères. Charles était particulièrement insupportable, le sujet typiquement ne le concernait pas, il a donc passé les trois quarts de son temps à faire le pitre pour faire rire les autres. Entre ça et le fait qu'il carrément pourri mon sol en renversant les trois quarts de ce qu'on lui versait dans son verre et en piétinant bien dedans après... Honnêtement, il organise une sortie samedi prochain, j'ai presque envie de lui pourrir aussi son après-midi, histoire de lui faire prendre conscience de sa bêtise.

Enfin, restons adultes. Là concrètement, j'ai vraiment envie de me plonger dans des bouquins de management et de psychologie des groupes. Je pense que j'ai beaucoup à apprendre. Paco me parlait aussi de la PNL (programmation neurolinguistique) et typiquement, ça pourrait être une solution.

jeudi 03 mai 2007

Qu'est-ce qui nous Satan ?

Que dire ? Ce serait un peu prétentieux de ma part d'avancer que c'est mal écrit, c'est vrai il y a de vrais bons jeux de mots bien nuls qui personnellement me font tordre de rire, dommage que le scénario soit un peu inintéressant et autant convenu. Trois inconnus se retrouvent de façon peu compréhensible enfermés dans un appartement inconnu, s'interrogent sur la raison de leur présence dans cette pièce et finissent par comprendre qu'ils sont au purgatoire. Les personnages sont assez variés et font pas mal du comique de la pièce, un homosexuel soupe au lait complètement caricatural, un père de famille raide comme un balai, une gangster pugnace à la répartie acérée. La mise en scène est plus que minimaliste, avec pourtant de bonnes idées, comme un combat au ralenti style Matrix. Malheureusement on tombe assez rapidement dans les travers d'une morale chrétienne qui, je trouve, sent assez mauvais ; du genre la tapette doit expier son amour pour la sodomie afin d'être absous et d'aller au paradis. Autant le texte est drôle, autant ce genre de passages sont un peu glauques. Ça et le fait que le dernier acte soit une vraie agression pour les yeux et les oreilles.

J'avais beaucoup aimé Le Carton par la même troupe (la pièce éponyme du film que tout le monde connaît) – beaucoup plus vivante, plus rythmée et il faut le dire, drôle. Ce soir j'ai été un peu déçu. Le spectacle est au théâtre de poche à Nantes jusqu'à 19 mai.

lundi 30 avril 2007

Mode Myspace On

Alors si on fait le bilan, pour l'instant je tiens à peu près le tiers de mes bonnes résolutions de janvier. Le tri des déchets c'est bon, en même temps c'était pas la chose la plus compliquée qui soit non plus. En ce qui concerne mon poids, j'ai perdu cinq kilos depuis le début de l'année. C'est bien mais j'ai encore à éliminer, je vise les 55 kilos. Ce qui me frustre c'est que ma bouée ne semble pas vouloir diminuer, donc je me demande bien d'où je perds. Idéalement il faudrait que je consulte, là je suis rendu à ne faire que deux repas par jour, je me demande si ça n'est pas dangereux. Enfin je fais attention, mais bon, bref. Mentir, non, je mens encore beaucoup. Hier j'ai dit à Emilie que je n'étais pas disponible ce week-end parce que je voyais quelqu'un. Ce qui est bien sûr absolument faux, mais en contrepartie ça m'évite de trouver une excuse évasive pour ne pas passer une soirée avec elle et son mec. Je sais, c'est pitoyable. Idéalement il faudrait que je consulte aussi. Quant aux nanas, j'ai laissé tomber, ce que je cherche n'existe pas et ce que je trouve a tendance à m'ennuyer. Je vais plutôt acheter un aquarium.

dimanche 15 avril 2007

Transports

C'est toujours la même histoire, je ne pense pas pouvoir en sortir, jamais. Alors je déprime, ça vient par périodes, je me lance dans des petites introspections mêlées de vieux souvenirs et ça suffit pour me mettre dedans. Généralement j'essaie de penser à autre chose.

En ce moment, je réfléchis, j'ai envie de changer de voiture. On m'a dit, une voiture neuve il faut essayer d'en changer tous les deux ans pour ne pas trop diminuer son capital, à cause de la décote à la revente. Ça et puis ce besoin de compenser aussi. Pas tellement dans un quelconque transfert façon psychanalyse de comptoir, plus dans l'envie de me démarquer, de montrer que je suis différent. De montrer que j'aime les jolies choses. Je suis allé dans une concession Mini. En fait j'avais déjà fait le tour du propriétaire sur Internet, je voulais seulement voir les modèles de visu. J'ai toujours beaucoup de mal à montrer aux vendeurs que je sais, j'ai toujours l'impression qu'il faut jouer les acheteurs candides pour éviter de dire des bêtises et passer pour un beauf. Au risque de ne pas avoir ce qu'on veut. Enfin bon.

J'hésite entre une Cooper classique avec un toit ouvrant et un cabriolet. La première option est moins chère, ce qui me permettrait de prendre plus d'options. La seconde, c'est juste pour la frime. D'autant plus que j'ai vu la cinématique du toit ouvrant, en fait c'est une très grande surface vitrée articulée en deux panneaux. C'est vraiment sympa. Là où ça bloque, c'est que la finition sport en plus d'être hors de prix, affiche des consommations limite excessives. Après, ça reste une Mini, c'est pas un char Abraham, mais bon quand même.

Oui je suis dans le trip écologiste en ce moment. Je trie mes déchets moi-même, comme la ville de Nantes refuse de s'y mettre, je passe à la déchetterie environ une fois par semaine. J'ai aussi installé un conteneur au boulot pour que mes collègues participent aussi au tri sélectif. J'ai changé toutes mes ampoules en basse consommation, j'ai baissé le chauffage jusqu'à être malade les trois quarts du temps. Alors forcément rouler dans une 175ch qui boit neuf litres au cent, ça le fait moyen.

L'autre solution serait d'adopter un petit deux-roues pour mon trajet domicile-travail. Genre une vespa ou limite une petite 125. Evidemment ça me reviendrait nettement moins cher que de racheter une voiture, un millier d'euros seulement et pas de crédit sur trois ans à contracter, avec une cornée en gage. Le hic c'est si je suis amené à aller bosser en costume, comme mon futur nouveau job risque de l'exiger, ça risque de pas le faire. Et puis ici il pleut onze mois sur douze, donc le scooter en costume, même pas la peine d'y penser...

Bref, la vie est dure.

dimanche 18 mars 2007

Live from Ubuntu

Il faut bien l'avouer, la chose qui m'énerve chez Ikea, mis à part le fait que j'en aie toujours pour deux fois plus que je ne l'avais prévu, ce qui m'énerve donc c'est de ressortir sans avoir trouvé ce que je cherche parce que le stock est en rupture. Surtout après que la voix de l'hotesse m'ait gentiment invité à trois ou quatre reprises à rejoindre les lignes de caisse, alors qu'il est vingt heures cinquante et que je tourne en rond dans l'entrepot depuis dix minutes, à la recherche du bloc 02 de l'allée 04. Et non, il ne reste plus d'exemplaires de cette jolie étagère Lack à quarante-neuf euros. En meme temps à ce prix là ça ne m'étonne pas trop. Et là je me dis qu'au fond ce n'est pas plus mal, puisqu'à en voir l'état des rayons, les trois quarts des appartements de Nantes doivent avoir la meme étagère. Un peu de personnalité que diable. La prochaine fois je prendrai celle qui coute deux fois plus cher.

A part ça, comme le sous-entend le titre de ce billet, j'ai récupé le viel ordinateur portable de mon père et j'ai installé Ubuntu dessus. Et je dois avouer que je suis agréablement surpris. Bon ça rame, Gnome c'est une vraie horreur (Enlightenment rules), mais ça s'installe presque tout seul et surtout ça fonctionne, quasiment out of the box. La dernière fois que j'aie essayé, ça date déja de quelques années, j'avais souffert le martyr rien que, par exemple, pour utiliser mon modem. Là j'ai installé le wifi en à peine deux heures (pour moi ça tient tout bonnement du miracle) et Opera fonctionne à un ou deux bugs près. Ou alors c'est moi qui me suis habitué aux turpitudes de Linux. Enfin il y a ce dont j'ai besoin, je vais ajouter un peu de mémoire vive histoire de, et puis on verra à l'usage ce que ça donne.

Bon et sinon, au cas où vous étiez passé à coté et histoire de lever tous les doutes à ce sujet, oui c'était bien moi qui chantais dans la Nouvelle Star (Pop Idol). Le but ultime étant, bien sur, d'etre en tete du hit des inoubliables.

dimanche 25 février 2007

Et sinon

Alors aujourd'hui, j'ai fait de l'elliptique à côté de lui.

jeudi 22 février 2007

Fit

Donc pour les deux ou trois personnes qui suivent, je me suis effectivement inscrit dans un club de sport – genre salle de gym avec des vélos, des tapis, une piscine, voyez-vous. La raison officielle c'est de tenir une de mes résolutions du début d'année. En fait je fais déjà du football une fois par semaine et je dois reprendre l'aïkido à la rentrée prochaine ; là si j'y vais c'est pour travailler mon souffle et aussi avoir moins l'air d'un sac à patates. Accessoirement c'est aussi pour passer un peu de temps avec qui vous savez. Vous dites ? Vous avez l'impression de lire un Skyblog ? Oui probablement. J'assume.

L'abonnement est un peu exorbitant, même si on a eu une remise parce qu'on s'y est présentés à deux. Les trois quarts du temps les gens (les vendeuses, les opticiens, les managers de clubs de sport) nous prennent pour un couple et réagissent en conséquence – monsieur, madame ; vous vous arrangez entre vous pour le reste ; ah ce n'est pas la même adresse ? Parfois j'en retire une bête fierté, parfois je me sens un peu plus gêné. L'autre truc qui me fait tilter c'est que le sol est en parquet. Cela peut sembler stupide, mais moi la dernière chose que je mettrais en dessous de machines de torture destinées à vous faire suer sang et eau, c'est du parquet. Enfin ils savent ce qu'ils font.

Quant à l'activité en elle-même, en soi passer une heure à pédaler dans le vide pour la bonne cause, c'est loin d'être aussi rébarbatif ou ennuyeux que je ne l'aurais cru. J'avais toujours dans la tête une sorte d'a priori sur le côté artificiel, presque contre-nature de la chose. Mais il faut bien avouer, c'est bien moins désagréable que de faire une heure de vélo dehors, dans le froid et le crachin nantais. Bon je suis content d'avoir emporté un baladeur quand même.

Le dernier détail que je ne pouvais évidemment pas passer sous silence, mis à part la présence d'un hammam en libre accès, c'est que la clientèle est à large majorité féminine. Et elles sont loin d'être toutes laides. Bref, une fois de plus me voilà embarqué dans un truc de filles, les gens vont vraiment finir par se poser des questions...

mercredi 24 janvier 2007

Life Update (2)

J'étais à deux doigts de pleurer. Je lui demande, en sachant d'avance la réponse, Emilie pourquoi est-ce que tu ne veux prendre que six mois d'abonnement dans ce club ? Parce que : je ne sais pas ce que je vais faire après. Avec tous les sous-entendus. Parce que : elle doit sans doute y réfléchir et comme Philippe ne veut pas partir de Paris, c'est probablement elle qui partira. Dans ce nouvel appart qu'il vient d'acheter. Et je sais ce que je ferai. La seule chose que ma raison me commande de faire, parce que je suis son ami et je veux qu'elle soit heureuse et qu'elle sera sans aucun doute plus heureuse là bas. Je lui dirai que c'est pas si loin, que je passerai les voir (je dois déjà monter le 10...) peut-être même je serai un peu plus distant pour ne pas interférer dans son choix, après tout c'est sa décision. J'y repense un long moment. J'y repense dans la voiture. Et quand la radio chante Porgy and Bess, alors que je suis au second sous-sol du parking, perdu au milieu du béton, voilà j'ai les larmes aux yeux.

Free me réclame de l'argent. Ils ont refusé de me câbler quand j'ai emménagé, prétextant que j'étais inéligible (alors que je suis en plein centre-ville) avec la fallacieuse raison qu'ils étaient incapables de retrouver les coordonnées du précédent locataire. Sauf qu'entre temps ils y ont mis un peu de zèle et beaucoup de bonne volonté et j'ai finalement reçu ma Freebox. Deux semaines après que je me sois abonné à Noos.net. Du coup recommandés, hotline, frais de résiliation, tout ça pour un service que je n'ai pas demandé, pire qu'on ma décrit comme inaccessible. Je suis de bonne foi, chaque fois que je les ai eus en direct ils ont abdiqué sans broncher. Mais ça me coûte du temps et de la patience. Free c'est bien, quand ça marche...

M. S. me saoule. Je n'ai jamais bien compris pourquoi on insistait pour embaucher des gens incompétents. Pire, pourquoi on se complaisait à embaucher des stagiaires qui ont largement eu le temps de prouver pendant leur trois mois d'esclavage légal, qu'ils n'avaient absolument aucune des connaissances nécessaires et que ce seraient juste des boulets intégraux. Ce n'est pas une généralité que je dis, j'ai eu des stagiaires excellents – tous sont partis malheureusement. Celui-là c'est à peine s'il vient me demander s'il faut mettre un point ou un point-virgule a la fin de chaque phrase. Il ne faut pas s'étonner, il a fait dix ans de chimie et après trois mois de formation à Java, le voilà parachuté informaticien. Alors que moi j'ai appris mon métier en cinq ans. L'informatique a ceci de pitoyable que, c'est une science tellement accessible que n'importe qui peut faire semblant de s'y connaître et effectivement peut réussir à faire semblant de bien travailler.

J'ai cédé à la mode du poker. J'ai essayé beaucoup de jeux de cartes, à vrai dire à la fac c'était surtout le tarot. Alors un de plus un de moins. Là je joue sur Internet avec Kévin, qui m'explique avec sa logique probabiliste et ses calculs mathématiques pourquoi il faut toujours payer le flop avec un as en main. Moi je préfère jouer au feeling, quand on doit réfléchir c'est ennuyeux – comme beaucoup de choses du reste, le sport, les filles, etc. Du coup on a décidé de franchir le cap, j'ai acheté une table, lui des jetons, et on va s'organiser des tournois à la maison. Pour de rire évidemment, pas question de lui piquer son Aston Martin. Quoique.

mardi 26 septembre 2006

La Grande Evasion

Si tout va comme je veux, demain soir je devrais passer ma première nuit chez moi. Chez moi. Ca sonne bizarre. Il faut dire que j'ai été particulièrement exigeant avant de me lancer. Je n'ai voulu partir de chez mon père qu'une fois avoir complètement aménagé les espaces vitaux de mon futur logement :chambre, cuisine et salle de bains, c'est le minimum syndical. Résultat les choses ont traîné, cela m'a pris des semaines et des semaines et, évidemment, je ne suis pas content du résultat. En même temps je pense que ça ne sera jamais vraiment le cas. Mais j'ai fini par me convaincre que ça ira bien comme ça ; après tout, il faut bien que je me lance, sinon c'est juste payer 600 euros par mois pour... un garde-meubles. Idée peu séduisante vous en conviendrez. Evidemment je me suis ruiné, même si je n'ai pas la moitié de ce que je voulais. Pire, j'ai acheté des tas de choses inutiles et hors de prix, tout ça pour au final manquer du plus essentiel – comme, exemple bête, prévoir à manger pour le premier soir. Que voulez-vous, on est snob ou on ne l'est pas. Et on a peur de se jeter dans le vide ou on ne l'a pas. C'est même exactement ce moment où le vide s'ouvre sous vos pieds et que vous avez un dernier remords, trop tranquille que vous étiez ancrés dans vos habitudes. Malgré tout je continue à espérer que l'expérience vaut d'être vécue. Alors je saute.

mardi 12 septembre 2006

Entre deux yeux

Mais arrête de dire que je ramène toujours tout à moi ! Il faut quand même bien l'avouer, et ça tu ne peux objectivement pas dire que c'est de ma faute, qu'au bout du compte tous ces films ne font jamais que raconter mon histoire. Comment ça l'histoire de n'importe qui ? Ah non je m'excuse, il y a quand même des détails, des situations, qui font que ça n'est pas l'histoire de n'importe qui. Oui parfaitement. Par exemple, je me souviens exactement comment ça, ça nous est arrivé, et c'est trop peu commun pour que... Tu dis ? Non, je ne me concentre que sur ces détails, au point justement d'en oublier le reste qui ne colle pas du tout. Là c'est toi qui exagères. Regarde bien, cette histoire c'est tout moi ; ce gars qui a toutes les peines du monde à faire le premier pas vers la fille qu'il aime, qui se morfond parce qu'elle finit par aller voir ailleurs, cette histoire qui craque de tous les côtés parce que c'est terriblement difficile que de devoir franchir cette barrière si étroite... Des centaines comme moi ? Alors là je veux bien que tu me les présentes, moi j'ai toujours l'impression d'être le vilain petit canard, qui n'a pas entendu cette une immense blague dont pourtant tout le monde rigole. Non je ne force pas le trait. Arrête donc. D'accord, vas-y je t'écoute...

vendredi 08 septembre 2006

Suwariwaza

Allez, un sujet léger, pour changer. Suite à une suggestion de Kévin, qui voue une sorte d'admiration béate pour ce sport, nous sommes allés à une initiation gratuite à l'aïkido. Je précise, c'est un art martial très axé sur l'autodéfense, avec une certaine théâtralisation des mouvements qui tire parfois vers la chorégraphie. Oui je sais. Mais c'est comme ça que je le vois. Sauf qu'évidemment, Kévin a fait sa mauviette, et je me suis retrouvé tout seul à assister au cours, lui s'étant couardement réfugié dans les gradins. Avec mademoiselle E., détail futile. Evidemment vu de loin, ça a l'air simple et relativement fluide. Mais quand on est rendu les pieds dans le cambouis et les mains sur les kimonos des adversaires, c'est une autre paire de manches. Boutade. Je me rends compte que je suis absolument incapable de coordonner mes jambes et mes bras de façon réfléchie. En fait je suis incapable d'effectuer correctement une gestuelle si je dois réfléchir pour l'exécuter. En fait je marche beaucoup à l'instinct. Or doncques, il s'agit là précisément d'enchaîner des prises plus ou moins complexes en gardant à l'esprit quelques techniques de base comme, les déplacements, les chutes, les saisies. Alors forcément, je devais avoir l'air d'une grosse patate qui tombe comme une brique, avec l'élégance d'un hippopotame qui jongle entre les pas de danse et les moulinets de pêcheur, afin d'arriver à faire quelque chose. En plus je me suis fait plein de bleus partout et j'aurai probablement des courbatures demain matin. Enfin, si au moins ça les fait rire. Donc je ne sais pas encore si ça me plait, c'est un peu trop élaboré pour moi je pense. J'ai quand même le droit à un second cours d'essai avant de me prononcer, alors la suite des aventures la semaine prochaine...

jeudi 27 juillet 2006

Des éternités d'attente...

Alors que les vacances se profilent enfin, puisque c'est samedi soir que nous battons le pavé, plein sud direction l'Italie ; alors dis-je que la perspective de deux semaines loin de tout avec la fille que j'aime semble enfin à portée de main, j'en arrive pourtant à oublier de compter les heures qui m'éloignent encore du départ.

C'est que le temps qu'il me reste, je le passe inévitablement à stresser, et de plus en plus. Les choses ne sont pas forcément pires qu'auparavant, j'essaie même de m'organiser afin de mieux moins péniblement gérer le gouffre sans cesse plus profond de mes tâches quotidiennes. J'ai découvert le Getting Things Done. Ou plus précisément, j'ai appris que cette manie que j'avais d'écrire noir sur blanc tout ce qui me passait par la tête, afin de libérer mon esprit, ça avait un nom, ça faisait partie d'une méthode de travail. Ça a un petit côté jouissif que de pouvoir, à la fin de la journée, déchirer méticuleusement la cohorte de post-its accumulés sur son bureau, un sentiment du devoir accompli.

Et pourtant. La todo-list ne semble pas toujours vouloir se vider. Pire, j'ai l'impression que ma vie privée s'est elle aussi organisée autours de ses propres petits mémos, qui me fixent à chaque instant de nouveaux objectifs à atteindre, des tâches à accomplir et dont la seule crainte de non-résolution suffit à m'effrayer. C'est terrible, malheureusement je crois que je n'arriverai plus à vivre sans.

Mais oublions. Car j'ai une grande nouvelle à vous annoncer. Je ne me souviens pas avoir mentionné le fait que, il y a quelque temps déjà j'avais décidé de franchir le pas et d'enfin abandonner mon père – car c'est comme ça malgré tout que je vis ce futur départ de la maison familiale, c'est comme ça que tous nous le vivons je pense. Finalement ça n'a pas été aussi difficile que j'aurais pu le croire ; en grande partie grâce au soutien de gens qui ont su me convaincre que c'était la meilleure solution, plutôt que de laisser le quotidien nous ulcérer insidieusement jusqu'à ce que je n'arrive plus qu'à le détester. Je culpabilise, j'ai un peu peur de ce qui peut arriver une fois que je serai parti, comme il devra s'habituer à vivre seul. Dieu merci, la rupture sera progressive.

Depuis un mois maintenant je vogue un soir sur deux dehors, là je serai hors de sa vue pour au moins trois semaines, puis finalement c'est mi-septembre que je lèverai définitivement les voiles. Car j'ai déjà trouvé un appartement – un grand deux pièces pas trop loin du centre-ville, avec une petite terrasse donnant sur un jardin commun. Signe du destin, le locataire précédant ne peut libérer les lieux avant deux mois.

Voilà donc qui nous laissera à tous le temps de digérer et de voir venir. Voilà donc qui nous donne des raisons de se réjouir malgré tout, même si tout ça semble encore un peu trop loin.

dimanche 29 janvier 2006

C'est joli tout ça mais...

Je suis sur le point de retirer tout ce que j'ai pu dire hier sur la neige. Non je rigole. En tout cas je promets de ne plus jamais pester contre les petits papys et les petites mamies qui roulent à 50 sur l'autoroute dès la moindre petite averse. Je promets de ne plus pester contre les petits vieux qui restent tant qu'ils peuvent sur leur première dès qu'il y a un peu de verglas. Car oui j'ai eu le bonheur d'étrenner ma polo toute neuve, hier après-midi, dans les conditions que l'on sait. Curieusement les premiers mètres en sortant de chez moi, sur la neige toute fraîche, ont sans doute été les plus faciles à conduire. Mais à partir du moment où le flot continu des voitures du samedi après-midi se sont mises de concert à transformer toute cette belle neige en une bouillie grisâtre et peu ragoûtante, je dois avouer c'est devenu un vrai cauchemar. Entre mon moteur tellement inaudible (fallait entendre mon vieux diesel) que je ne me rends plus compte quand je suis sur le point de caler et la peur systématique de voir quelqu'un me rentrer dedans, j'ai vécu un de ces moments de grande pression nerveuse comme il m'arrive de plus en plus souvent. Le pire je crois, c'est quand j'ai essayé de feinter pour dépasser un bouchon qui avait l'air de s'éterniser. Je me suis engagé dans une petite rue, peu fréquentée, bien enneigée et qui montait une côte quasiment à pic. Note pour plus tard : dans ces moments là, continuer sur sa lancée et essayer de ne jamais s'arrêter. Même si un petit morveux déboule à toute allure sur sa luge d'un jardin riverain. Parce qu'évidemment redémarrer dans ces conditions relève de l'impossible. Trois bons coups d'accélérateur plus tard, comme je patine dans le vide et que je me dirige dangereusement vers le trottoir, je finis par serrer le frein à main, par mettre les warnings et enlever mes mains du volant. Pas besoin de rajouter que je suis intellectuellement complètement épuisé ; l'intérieur de mon crane baigne, comme mes roues, dans un liquide épais et visqueux. Evidemment je bloque la rue mais, derrière, heureusement, personne ne klaxonne. Une âme serviable (les gens sont sympa vous ne trouvez pas ?) viendra même me conseiller de repartir mais en seconde. Écoutant mon bon samaritain, j'essaie de me ressaisir et zigzague tant bien que mal jusqu'à atteindre, trois stations et dix bonnes minutes après, le haut de mon calvaire. J'ai vraiment cru que je n'y arriverais pas. J'ai vraiment cru que j'allais ruiner lamentablement mes quinze mille euros sur roulettes dans un poteau ou dans une autre voiture. En tout cas me voilà vacciné (ou traumatisé) à vie. Trophée Andros, très peu pour moi.

jeudi 19 janvier 2006

Still there

C'est vrai, j'écris un peu moins. Un peu par manque de temps, un peu par manque d'envie aussi. Je pourrais au minimum poster quelques photos prises par-ci par-là, mais à vrai dire je n'ai eu que peu d'occasions d'étrenner mon 50mm depuis que je l'ai acheté. Et puis pour tout vous avouer, je vous fais également quelques petites infidélités, comme j'ai trouvé d'autres oreilles attentives à qui confier mes petits tracas quotidiens. Du coup je ressens moins le besion de me confesser ici. Mais bref, c'est pas pour autant que je vais arrêter pour le moment.

Entre autres considérations bassement matérielles que je me dois sans doute de vous signaler, je vais sous peu devoir changer de voiture. Ma très chère polo a l'électronique qui fait des siennes et commence ainsi à accuser le poids de sa dizaine d'années. C'est bizarre comme j'ai l'impression que les voitures récentes sont beaucoup plus fragiles que les modèles increvables d'antan. De toutes façons plus ça va, plus je me dis que dès qu'on y met de l'informatique, tout ne peut tourner qu'à l'eau de boudin. D'ici la semaine prochaine je serai donc l'heureux propriétaire d'une... autre polo : on ne change pas une équipe qui gagne. Au départ je lorgnais vers les C4 et autres Mini Cooper, mais mon porte-monnaie m'a vite rappelé à l'ordre. Et comme il est bon client, le concessionnaire a fait une offre intéressante à mon père pour un véhicule d'expo, un peu tristounet, un peu austère, mais qui fera bien l'affaire.

lundi 19 décembre 2005

Les petits drames de la vie

Quoi de neuf dans la visqueuse bouillie de non-évènements qui constituent ma vie, me demanderez-vous ? Rien de bien affriolant je dois bien l'avouer. Vendredi soir sur invitation de Kévin, dont c'est devenu le hobby favori pour occuper ses longues soirées d'hiver, je me suis rendu au Tower, un bar à vocation dansante juste en face du Vieux Quimper. Ce qui vous conduira probablement à penser que 1) il n'y a qu'une seule rue digne d'intérêt à Nantes et 2) je dois vraiment être désespéré pour en arriver à de telles extrémités. Dans les deux cas, je n'essaierai pas de vous contredire. Me voilà, donc, psychologiquement préparé à passer un moment de qualité dans une étuve dont la moiteur n'a sans doute rien à envier aux meilleurs hammams et dont l'environnement sonore vous ferait presque regretter de ne pas être sourd. Hélas, hélas, trois fois hélas, alors que je me présente à l'entrée, tenue correcte exigée, pas de lunettes par peur de les casser, rien dans les poches par peur de me faire dévaliser – alors que je me présente, donc, face à l'imposante physionomie du videur, son regard ferme et menaçant me dissuade d'essayer d'insister quand il me refoule d'un toujours agréable :Désolé monsieur, si vous n'êtes pas accompagné, ça ne va pas être possible ce soir. Et les grognements du pit-bull de son collègue Sécu ne vont pas pour me rassurer non plus. Je commence à penser que je suis victime d'une conspiration généralisée, Kévin (qui est également venu tout seul) est à l'intérieur depuis un quart d'heure, Stéphane non plus n'aura aucun mal à rentrer. Par SMS le tombeur de ces dames me sort en rigolant qu'il a discuté avec le patron, que ce serait à cause de la longueur de mes cheveux.

Je file droit vers ma voiture en rasant les murs. Sur le chemin du retour, à la hauteur du Pont du Cens, je croise en sens inverse une vieille Volkswagen bleue qui est gentiment allé s'empaler à l'arrière d'une Audi. Il y a du verre partout, je passe au ralenti. À ma gauche je vois deux jeunes debout, stoïques, comme sonnés, au milieu de la route, les yeux rivés sur le bloc moteur de la Polo dont il ne reste pas grand chose. À ma droite je vois un groupe, compact, dont une jeune fille s'extirpe en courant, en hurlant, elle veut revenir vers les carcasses inertes des véhicules mais un garçon l'attrape dans ses bras au vol et l'empêche d'aller plus loin. J'ai l'impression qu'il lui dit non, n'y vas pas, c'est trop tard. Deux cents mètres plus loin, je vois passer deux camionnettes des pompiers qui déboulent tous feux dehors. Je crois comprendre.

mercredi 16 novembre 2005

Boulet time

Je suis une merde. Parce que j'ai passé la soirée avec elle et quelques collègues et que j'ai dû lui adresser la parole en tout et pour tout environ trois fois. Le reste du temps se résumant au néant le plus intégral. Soirée d'impro au Live, seconde édition, cette fois Mathieu a joué ; les matchs étaient assez drôles et rythmés dans l'ensemble, de temps en temps à la limite du bon goût, mais on va éviter de relever. De toutes façons, je suis une merde. Avec cette incapacité à faire quoique ce soit d'autre que de lui sourire bêtement quand nos regards se croisent, des fois je me demande si j'ai vraiment les moyens de mes ambitions. Ce qui est marrant c'est qu'au moment où j'ai essayé de le convaincre de venir avec nous, Paco m'a prié au second degré d'arrêter d'en profiter pour la draguer. Sans commentaires. Quelques verres et quelques silences après la fin de la séance et devant l'aboulie généralisée, chacun finit par rentrer gentiment chez soi. Je lui dis au revoir, je la regarde repartir à pied, rien à rajouter. À part que je suis une merde. Sur le chemin du retour, passablement énervé par mon état, je conduis n'importe comment ; enfin comme d'habitude, sauf que je suis ailleurs, définitivement. À un point que je finis par rentrer dans un trottoir, tout seul comme un grand, à la sortie d'un rond-point. Je ruine complètement mon pneu avant gauche, qui commence au bout de quelques mètres par dégager une douce odeur de métal brûlé ; la direction, elle, tourne dans le vide et le moteur patine sans jamais accrocher. Je me gare, j'essaie en changeant la roue – dix minutes dans le cambouis sous un crachin insistant. Rien à faire, la direction est morte. J'arrive tout juste à me traîner jusqu'au garage le plus proche et je finis par appeler mon père. Je vous laisse imaginer la scène. Une belle soirée de n'importe quoi, ça fait bien plaisir.

dimanche 30 octobre 2005

Le saut de l'ange

Chacun parade un peu, chacun fait un peu le mariole... Peut-être pour se déstresser, peut-être pour se convaincre que ce n'est rien. Et c'est vrai que ça n'a l'air de rien, quand on regarde les sauts se succéder, à la chaîne, toutes les cinq minutes. Viaduc de Coquilleau, cinquante-deux mètres au-dessus du vide. Chacun saute un peu à sa manière, certains hurlent, certains sont aphones ; certains font de grands moulinets dans les airs, d'autres restent rigides comme des planches à pain. En fin de compte c'est le nombre qui rassure, on pèse, on attache, on leste, on harnache à tour de bras, les amateurs de sensations se jettent par dizaines et à chaque fois, pas de surprise, pas d'élastique qui cède, pas de mouvement de balancier malencontreux. Avant que ce ne soit ton tour tu as largement le temps de regarder le visage des autres, quand malgré tout la crainte s'y manifeste par grimaces et tremblements ou quand au contraire la fierté y reste intacte et la prise de risque presque banalisée. Laurent monte sur la première marche, on l'accroche aux mousquetons, on le guide jusqu'à la plate-forme et puis tout se passe très vite, je n'ai même pas compris comment. On le redescend, je ne sais pas s'il y a eu un problème, finalement il hoche la tête simplement : il ne sautera pas. Pas de brimades, pas d'encouragements, face à ses propres craintes on se retient sans doute de discuter sa décision. Alors vient mon tour. On m'appelle par mon prénom, on me sangle, on m'explique, me placer sur les marques bleues, fixer l'horizon, donner une bonne impulsion, ne pas juste tomber – et puis la vidéo du saut est visible en bas, le diplôme est remis en haut, on en est déjà aux après. Alors je saute. Malgré la cinquantaine de gens que j'ai vus sauter, malgré les tentatives de rationalisation, se dire qu'on est attaché, se dire qu'on ne risque rien, ça n'a pas beaucoup d'effet : je n'ai pas le vertige non, mais en chute libre les yeux fixés sur le fond de la vallée on ne voit que l'image de sa mort. Si un jour je dois tomber dans le vide alors c'est comme ça que ça se passera, ce seront ces sensations que j'aurai. Je hurle à m'en crever les poumons. C'est un hurlement horrible presque animal, c'est là que je me rends compte que j'ai vraiment peur. Mais c'est trop tard et déjà, rien que le temps de m'en apercevoir, je suis rappelé à la vie par la tension de l'élastique. Je remonte, inexorablement, et les mouvements de va-et-vient qui amortissent la chute sont insupportables. Peu à peu je m'immobilise. En bas on me saisit comme on saisirait un jambon dans une charcuterie. On me décroche, voilà c'est fait. Je retourne voir les autres pour partager mes impressions, évidemment je fais le malin devant le caméscope.

mercredi 19 octobre 2005

Atmosphères

Journée de reprise assez quelconque ; rien n'a vraiment changé ici, le boulot est toujours aussi ennuyant, les gens sont toujours aussi gentils – à leur façon. Toute la journée j'ai eu le droit aux louanges de Yoann (entre autres) pour mes photos, celles du voyage et les plus anciennes qu'ils n'avaient jamais vues. Il faut dire que plusieurs d'entre eux taquinent aussi l'objectif de temps à autre et donc leurs compliments ont fait que je n'ai rapidement plus su où me mettre – même si ça fait toujours plaisir. L'après-midi s'est terminée par un pot d'arrivée auquel je n'ai pas vraiment participé – ce qui me connaissant est à la limite de la gageure. Après le deux ou troisième verre, Charles m'interpelle et me propose d'aller assister à la soirée d'improvisation de la Troupe du Malin, à laquelle Mathieu les avait conviés pendant les vacances. Je réfléchis deux minutes, avec le peu de volonté qui généralement me caractérise dans cet état qu'on qualifiera de légèrement second, finalement j'accepte de le suivre. Une chose est sûre, je n'ai pas eu à le regretter – même si Mathieu ne jouait pas et si ça manquait donc un peu de ce second degré qu'il manie si bien. Il faut bien avouer, les premières improvisations étaient assez quelconques, parfois limite hors sujet ou à la limite des contraintes (même si je ne suis pas expert) – juste de temps en temps émaillées par quelques traits de génie qui devaient enflammer la salle du Live Bar, pleine comme un oeuf, enfumée comme un hammam et accessoirement conséquemment garnie en jolies filles (même si je ne suis pas expert, bis) Je vous rassure mon impression générale est vite remontée ; et puis vers la fin, je ne sais pas, il s'est passé quelque chose. Vraiment. La soirée devait se terminer par une longue improvisation mixte d'environ vingt minutes, qu'ils ont donc joué sur un ton aigre-doux, limite tragi-comique, qui respirait quelque chose de vrai et de poignant, en même temps drôle et émouvant, je ne sais pas si c'était vraiment contrôlé, je ne sais pas s'ils se sont juste contentés de suivre la musique... Il y a eu quelques apartés un peu surréalistes et même les quelques silences hésitants ne faisaient que souligner d'autant plus le pathétique dont ils voulaient imprégner la scène. C'était juste... infiniment impressionnant.

lundi 26 septembre 2005

0-1, la balle au centre

Je suis effectivement sorti avec Laurent, mais c'était plus suite à un concours de circonstances relativement inopiné – comme souvent avec les concours de circonstances, me direz-vous. Et ça a été horrible. Enfin, horrible le mot est un peu fort ; disons que ça s'est résumé en une soirée entre collègues très convenue, avec deux ou trois embryons de phrases échangés de temps à autre, une gène évidente de ne pas arriver à meubler le temps qui passe et en ce qui me concerne une envie grandissante que ça se termine le plus vite possible. Les circonstances en question consistaient dans la conjonction subtile de deux places pour le match Nantes-Lyon offertes par une société partenaire, de l'impossibilité pour les commerciaux de profiter de ces places comme c'est le cas habituellement et d'un jeu des deux plus rapides à répondre à leurs mails gagnent les tickets. Car c'est bien connu, je n'ai rien d'autre à faire de mes journées au travail, que de vérifier le contenu de mon Inbox et de répondre moi, moi, moi à la moindre sollicitation. Et nous voilà donc avec Laurent chanceux détenteurs de deux billets en tribune présidentielle, avec cocktail et dîner offerts. Pas très intelligemment je dois avouer, je lui ai donné rendez-vous devant le stade au plus tôt possible, sans vraiment me rendre compte de l'incompressible laps de temps qu'il faudrait combler entre le début du cocktail et le début du match. En fait je crois que Laurent est comme moi, pour peu qu'on se donne la peine d'embrayer la conversation comme il faut, on doit pouvoir se rendre compte que c'est un gars assez intéressant avec une tête bien pleine. Sauf qu'évidemment si vous me mettez moi en face de moi, je n'ai forcément pas le bagout pour me faire dire ce que j'ai envie de dire, alors j'embraye dans le vide et inévitablement je cale. Au final ça se solde par beaucoup de blancs et l'impression assez mitigée d'un moment pas désagréable mais relativement poussif. En plus, le match en lui-même était infiniment crispant, Nantes n'a pas arrêté de rater les plus belles occasions, incapacité maladive à conclure au moment fatidique ; trop attentistes, ils se sont fait doubler par surprise entre deux tentatives d'approche minables, une fois menés au score ça en était fini pour eux. Tiens ça me rappelle quelqu'un. À un moment, il m'achève avec un Aude [et son H] m'a bien fait marrer, elle m'a dit que tu lui avais posé des questions pour savoir si on sortait souvent ensemble, s'il y avait des couples de formés. Sueurs froides, je ne sais plus vraiment où me mettre. Au lieu de chercher à lui tirer les vers du nez, j'élude d'un rire nerveux et d'un regard planté dans le vide.

samedi 24 septembre 2005

Empressement

Et puis d'un coup Guillaume dit à tout le monde, on se casse dans dix minutes, ça vous va ? J'avais un peu cogité dans l'après-midi, avec un peu de chance je pouvais peut-être me débrouiller pour aller ce soir voir Me You and Everyone we know ; et puis je m'étais peu à peu résigné, un samedi à huit heures il y aura plein de monde, ce sera probablement bruyant et désagréable. Et surtout je n'ai pas le courage de faire la queue tout seul. Au moment où notre chef nous harangue, je regarde la montre, il est six heures moins cinq. Se décider, vite. Si je sors maintenant, je peux peut-être arriver pour la séance de dix-huit heures, plus tranquille, plus intimiste. Certes, le cinéma est de l'autre côté de la ville, mais en comptant sur les pubs et les bandes annonces, je peux arriver à temps ; en doublant par la droite sur le périph et en me garant à l'arrache ; profil bas et en faisant semblant de ne pas avoir vu une collègue dans le hall du cinéma. Six heures vingt, je m'assieds in-extremis en plein milieu de la salle, le film n'a pas encore commencé. Soulagement, ou si peu. Les images commencent à défiler, une fresque amusante, des bouts de vie entremêlés de... mince, j'ai comme une envie pressente d'aller aux toilettes. Quelques dialogues touchants et des scènes qui relèvent souvent plus de la performance que du cinéma... mon dieu j'ai l'impression que ma vessie va éclater. Et surtout le génie absolu et pourtant si naturel dans le jeu de ce gamin de six ans qui... Vers les trois quarts d'une projection que je n'aurai suivie que par intermittence, je sors en courant de la salle et me rue sur le premier urinoir venu. Soulagement, ou si peu. Quel gâchis, cinq euros fichus en l'air, j'ai honte. Miranda July toutes mes plus plates excuses pour ce manque absolu de respect, je promets d'y retourner aussi vite qu'humainement possible.

Empressement

mardi 20 septembre 2005

Moue Inexpressive

Non bon en fait ça va pas du tout. Ce matin quand je suis arrivé elle était en réunion, ça m'a évité le face à face direct. Et si comme d'habitude j'essaie de sauver les apparences, je ne dois en fin de compte pas tromper grand monde. Yoann fait semblant de s'inquiéter de la tronche d'un kilomètre de long que je tire, mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est purement par intérêt. Le truc marrant c'est que, comme depuis quelques jours je ne vais plus déjeuner avec eux le midi, parce que je trouve de plus en plus la bouffe de la cantine objectivement infecte, ils ont plus ou moins émis l'hypothèse que c'était parce que j'allais retrouver quelqu'un. Je souris jaune. La question que vous êtes en droit de vous poser c'est, pourquoi est-ce que je semble en faire une si grosse montagne alors qu'il y a à peu près une semaine c'est tout juste si je me demandais si tout ça rimait à quelque chose. Et là je vous adresserai ce regard vide et abattu que j'ai appris à composer avec affliction, encore assombri par les horaires de travail démentiels qu'on nous impose, et je vous répondrai avec le pire des cynismes : c'est plus facile d'adopter la position de celui qui se fait plaindre, j'en suis presque soulagé parce que je n'ai plus rien d'autre à faire qu'à m'apitoyer sur mon sort, plus d'initiatives à prendre, plus de risques à courir ; après tout l'échec est la plus confortable des excuses à l'inaction.

dimanche 18 septembre 2005

Billet Fourre Tout

Je serai à nouveau en vacances a la fin du mois, cette fois pour un peu plus longtemps. La convention collective nous impose un congé principal d'au moins deux semaines, j'en ai posé trois. Sur le principe je refuse de rester ici, si c'est pour avoir mon père sur le dos toute la journée, incapable d'apprécier le seul fait d'avoir du temps libre pour ne rien en faire – quand j'y pense, je n'ai même pas encore trouvé le temps de tourner une seule page d'Acide Sulfurique. J'avais imaginé faire un tour dans les Cyclades, j'ai même trouvé une demi-pension sur Santorin avec vol direct depuis Nantes, mais comme par hasard le dernier départ décollait le vingt-six alors que je ne suis libre qu'à partir du vingt-huit. De toutes façons avec la veine que j'ai la météo aurait été abominable, partir hors saison n'a pas que des avantages. Et puis la mairie ne m'a toujours pas délivré mon nouveau passeport et j'attends du matériel photo qui ne semble pas vouloir arriver. Génial.

L'autre truc qui m'a turlupine c'est que dans un moment de faiblesse j'ai plus ou moins laissé croire à Yoann – vous savez le mec le plus beau du monde, à qui personne ne peut rien refuser... – je lui ai donc laissé croire que j'essaierai de monter une fraude à l'assurance grossière afin de lui revendre mon téléphone pour pas cher et d'en récupérer un neuf. Sauf qu'en fin de compte tout ça m'emmerde plus qu'autre chose, il y a plein de papiers à faire, ma ligne sera sans doute suspendue un moment... Alors je sais que je ferais mieux de couper court, le plus tôt sera le mieux, parce que là je suis en train d'imaginer des échappatoires du genre j'en rachète vraiment un nouveau et je lui fais croire que c'est l'assurance qui me l'a remboursé.

Parce que je me vois mal aller mentalement jusqu'au bout de ce genre de combines. Je me dégonflerai, je suis un mec tout ce qu'il y a de plus honnête. Même si l'autre jour j'ai volé par inadvertance un compact disque à Leclerc ; mais c'était vraiment pas ma faute, sans m'en rendre compte j'en avais pris deux exemplaires, un que je montrais avec un sourire à la caissière, l'autre que je le tenais avec une pile de dossiers sous mon bras ; ça n'a pas sonné en sortant, je ne m'en suis rendu compte que sur le parking.

lundi 12 septembre 2005

Une bougie

Les anniversaires, comme les fins d'année du reste, deviennent de plus en plus des non-évènements. Celui là un peu plus que les autres, parce que j'ai vingt-cinq ans depuis un jour et des poussières, parce que ça devrait porter une quelconque symbolique alors qu'en fin de compte ça n'a juste été qu'un jour de/en plus. Bien sûr matériellement on a voulu me faire plaisir, quant au reste... Et si j'assume ma part de responsabilités, une petite déprime surnage malgré tout. Je ne sais pas si ça a un lien de cause à effet, c'est peut-être juste de la fatigue. En exagérant à peine, elle (la déprime) pourrait presque me faire dire que ce sont ces vingt-cinq premières années qui ont été un non-évènement. Mais bon. Bien sûr j'avais prévu d'offrir un pot à mes chers collègues, qui se serait terminé tranquillement à la maison, histoire de marquer un peu le coup. Mais là d'un coup j'ai la motivation en berne. Je n'avais pas spécialement de plan préétabli, juste de vagues idées et quelques détails un peu moins flous. Beaucoup moins flous en fait. L'autre jour j'en étais à calculer la date de non-retour à ne pas dépasser si je voulais effectivement avoir trois gamins. Trois c'est bien comme chiffre, plus évidemment ce serait mieux. De temps en temps j'en suis même à divaguer sur le fait que l'adoption soit ouverte aux célibataires, mais ça fait un peu je vais au supermarché m'acheter un animal de compagnie. Je ne sais pas trop quoi penser. Je me dis qu'à une autre époque j'aurais pu être considéré comme un assez bon parti, je suis raisonnable et organisé, je suis en bonne santé, je gagne bien ma vie. Mon côté amibe névropathe aurait moins pris le dessus. Je me dis aussi que si j'avais été une fille je n'aurais pas eu à passer par cette maudite case relationnelle pour atteindre mon objectif... Mouais... Bon je crois que cette conversation stérile et totalement incompréhensible ne mène nulle part. Je ferais mieux d'aller me coucher.

lundi 29 août 2005

Jazz et Bière

Samedi soir nous sommes retournés aux Rendez-Vous de l'Erdre – même si ça me fait tout drôle de constater que ce billet date déjà d'un an. L'ambiance était bonne malgré l'impression d'être un peu arrivés après la guerre : des scènes avaient été désertées, des buvettes qui pliaient bagage, des spectateurs visiblement sur le chemin du retour. Il devait être dix heures et demie. À relever dans le lot une sorte d'allumé multi-instrumentiste qui s'amusait avec un sampler à s'enregistrer pour créer un morceau étage par étage (percussions, puis lignes de basse et enfin chant) – et un trio orgue-accordéon-clarinette, trois jeunots qui donnaient dans le jazz expérimental. Le seul problème c'est que, comme à la fête de la musique, il faut composer avec les goûts de chacun et on n'est pas forcément resté aux bons endroits aux bons moments, enfin à mon avis.

vendredi 19 août 2005

Escapade

Je dois partir demain midi pour Châlons-sur-Saône, Georges nous a invités à y passer le week-end. Oui, comme vous dites, c'est un peu à perpète les oies. Ça fait une centaine d'euros de billets de train, juste pour aller se perdre dans la campagne bourguignonne. Heureusement le trajet est raisonnable – trois heures de TGV jusqu'au Creusot, une de ces gares plantées au milieu des champs histoire de desservir les villes à 100km à la ronde, plus une heure en voiture. Et la bouffe promet d'être bonne. En plus si on considère ça comme une coupure de plus pour m'éloigner du travail, on comprendra ma relative impatience.

lundi 15 août 2005

En vrac, un peu

Juste avant de partir en vacances en Finlande, ma soeur est passée rapidement nous voir pour le week-end. Puisqu'il faut bien trouver des mots pour le décrire, je dirais que son état oscillait entre un air de rien et une vieille chanson mélancolique des années cinquante. Par moment je sentais qu'elle avait du mal à se retenir de rire, je n'ai probablement pas grand chose d'intéressant à apporter aux gens en général, mais ça au moins j'y arrive – enfin, quand ça marche. D'autres fois je voyais son regard perdu dans des pensées que j'imagine assez grises. À vrai dire je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elle me faisait un peu la gueule, mais bon. Samedi, mon père travaillait, on est restés seuls tous les deux, on est sortis faire quelques courses, on est allés manger au mac do, des choses simples. On a fait un peu de musique aussi, elle considérait July avec envie, heureusement qu'on a ça, la musique je veux dire, elle semblait presque joyeuse, à rejouer cette balade usée de Metallica dont on extirpait un à un les accords du fond de notre mémoire. Vous trouvez pas que c'est chiant quand je fais ça ? Cette espèce de déviance vers une sorte de lyrisme risiblement exagéré, qui se termine généralement dans une bouillie incompréhensible ? C'est même pas du second degré, ça me vient presque tout seul et j'ai vraiment l'impression que c'est bien écrit. Bref, comme dirait Pépin. Dimanche on est allés manger aux 3 brasseurs, une mauvaise chaîne de restaurants qui servent des plats alsaciens traditionnels au goût de supermarché et une bière brassée sur place qui tient assez bien la comparaison avec les meilleures bières de chantier. Puis on est allés à La Bernerie, et comme sur le remblai un vent à décorner les boeufs n'avait de cesse de nous jeter des bourrasques de sable plein la figure, je parvins un instant à m'imaginer ce qu'a pu penser, ses yeux picotants fixés vers l'immensité glaciale du désert, Laurence d'Arabie quand il prononça son fameux : Putain de merde, pourquoi j'ai pas laissé le premier rôle à Omar Shariff ?

samedi 16 juillet 2005

De choses et d'autres

Juste avant de sortir, je me prépare généralement un petit plan de bataille, quelque chose d'assez concis ; trois ou quatre courses à faire, aller à l'espace culturel chez Leclerc, faire vérifier la pression des pneus, passer prendre un menu chez macdo ; pas plus parce que je ne raffole pas tant que ça d'être dehors, pas moins parce que ça me donnerait l'impression de faire un effort pour rien. Je prévois également de partir de préférence à une heure ronde, dix huit heures comme ça je serai revenu pour vingt, pas vraiment par superstition, plus pour me fixer des bornes, plus pour me faciliter les calculs. À et quart je suis au centre commercial, une petite heure à vérifier le prix des manettes Gamecube et peut-être m'acheter un petit disque, une demi-heure pour les pneus, je prévois large parce que je ne l'ai jamais fait, le reste pour le repas et puis rentrer -- les fast food ont au moins ce mérite. Ils ont proposé de m'augmenter. De treize pour cent. Ce qui m'amènera à un peu moins de deux mille deux cent euros par mois. J'ai accepté, c'est moins que j'espérais, c'est moins que le salaire moyen de ma branche, mais après tout ça n'est pas si mal. Je repense au travail accompli, je regarde autour de moi ; non comparativement ça n'est pas si mal. Je pourrai m'acheter ma moto, je pourrai partir en vacances en octobre, partir loin, partir longtemps, partir seul. Rien de bien compliqué, rien de bien excitant non plus.

jeudi 14 juillet 2005

La belle rouge

Un feu d'artifice que je qualifierai de modeste avait été organisé au bourg. Un instant j'ai pensé prendre mon appareil pour tenter quelques clichés, puis j'ai réfléchi deux secondes et c'est avec une habituelle résignation que j'ai vite abandonné l'idée. Trop d'organisation, trop tard pour se préparer, pour les expositions longues il aurait fallu que j'amène mon pied, pour boucler le tableau la foule aurait fatalement amenée avec elle son lot d'imbéciles et de sans gêne. La suite devait d'ailleurs me donner assez prévisiblement raison. Sans compter à cause de l'endroit où j'étais l'obligation que j'aurais eu d'avoir à recadrer rapidement, sans doute vite ingérable a cause du trépied. Ce qui avec la légère tendance du spectacle à partir dans tous les sens sur fond musical de générique d'Ushuaïa, aurait probablement fini par m'énerver. Alors j'y suis plutôt allé les mains dans les poches, juste pour profiter des nouveautés pyrotechniques 2005. J'imagine l'intitulé tape-à-l'oeil en une d'un magazine spécialisé avec, en dossier central, le point sur les dernières fusées à têtes multiples à explosion retardée, qui sifflottent la marseillaise en s'envolant dans le ciel mi-sombre d'une lourde soirée de juillet. Ou pas.

dimanche 29 mai 2005

Jour de référendum

C'est avec une certaine déception que j'apprenais, il y a quelques semaines, la mise en place par notre très chère mairie, d'appareils à voter électroniques pour le scrutin de ce dimanche. Il faut dire qu'avec tout ce qu'on a pu lire à ce sujet ma bonne dame, quand je vois ce que je vois et que j'entends ce que j'entends, j'ai bien raison de penser ce que je pense. Et c'est donc en serpentant ainsi sagement parmi le corps électoral des grands jours, celui qui vous rappelle avec une joie difficilement contenable à quel point la vision plébiscitaire de la démocratie telle qu'inspirée par De Gaulle, est au fond celle qui motive le plus les masses infantilisées – que les arguments contre la mystérieuse machine me revenaient un par un : impossibilité de recompter les voix, système logiciel bien moins transparent que nos bonnes vieilles urnes. Et, sur fond de bips monocordes émis par la chose monolithique, je constatai également avec plus ou moins d'inquiétude que la grisâtre boîte à doléances n'était reliée au réseau électrique que par un câble des plus anodins. Tout de suite me vinrent à l'esprit d'effroyables images de matériel informatique détérioré par les microcoupures ou les surtensions accidentelles – quelques vérifications sur le site de ministère de l'intérieur durent me rassurer par la suite. Nicolas et Dominique avaient paré au pire, allant même jusqu'à prévoir, comme pour les bougies normalement obligatoires dans chaque bureau et qui doivent permettre au suffrage de se poursuivre même en cas de coupure de courant, un système d'alimentation alternatif et autonome pour nourrir l'étrange engin. Non ce qui m'embêtait alors le plus c'était le relatif manque de confidentialité du scrutin. Comme je l'ai dit auparavant les électeurs impatients attendaient en rangs plus ou moins ordonnés, ce qui en l'absence d'isoloir parfaitement clos ne garantissait en fait que peu de confidentialité – et ce n'est pas le grand auvent recouvrant imparfaitement la façade clinquante et boursouflée de la bête qui empêchait à quiconque de voir si le bras d'untel se dirigeait plus vers le bouton oui, à gauche, ou le bouton non, à droite. Sans ajouter au fait que, au vu de la foule, chacun avait l'obligeance d'exprimer son opinion au pas de charge, empêchant les indécis de prolonger leur réflexion dans la solitude feutrée que proposaient autrefois ces rideaux verts et moutonneux. Enfin ne mentionnons pas, par discrétion envers elles, la néanmoins difficile appréhension par les plus âgées de nos concitoyennes, du fonctionnement somme toute sibyllin du monstre d'acier. Car sous le regard attendri des crayonnages d'enfants – dans la salle de classe convertie pour l'occasion bureau de vote – rares n'étaient pas celles qui confuses par l'étendue de l'alternative, se seraient senties défaillir face à l'ogre démocratique, froid et impitoyable, sans l'aide gênée de l'assesseur et sans une petite entorse au code électoral, afin de leur permettre de poser leurs phalanges ridées là où le peu de bon sens qui leur restait les incitait. Mais ne soyons pas si mauvaises langues, reconnaissons que le dispositif diabolique avait été présenté au public plusieurs jours auparavant, au cours d'une réunion plénière où chacun pouvait faire part de ses remarques. Et puis notons également qu'à l'issue du suffrage les votants étaient librement appelés à donner leur avis sur ce nouveau mode de consultation, par ordinateur. L'avenir, donc, n'est peut-être pas complètement obscurci par les conséquences de ce premier choix.

vendredi 29 avril 2005

Passé les bornes il n'y a plus de limites

Hier soir, j'ai pu dire adieu aux derniers relents de crédibilité qu'il me restait dans l'estime de mes collègues. Encore une fois un pot, encore une fois ça a dégénéré. Guillaume, mon chef de projet, Vincent, Laurent et FX fêtaient leurs 4 ans de boîte. Ca a commencé par un apéro bien arrosé dans la cafète, où j'ai tenu le rôle du pilier de bar, constance et méthode, je buvais avec application, suivi d'une migration stratégique vers la terrasse le parking. Je n'étais déjà plus très frais. Le bon côté des choses c'est qu'évidemment je racontais n'importe quoi, mais au moins je racontais quelque chose. Vers neuf heures, Vincent a donné le signal, direction barbecue chez lui. En ville mais très excentré, rez-de-chaussée, côté jardin, son salon donne immédiatement sur un parc, ils sont bien installés. J'ai tapé dans un poteau en me garant, apparemment sans trop de dégâts, ce qui m'a encouragé à continuer sur ma lancée. Sans plus vraiment me rendre compte. Dommage d'ailleurs, je me suis dit en discutant (en braillant) avec Guillaume, qui me sortait des perles assez croustillantes sur son boulot, sur l'entreprise, sur la façon dont on a été recruté, dommage que je n'aie pas eu la lucidité nécessaire pour retenir le fond de son propos. En vérité je n'avais plus la lucidité nécessaire pour retenir quoi que ce soit. Et là les choses ont commencé à aller assez vite. Vers dix heures et demie je me lève de table pour aller me soulager la vessie, après c'est le black-out total. Je me souviens de violents moments de conscience aussi courts que vifs, je me revois très clairement en train de vomir, en train de tituber dans l'entrée, en train d'être pressé poliment vers la douche. Mais sinon rien. Ce matin je me réveille, nu, dans un sac de couchage sur le canapé. À ma main droite, un pansement de fortune et sur mon torse la marque d'un coup. Visiblement je me suis ramassé quelque part, mais personne n'a compris quand ni comment. On me prête des affaires pour repartir, je rentre rapidement histoire de constater les dégâts : mes vêtements sont dans un sac poubelle maculés de restes de saucisse et de vin rouge, je me suis ouvert l'index droit sur toute sa longueur et j'ai la conscience coupable d'avoir probablement emmerdé tout mon monde à faire autant l'imbécile. Le pire c'est que ce n'est pas la première fois, que je me pointe presque chez des inconnus et que je finis en tant que démonstration vivante de la loi de l'emmerdement maximal. Culpabilité. Avec une heure de retard je me pointe tant bien que mal au travail, où visiblement les rumeurs sont aussi allées vite... Rigolades compatissantes, j'assume avec humour. Rendu à mon poste, je scotche devant mon ordinateur toute la matinée, impossible de faire quoi que ce soit. J'ai fini par prendre une RTT pour l'après-midi ; là j'essaie de récupérer, tant bien que mal.

dimanche 20 mars 2005

Episode2

Le premier jour j'ai eu droit à une bonne petite heure de premiers gadins sur la piste, enfin plutôt sur le bout de pente réservé aux débutants, les autres se relayant dans une série de conseils pas forcément très clairs mais efficaces. Suivie d'une heure et demie de cours avec un moniteur complètement allumé, insupportablement paternaliste et doué de cet incontrôlable entrain caractéristique du litron de rouge au petit déjeuner. Dans l'ensemble, le ski c'est pas forcément difficile, il suffit de faire sauter le verrou psychologique lié à la vitesse et à la peur de la chute qui refroidit toute personne normalement constituée. Quand on tombe ça ne fait pas vraiment mal alors petit à petit on prend de l'assurance. Mais si au bout du compte c'est quand même crevant. Les premiers jours j'étais souvent tout seul, ce qui m'a permis de me faire tranquillement les genoux, après j'ai pu/dû m'amuser à suivre les autres dans leurs plans plus ou moins inspirés, me taper des dévers quasiment verticaux en freinant à fond et en avançant à la vitesse d'un escargot bulgare, sauf évidemment quand je me laissais plus ou moins partir de dépit, en général ça finissait le nez dans la poudreuse. Mais je suis revenu avec rien de cassé, c'est déjà pas si mal.

J'ai aussi profité de la bonne ambiance générale, les gens en vacances sont toujours plus aimables, pour me laisser aller à quelques velléités envers la gent féminine. Rien de franchement transcendant, rien de forcément inhabituel non plus par rapport à ce que je fais d'habitude. Je taquine, je rigole, je me laisse aller aux pires idioties dont mon second degré est capable et en général ça s'est arrêté là. J'essaie juste de pousser le concept au bout, en modèle j'avais Charles qui se débrouillait plutôt pas mal dans ce registre, mais lui il n'a vraiment honte de rien et visiblement plus c'est gros plus ça passe. Voilà. Finalement pas envie de développer plus. Après tout c'était juste un week-end comme tant d'autres, avec son lot de beuveries et de déconne. Enfin plus ou moins.

Ce qui est amusant à constater, c'est qu'il y a une semaine je dévalais les pistes et que là je reviens juste d'aller piquer ma première baignade de l'année. Mi-mars. Bon la mer était quand même glaciale, mais comme dirait Renaud, quand on y est, euh, elle est bonne... Premières vagues, premier bain de soleil, premiers yeux qui traînent avec plus ou moins de chance. Je suis parti avec ma frangine et deux de ses copines, qu'on avait déjà croisées hier soir au cinoche – Team America, World Police, une excellente parodie des Thunderbirds par les auteurs de South Park, à voir absolument. Je sais ce que j'ai pu dire sur le cloisonnement et sur les mélanges, finalement c'est très con comme idée. Ces filles sont super sympa, enfin l'une plus que l'autre, au moins aussi délirantes que ma petite soeur. On a eu le droit à une lecture très second degré du dernier Philippe Delerm, qui valait franchement le détour. C'est marrant à chaque fois que des gens font des efforts pour m'intégrer ça me touche et en même temps ça m'intrigue, a fortiori quand c'est des filles.

jeudi 17 mars 2005

Alors paraît-il...

Genre ça fait dix jours que je n'ai pas allumé mon ordinateur et bizarrement ça ne me manque pas trop. Accessoirement, bloguer ne me manque pas trop non plus ; à vrai dire j'ai tellement pris un rythme de vie merdique qu'en dehors du boulot i'a plus grand chose qui me fasse réagir. J'ai à côté de moi une pile de nouveaux cédés, Feist, Sinclair, Pizzicato Five, que j'ai à peine pris le temps d'écouter, voire que je n'ai même pas pris le temps de sortir de l'emballage et ça me désespère. Je pourrais également raconter mes premières vacances au ski, dire comment ça ne m'a pas reposé du tout, bien au contraire, parler de ma première piste noire au bout de 4 jours, que j'ai descendu sur la tête, sur les fesses, sur le dos, bref partout sauf sur des skis ; un séjour bien sympa évidemment bien trop court, avec ses gens charmants mais un peu trop communs, ses emmerdeurs de première et ses lamentables tentatives d'approche. À part ça, tout va bien, le travail me fait chier, mais j'ai envie de partir de chez mon père. Alors advienne que pourra, moi je repars en apnée pour quelques jours de plus.

Après-ski

lundi 07 mars 2005

Pauses

Et donc en ce moment je vis chacune de mes nuits comme un vrai soulagement, l'accalmie au creux de la tempête, c'est vraiment ça. Heureusement je n'ai aucun mal à m'endormir, c'est même presque si je ne tombe pas directement dans mon lit juste après dîner. Je travaille, je mange, je dors. Pour le coup le grand vide de ma vie ne fait qu'être encore plus présent, même si temporellement il occupe en fait moins de place. Parfois il y a ces grands moments de silence le midi à la cantine, quand je ne sais strictement pas quoi raconter aux pauvres moules qui me font face, et je dis ça sans condescendance, je suis moi-même une pauvre moule. Parfois il y a ce grand silence quand je cherche des yeux le sourire d'une collègue. Mais le désespoir n'a en fait pas vraiment le temps de s'introduire insidieusement dans ce qu'il me reste de pensées, de temps pour moi. A défaut je le remplis de ces petites choses qui ont un bon million de fois plus d'importance et sans quoi, je pense, je perdrais complètement la boule. Le matin, je m'enduis les oreilles des quelques mélodies que je choisis soigneusement le soir avant de me coucher et que je glisse dans mon radio-réveil, mon meilleur investissement de ces six derniers mois. Je me demande encore comment je ferais sans. Je repense à ces fois où le seul fait d'entendre trois notes virevolter dans mon autoradio suffisent à me rendre joyeux pour au moins l'heure qui suit. Je vis en partie pour la musique, ça faisait trop longtemps que je ne l'avais pas fait remarquer, dans la médiocre banalité de mes déblatérations quotidiennes.

mercredi 23 février 2005

Quelques nouvelles

Oui, ça faisait longtemps, mais j'avais mes raisons – des tonnes de petites raisons qui me sont tombées dessus les unes après les autres. Rien de grave, mais assez pour que je n'aie plus forcément le temps ni l'envie d'écrire. Ça fait une semaine que je traîne une sale grippe, quelque chose de vraiment moche, qui me fait délirer dans mon sommeil et qui me colle des vertiges en journée. Je fais ce que je peux pour me soigner, même la bonne vieille méthode des trois thés brûlants par jour ne marche plus... Alors évidemment, la seule vue d'un ordinateur en ce moment m'indispose.

Sauf qu'il faut bien sûr que je continue d'aller au travail. On me dit que je suis indispensable et surtout on me file des responsabilités, alors il faut bien que je les tienne, parce que j'avance trop vite pour prendre du temps. Dans six mois je serai encore plus en position de force, c'est la réalité des choses, et je préfère être dans cette situation dans l'hypothèse pas si improbable où l'on se vautre. On a ce projet à boucler pour le début de l'été, je le sens vraiment mal parti, et ça m'énerve. Surtout ce qui m'énerve c'est que les gens ne soient pas aussi consciencieux que moi, ça m'embête de les rappeler à l'ordre, même si c'est mon rôle. Alors samedi dernier pour rattraper mon retard, j'ai travaillé à la maison, je sais, j'ai honte, tout ça parce que j'avais terminé la semaine à reprendre de fond en comble le travail d'un autre.

L'informatique épuise. Heureusement qu'il y a Kévin. J'ai quelques bonnes connaissances, voire quelques copains au boulot. Mais à vrai dire il y a surtout une personne avec qui je m'entends vraiment bien. On échange nos histoires. L'imbécile m'encourage à reconsidérer mes chances avec Julie, moi je n'y crois pas une seconde. La vérité vous la connaissez, je suis trop discret pour qu'on s'intéresse à moi autrement que par accident.

L'autre soir on a dîné avec un couple d'amis de ma soeur, qui passaient sur Nantes. J'ai trouvé ça interminable. Pas qu'ils étaient inintéressants, mais près de quatre heures assis à n'aligner qu'un mot toutes les trente secondes, c'est pesant. En plus, j'étais déjà malade, ce qui n'a rien arrangé. Le plus drôle, c'est que la fille vient de trouver un job dans le coin et que le temps qu'elle se trouve un appartement, on va gracieusement l'héberger. Une parfaite inconnue, cohabitant toute la semaine avec moi et mon père. J'imagine déjà le silence très suédois des futurs petits déjeuners.

Non, à deux ou trois exceptions près, ma vie relationnelle est à mon image, mortellement silencieuse. La mort fait d'ailleurs désormais partie de ma vie à tel un point, que le fait que ça ne m'émeuve plus guère me paraît même étonnant. En trois ans j'ai perdu trois membres de ma famille proche, un grand père, un oncle et ma mère. Forcément j'intériorise ou plutôt, je dénie. Et quand on m'apprend que la soeur d'une amie s'est suicidée parce qu'on lui a diagnostiqué un mal incurable, je reste stoïque, impassible.

J'ai toujours considéré le suicide avec respect, même si cette solution n'a jamais reçu mon adhésion. Pas un suicide comme une tentative d'attirer l'attention – mais la construction intellectuelle qui peut mener au suicide. La suicidée se rendait-elle compte que sa mort irait jusqu'à attrister des gens aussi éloignés que nous ? Assumait-elle tous les dégâts collatéraux à son acte en les mesurant comme inférieurs à sa propre motivation ? Si oui, alors se suicider c'est aussi être responsable, sinon c'est juste de l'égoïsme.

lundi 24 janvier 2005

Pérégrinations

J'étais à Paris, pour un week-end de loose intégrale dans la bonne veine de ces soirées que je qualifierai désormais de pitoyables, qu'on se fait avec mes nouveaux camarades de beuverie. Cette fois, le prétexte à la débauche était soi-disant la pendaison de crémaillère d'Yves, sachant que pour le moment il a juste quatre murs autour d'un sac de couchage, donc on n'y allait pas vraiment pour la qualité de l'accueil. Du reste, je crois qu'on peut plus ou moins résumer ce séjour en une exagération à l'extrême des pires horreurs qu'une bande de gosses pas encore sortie de l'âge bête peut se permettre. Rajoutez-y l'aspect vie communautaire façon camping municipal et vous pouvez commencer à avoir une idée de la situation. C'était suffisamment trash pour que je vous passe les détails.

On s'est fait deux ou trois sorties sympas, mais le point culminant du week-end a quand même été notre visite au musée Grévin, dix-sept euros l'entrée, pour deux heures de déambulation psychédélique au milieu de décors surréalistes. À l'ouest, complètement. Samedi soir, on a atterri presque par hasard rue Mouffetard et c'est chouette comme endroit, des dizaines de restaurants qui s'enfilent le long de rues pavées qui font presque petite ville de province, comme quoi il reste encore des coins à Paris qui peuvent me faire de l'effet. Et donc ce restau japonais, qui m'a presque fait changer d'avis sur les restaus japonais. Soupe, brochettes, salade de chou, rien à redire, par contre les sushis et les makis m'ont laissé perplexe. J'ai beau avoir mastiqué tout ce beau monde avec beaucoup d'application, je ne leur trouve toujours aucun un goût, enfin mis à part celui de la sauce soja et du wasabi. Et pourtant en fin de plateau, je gardais dans la bouche cette note iodée très marine qui ne m'a pas laissé indifférent. Comme ces notes caramélisées qui te restent sur la langue après le goût du café. Il y a des choses comme ça qui s'apprécient dans l'habitude.

Comme cette impression étrange de constater le moment où tu ne considères plus une personne comme une relation sporadique, mais qu'au contraire elle vient s'inscrire dans une certaine routine, qui presque par magie te dispense d'un coup d'un certain nombre d'efforts vains et superficiels. Non, rien qui ne mérite que j'y consacre plus de mots, il suffit sans doute de noter que je me suis amusé comme un gosse. Je continue juste d'expérimenter le bonheur par micro dosettes, à usage unique.

mercredi 05 janvier 2005

Aveux

Et pour terminer avec le sujet, je me suis presque fait traiter de Tanguy à continuer de rester chez mes parents comme je le fais. Évidemment, il y a la raison superficielle, celle qui me fait passer pour un profiteur, nourri, blanchi, logé, et c'est un rôle qui me va bien parce que sa connotation négative est tellement plus facile à assumer. Comme qui dirait, au moins quand les gens pensent (tout relativement) du mal de vous, vous savez que c'est sincère. Et puis c'est tellement plus facile que de donner ma vraie raison, celle qui me ferait dévoiler ce côté si noir de ma vie privée, celle qui m'encombrerait de considérations compatissantes et de bêtes mièvreries, probablement pendant seulement cinq minutes, mais déjà cinq minutes de trop. Comment vous répondre à vous tous, qui me demandez ce que font mes parents, comment faire autrement que d'éviter le sujet de façon évasive, voire de faire comme si tout était normal pour m'économiser vos effusions et occulter simplement la réalité de ce trou béant dans ma vie familiale ? Comment vous dire sèchement la vérité sans avoir à vous avouer à quel point elle me manque ? Si je reste c'est pour mon père, que je n'ai pas envie de laisser, malgré mon ressentiment à son égard. Si je reste c'est pour éviter l'absurdité d'avoir à vivre seuls, tous les deux, chacun de son côté, à quelques kilomètres de distance. Mais ça, vous ne le saurez sans doute jamais ou vous ne l'apprendrez que par des voies détournées, et au moins votre pudeur vous empêchera d'en parler à nouveau.

lundi 03 janvier 2005

Étape un

Oui c'est clair que j'ai absolument aucune imagination d'une part, ce qui est assez embêtant vu que le principe de base du cours c'est d'avoir assez de répondant pour alimenter suffisamment le contenu d'une scène ; et que d'autre part je ne sais être drôle – voire simplement distrayant, voire juste pas ennuyant – que dans des circonstances bien précises et à peu près naturelles. Mais bref. Le truc c'est que je peux encore faire passer ça comme l'appréhension de la première fois, et c'est vrai que c'était un peu le cas... Se retrouver comme ça au milieu d'une dizaine de personnes complètement inconnues, à devoir broder sur un thème pas forcément évident, tout en travaillant pour qu'il y ait un minimum de sens et d'évolution dans le propos, ça n'a rien d'évident... Reste ma première impression, que ces séances d'improvisation sont je pense un exercice amusant par moments, avec d'autres moments qui nécessitent vraiment un effort de ma part, pour me relâcher et pour m'imposer. On verra bien ce que ça donne – si je persévère...

samedi 01 janvier 2005

Résolutions

Après tout et même si ce n'est jamais qu'une vision de l'esprit, faisons également comme si c'était une nouvelle période. Minuit et demie, première bière de l'année, à l'Artishow, un demi de Leffe. Première clope aussi. On garde les fondamentaux. Auparavant, avec Yves et Romain, on est passé à la Petite Hollande voir le concert de Johnny Clegg et accessoirement, le feu d'artifice. Le show état vachement propre, musicalement parlant, carré, réfléchi, animé, rien à redire. Après, nous on y allait juste parce que c'était gratuit, c'est pas sa faute à Johnny si je n'accroche pas particulièrement à ce qu'il fait.

En sortie on a eu droit à un speech du maire de Nantes, un speech largement dominé par le séisme en Asie, suivi d'une minute de silence vraiment glauque à la place du traditionnel décompte. Je ne sais pas vous, mais moi je n'arrive décidément pas à accrocher à cet élan de solidarité pour les victimes du raz-de-marée. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'on n'est tous qu'un bon gros tas d'hypocrites, qui ne trouvent dans cette conjonction d'évènements presque bibliques et d'orgies commerciales savamment orchestrées, que le prétexte pour faire leur unique bonne action de l'année, de se racheter une bonne conscience juste avant le passage à 2005.

Même si après tout, comme je l'ai toujours dit, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Et là, franchement, j'ai envie d'être optimiste, au moins pour quelques jours. Deux heures moins le quart, premier sourire à une inconnue en sortant du bar. J'ai envie de me bouger, un peu, un peu plus disons, comme on m'encourage à le faire, pousser mes idées jusqu'au bout ou au minimum essayer et ne pas me décourager au premier obstacle à l'idée du premier obstacle venu. Pouvoir me dire que j'aurais essayé.

Objectifs à courts termes, c'est-à-dire avant la fin de la semaine prochaine. Première étape, m'acheter une basse. Et prendre des cours si besoin. Bon, déjà, ça me fait un peu peur de constater le prix que ça coûte, mais admettons. Et si vous vous demandez pourquoi est-ce que j'ai systématiquement besoin de claquer des sommes astronomiques pour me motiver à faire quelque chose, comme pour la photo et même si j'ai encore du mal à co-exister avec mon image de gamin avec un réflex à deux mille balles à bout de bras, c'est parce que je suis un sale bourgeois matérialiste, il faut bien l'admettre. Du reste quand on me demande – et ça tout le monde me le demande – si je vais me prendre un jour un appartement tout seul, je réponds que je n'en vois pas l'utilité, parce que j'adore cette petite vie d'enfant pourri gâté avec mille euros d'argent de poche par mois, aucune responsabilité et aucune envie d'en prendre.

Seconde étape, arrêter de faire la fine bouche et m'inscrire au cours d'improvisation que donne Mathieu. J'y pense depuis deux mois qu'il en parle, mais j'ai toujours hésité, par peur d'être ridicule, par peur d'avoir un trou d'imagination, par peur de revivre cette angoisse horrible, pendant les deux semaines où j'ai été rôliste, de ne plus savoir quoi répondre à la moindre question qui me déstabilise. Sachant que pour me déstabiliser, il suffit de pas grand chose, par exemple d'évoquer en situation un sujet qui empiète sur les problématiques de ma vraie vie. Sachant également que Julie va aussi à ces cours. Je vous laisse imaginer la potentielle tournure tragi-comique de la situation.

jeudi 30 décembre 2004

Douze mois

A part ça, tout va bien

Silence radio, un peu. Avec ce léger blues de Noël et une sacrée envie de ne rien faire, du tout. Vacances obligent. Et pourtant. Socialement ça va presque, hier soir on a claqué pour environ cinquante euros dans un bar à Bouffay, un truc génial qu'Olivier m'a fait découvrir l'année dernière et que je recommande, des shooters d'alcools forts et variés, flambés au bec bunsen – quand tu aspires ça, à la paille, ça te brûle tellement l'oesophage que t'en est presque surpris au moment où ça te remonte violemment à la tête. Le deuxième effet Kiss Cool. Cinq chacun, vivent les mélanges, on était propres en sortant. Sauf celui qui conduisait. Si si. On m'a d'ailleurs reproché d'avoir pris ma voiture la dernière fois pour ramener les gens, alors que j'étais véritablement limite. Je suis un irresponsable notoire. Mais moi je me reproche plutôt d'avoir de plus en plus tendance à taxer des cigarettes. Parce que j'aime me finir à la clope, ça me fait toujours cet effet dingue qui me tourne la tête, être saoul mais ne plus chercher à garder illusoirement le contrôle. D'ailleurs, la question de savoir si une bonne soirée est forcément une soirée arrosée, je ne me la pose même plus. Ces moments-là il faut que je soie ailleurs pour les apprécier, sinon je crois que ce serait insupportable. Mais ne me demande pas pourquoi j'ai l'air de me plaire à me les infliger, ça je ne me l'explique pas et du reste je ne cherche plus vraiment. La question qui devrait me trotter dans la tête, mais en fait ce n'est pas le cas, on est le 29 et je n'ai toujours rien de prévu pour le 31, et franchement j'en n'ai rien à foutre. Et rien que ça, ça me ferait presque bizarre. Lassitude extrême de tous ces codes, que je m'évertue pourtant à appliquer à la lettre, contradictions ultimes entre ce que je crois penser et ce que j'aimerais avoir/être/vivre, qui ont fini par imploser avant de se contracter sur cet un état d'esprit amorphe et peu réactif. Un peu comme un trou noir. J'ai toujours autant besoin d'une présence, que je ne trouve pas, alors je m'entoure de vide, pas ce vide tellement beau issu de la conscience du monde, qui détache fatalement du contact pratique avec la réalité, juste un vide que je maintiens comme pour garder la place au cas où, comme pour marquer l'endroit où les choses devraient s'insérer, le cas échéant, même si elles n'échoient jamais. Ce vide, ce sont des gens, en partie, et c'est horrible de dire ça, mais il faut voir les choses comme elles sont. Je n'apporte rien à mes collègues de beuverie – et a priori je ne pense même pas être capable d'apporter quoi que ce soit à qui que ce soit – et je n'attends rien d'eux si ce n'est cette coquille, ce prétexte pour me remplir d'alcool, de bruits et d'impressions, des potes interchangeables qui gardent l'espace ouvert, qui me maintiennent rattaché à quelque chose de palpable. Du vide, palpable. Ça ne m'empêche pas de les comprendre, de les écouter, de les faire rire, de faire tout ce que je peux pour eux. Non la seule personne à blâmer dans cette histoire, c'est moi.

mercredi 22 décembre 2004

Bonnes paroles

C'est dingue comme c'est simple de se mettre à parler de sujets graveleux avec les gens. Et si j'ai l'air de vous dire ça comme si c'était une autre découverte que je venais également de faire, c'est que c'est le cas. Avec n'importe quels gens du reste, garçons ou filles – même si c'est un peu moins gras (je n'ose pas dire plus subtil) avec des filles – et d'à peu près n'importe quel âge. Je m'étais fait cette remarque l'autre soir, ça m'a aussi fait tilter la semaine dernière au restaurant et encore cet après-midi à la pause café. Après, c'est peut-être les gens que je fréquente ou alors, peut-être que tout le monde est porté là-dessus ; c'est peut-être aussi une réminiscence de cette époque où on était gosses et que le simple fait de dire zizi suffisait à nous faire rire. Entre nous, ce dont je vous parle ne vole pas forcément bien plus haut que ça, mais je vous fais grâce des détails. Ou du temps qu'on était ados et qu'on s'énervait sur le moindre bout de téton qui dépassait à la télévision. Ouais... En fait, on dirait bien qu'une constante se dégage. Même si ça ne veut rien dire dans le fond, parce que c'est tellement facile comme... (je n'ose pas dire sujet de conversation) – il suffit de se laisser dériver intellectuellement parlant, tout en réprimant toute hésitation moralisatrice, parce que de toutes façons plus c'est gros plus c'est drôle. Je ne dis pas ça péjorativement non plus, c'est juste un constat de plus. Et puis bon, entre ça et leurs histoires de copines, de cohabitation et de mariage (et là je vous parle de gens qui ont mon âge...), le genre de discussion qui me fait nettement plus flipper, moi mon choix est vite fait.

vendredi 17 décembre 2004

Pour voir

Il faudrait que je mette une candidature en ligne dans une banque de CVs, quelque chose du genre développeur multimédia, 24 ans, célibataire, formation, novembre 2004, désillusion sévère concernant une collègue de bureau, expérience professionnelle, depuis août 2004, société Axxx, conception d'une méthode analytique destinée à maintenir le plus bas possible le sex-appeal moyen des informaticiens, centres d'intérêt, les mains, les aréoles, la face interne des cuisses, les poignées d'amour. Il faudrait que je réponde à des offres en multipliant les lettres-type, madame, monsieur, je suis très intéressé par l'annonce que vous avez fait paraître dans Yahoo ! Rencontres le 17 décembre 2004, mon incapacité chronique à lier des contacts humains m'a naturellement orienté vers les sciences de l'information, domaine où j'ai pu faire preuve de mes capacités à exister de manière autarcique et asociale, par ailleurs, j'aime bien faire la cuisine mais j'ai une toute petite bite, si vous le souhaitez, je serais heureux de vous rencontrer afin de discuter d'une éventuelle opportunité. Et recevoir des courriers négatifs, monsieur, nous sommes au regret de vous informer que, malgré la... qualité de votre candidature, nous ne pouvons donner suite à demande, en effet nous avons donné préférence à d'autres personnes dont les compétences correspondaient mieux aux exigences du poste proposé, nous vous souhaitons néanmoins beaucoup d'abnégation et espérons que vous aboutirez suffisamment tôt dans vos recherches. Et puis ne pas me décourager ces jours où personne n'a l'air de vouloir de moi, et puis aller aux rendez-vous de plus en plus en dilettante, et finir par accepter ce qui me passe à défaut sous la main et qui veut bien de moi, parce que c'est pas loin, que c'est sûr et que c'est assez bien payé.

lundi 29 novembre 2004

Pétage de plombs

Au risque de passer pour un dingue à insister tant sur le sujet, je dois avouer que je suis vraiment revenu très fatigué nerveusement de cette semaine à Paris. Pour que vous imaginiez à quel point j'en étais, j'avais ma pile de vêtements propres rangés tranquillement dans un coin de la pièce et chaque matin c'était presque un soulagement de la voir légèrement se rapetisser, ne serait-ce que d'une seule chemise et d'un seul caleçon. Et mis à par le fait que j'appréhendais chacune de ces journées de formation à ne quasiment rien faire devant un ordinateur, j'étais aussi passablement énervé par le fait que je doive me coltiner un binôme ne sachant lui non plus quasiment rien faire, ce dont j'avais perdu (avec soulagement) l'habitude depuis que j'avais terminé mes études.

Mais je crois que le pire moment ça a été jeudi soir. Donc je vous ai raconté les frasques sexuelles de la voisine, ce que je ne vous ai peut-être pas dit c'est que ma frangine, carrément sur les nerfs mercredi matin, a menacé sèchement : en cas de récidive la nuit suivante, elle appelait les flics. Vous ne le savez peut-être pas, mais j'ai une sainte horreur de tout ce qui est situation conflictuelle, alors imaginer ma soeur convoquant la brigade des moeurs et aller avec eux tambouriner à la porte d'à côté, franchement, ça me faisait flipper grave. J'imaginais déjà les cris, les engueulades, les représailles, bref, une horreur. Et donc l'avantage avec cet immeuble c'est que tous les planchers sont en parquet, de sorte que la nuit on peut facilement entendre les gens déambuler dans les couloirs et les appartements. Me voilà donc, jeudi soir, à guetter avec fébrilité l'instant où la voisine reviendrait chez elle. Un moment de solitude interminable.

Et puis les bruits de pas se sont fait entendre, deux démarches bien distinctes, elle revenait et elle ne revenait pas seule. La porte qui s'ouvre, quelques paroles prononcées en l'air et puis plus rien. Là j'étais complètement terrorisé. Mais vraiment. Le moindre son suspect et tout partait irrémédiablement en vrille. Et soudain, au milieu de la nuit vint le moment fatidique où les fameux râles se sont fait entendre. Une vraie catastrophe. Heureusement, ma soeur dormait à poings fermés, incroyable. A chacun des cris je n'espérais qu'une chose, c'est qu'elle reste assoupie et qu'elle ne rende compte de rien. Finalement elle n'a rien entendu du tout. Au bout de ce qui m'a semblé être une bonne heure et demi, sans vouloir présumer de l'endurance des personnes en question, tout est redevenu calme et j'ai enfin pu relâcher mon attention. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du calvaire que c'était.

Bref, tout ça explique sans doute pourquoi ce matin j'étais d'excellente humeur en revenant au boulot, de retrouver un terrain familier et bon enfant, sans personne pour m'emmerder ou me filer les pétoches.

samedi 13 novembre 2004

(Bien) Séance

Depuis la semaine dernière, il y a eu comme qui dirait permutation au niveau du cabinet et je me suis retrouvé avec un autre kiné que celui de d'habitude. Toujours un mec, ouais. Au début, il me demande de m'asseoir, m'appelle par mon prénom – prétextant que mon nom de famille est imprononçable, ce qui d'ailleurs est complètement faux, il faut juste se le répéter une bonne quinzaine de fois avant que ça ne passe tout seul – me dit d'enlever mes chaussures... et mon pantalon. Me retrouver d'un claquement de doigts en caleçon pour une rééducation de la cheville, bon je veux bien, après tout c'est lui le médecin. S'il n'y avait cet air oblique dans les regards qu'il m'adresse et ce soupçon de perversité démoniaque dans ses sourires. Rien de méchant, juste quand il revient dans la pièce après être allé faire je-ne-sais-quoi, avec sa présence pataude mais vivace, celle des petits garçons grassouillets quand ils tapent dans un ballon, personnellement je trouve ça louche. Il me demande comment je me suis blessé, s'inquiète de savoir si je fais souvent du foot, me parle de Marseille-Paris 2-3 et enchaîne sur des platitudes de supporter façon beauf qui écoute trop RTL, alors qu'il a plus l'air du gentil petit môme qui court encore entre les jupons de sa mère, fan d'Alias et d'Hélène Segara. Pour tout vous dire, je me suis demandé à un moment s'il ne cherchait pas par hasard à me faire du rentre-dedans. Alors pour savoir de quoi il en retourne, je me décide a le fixer dans les yeux, juste une fois. Il me demande comment vont les exercices, bafouille une ou deux banalités et sort presque gêné en me disant de faire l'équilibre sur une planche. Étrange.

mercredi 27 octobre 2004

Au cabinet

Hier soir, c'était rééducation. Alors mon idée de départ c'était de trouver une jeune et jolie kiné, genre la trentaine, je me suis dit tant qu'à faire, autant joindre l'utile à l'agréable. Il perd pas le nord au moins celui-là. Je feuillette l'annuaire en filtrant sur les prénoms, Gaëlle, Sophie ; hélas !, rien à faire. Sur les trois ou quatre que j'appelle, c'est une voix ménopausée qui décroche et qui me dit qu'on ne peut pas me prendre avant la semaine prochaine. Je finis donc par me rabattre par une solution plus pratique, genre la plus proche du boulot. Mais quand on me reçoit et qu'on me donne du monsieur à tout va, j'ai un peu tendance à ne plus savoir où j'en suis. Entre admettre qu'après tout c'est normal, je suis censé être considéré comme un adulte, et ce doute qui toujours subsiste, des fois on me prend quand-même pour un gamin et ça aussi après tout c'est compréhensible, mais moi dans tout ça je ne sais plus très bien. Au début c'est des électrodes façon M6 boutique qu'on vous applique sur le pied ça picote je ne vois pas bien à quoi bon mais bon pourquoi pas. Après c'est des séries d'exercices à faire tout seul. Et ça m'a pas mal étonné. Le gars faisait l'aller retour entre moi et deux ou trois autres patients, entre lesquels il jonglait, disant à celui de faire ci pendant que l'autre faisait ça. Assez étrange. Aller chez le médecin c'est aussi chercher à attirer une attention exclusive sur soi quelque part. Au moins je ne paie pas, vive la carte vitale.

lundi 04 octobre 2004

Monologue

À part ça, la vie va comme vous voulez ? Moui. L'adorable petit monstre, ma soeur, est reparti à Paris pour boucler son diplôme, une histoire bizarre de stage inintéressant interrompu en plein milieu et remplacé au pied levé. De la tristesse ? De l'ennui, plutôt. Et les disques que vous aviez achetés ? Bah. Il faut bien avouer que je connaissais les sept huitièmes à peu près par coeur, du coup je n'avais que peu de chances d'être déçu – le seul risque concernant l'avant dernier Ben Harper, que je viens de terminer, et qui est très bien. Vous m'en direz tant. Burn to Shine contenait tellement de sonorités différentes, du rock, des ballades, du gospel, du funk, du blue grass, je me demandais si c'était possible de rééditer l'exploit et bien c'est effectivement le cas. Ah ? Oui, après j'ai un peu l'impression que le garçon se perd parfois en délires évangélistes de plus ou moins à propos. Mais qu'importe. Et votre appareil photo ? Je suis censé faire la commande cette semaine, sauf changement d'avis de dernière minute. Par contre, j'ai peur de ne pas réussir à revendre l'autre. Mince alors, ça va vous pulvériser votre budget... N'est-ce pas ? Bah après tout, l'argent c'est fait pour être dépensé. Oui, il faut aussi que je rachète un disque pour mon vieux PC, j'ai envie de bidouiller. Au moins ça vous occupera les mains. A défaut d'autre chose.

dimanche 29 août 2004

Pêle-mêle

La journée a commencé aux aurores, je devais me réveiller aux environs de sept heures du matin pour amener ma soeur à la gare. Elle va s'amuser à passer 18 heures de son week-end dans des trains, tout ça pour aller voir des amis à Toulouse. Faut être motivé quand même. Une fois rentré, j'ai réussi à me forcer à re-sortir, histoire d'aller voir J'me sens pas belle, en passant auparavant par la case supermarché. J'avais plus ou moins prévu de claquer cinquante euros en cédés, mais comme par hasard sur les présentoirs aucun des albums que je voulais n'étaient disponibles. Aucun. Au lieu de ça, j'ai joué au chat et à la souris avec une fille qui parcourait les rayons en même temps que moi. Et cette fois c'était vrai, parce que je sais que j'ai parfois tendance à me faire des gros films, elle me suivait, vraiment, et je la suivais aussi, vraiment, même qu'au bout d'un moment ça m'a foutu carrément mal à l'aise, alors je suis parti me cacher. La prochaine fois, il faudrait que j'essaie de décocher au moins un sourire.

Le film était plutôt pas mal dans son genre, mais je ne saurais pas trop dire pourquoi. Il est construit de telle manière à ce qu'on ait toutes les cinq minutes la pire des hontes pour chacun des deux acteurs, évidemment parce qu'il y a des scènes qui sont profondément ridicules, aussi parce qu'il y a ces détails où on est obligé de se reconnaître et qui donc vous touchent un petit peu, comme ces silences gênés ou ces conversations creuses. C'est peut-être pour ça qu'on s'attache quand même aux personnages, même si au fond le scénario n'est qu'une millième redite. Par contre, évidemment ça fait un peu bizarre de se retrouver seul dans la salle devant ce genre de films. Je crois qu'il y a des fois où l'ambiance a besoin d'un public qui réagit pour prendre sa pleine mesure – d'autres fois c'est pénible, mais là de sentir inconsciemment d'autres personnes tilter pour les mêmes raisons que toi ça doit quand même être... rassurant.

En fin de compte, j'ai fait la navette jusqu'à l'autre côté de la ville pour trouver ce que je cherchais. L'album de The Darkness que j'ai bien failli louper, tellement il était bien caché derrière des trucs qui n'avaient rien à voir, et puis le premier de Phoenix – et Muse et Morcheeba pour la forme. Phoenix c'est sympa, même si je risque peut-être de m'en lasser aussi vite que Weezer. C'est des guitares gentillettes vaguement joyeuses, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est simple et agréable, un peu comme Air mais en moins éthéré, en plus consistant. J'ai hésité aussi, plutôt pas mal, devant le dernier album d'Autour de Lucie. La première fois que je les ai entendus, c'était sur une compil' offerte par ma banque, une ballade brillante et sucrée qui m'avait plu parce qu'elle était faite pour ça. Et puis récemment je les ai à nouveau entendus par hasard et, comme je suis en train de me dire que si ça se trouve je loupe pas mal de trucs parce qu'ils ne sont pas assez médiatisés, je me suis dit pourquoi pas. C'est juste qu'il sonne un peu trop sombre par moments et que je ne suis pas trop dans une période prise de tête.

Le soir je suis allé aux Rendez-vous de l'Erdre, sans doute une de ces manifestations culturelles qui font que Time considère Nantes comme la ville la plus agréable d'Europe. En fait c'était plutôt une sorte de guinguette géante autour des quais – et quand je dis guinguette, il faut voir les marchands de crèpes et de merguez-frites et les comptoirs improvisés sur des trétaux en bois. Et la foule dense qui marche, qui se presse, à se demander où vont tous ces gens. Vers ce concert façon mauvais Jazz où on a l'impression que le violoniste joue en play-back ou plutôt vers ce pianiste qui improvise à l'abri d'un grand marronnier. Un peu cliché, oui. Mais un cliché malgré tout agréable, où on a l'impression qu'une autre lumière a envahi la ville. C'est peut-être les lampions dans les arbres qui n'éclairent pas vraiment ou ces reflets qui clignotent dans les remous de l'eau ou ces bruits et ces odeurs tellement inhabituelles pour un centre-ville. Au coin de cette rue où tu as dû passer une bonne centaine de fois, une scène s'est installée et du coup t'as l'impression d'être vraiment ailleurs. Dans le sud, là où les crépuscules sont ocres et les soirées douces et chaudes.

On s'est posés aléatoirement dans des coins plus ou moins glauques sur l'île de Versailles ou en bas de la Préfecture. À se raconter des énigmes et à monter des théories sur les bombes et les crashs d'avions. À parler aussi, de cette proposition d'embauche que j'ai refilée à Yves et qui va peut-être aboutir et ça me ferait vraiment plaisir. Pour lui évidemment, mais aussi pour l'impression d'avoir été utile à quelque chose et d'avoir aidé quelqu'un. Juste avant l'entretien il m'a appelé pour avoir des conseils sur la manière d'aborder le recruteur et au final s'il décroche le poste ce sera un peu grâce à moi. Je sais pas si c'est du vrai altruisme – pas que je lui demande quoi que ce soit en retour, plus dans l'idée où je suis plus content de l'avoir aidé que du fait qu'il retrouve du travail. Je me souviens de ce court-métrage où, après la mort, Gabriel jugeait de votre aptitude à monter au paradis en comptant le nombre de gens dont la vie aurait été fondamentalement différente si vous n'aviez jamais existé. C'est sans doute infiniment prétentieux comme façon de voir, mais ça me plaît plutôt assez.

Ça c'est fini du côté de la Jonelière, juste le temps de voir les poivrots sortir de La Belle Eloïse et reprendre le volant, de pisser dans la flotte, de jouer avec les amarres des bateaux et d'enchaîner les clopes. La clope, à part ce goût désagréable qu'elle laisse au fond de la gorge, au fond je n'en vois pas trop l'intérêt. Il faudra peut-être qu'on m'explique.

mercredi 28 juillet 2004

Ça fait réfléchir. Ça devrait.

Monsieur a la quarantaine et est bon père de famille. Un soir, monsieur rentre tranquillement d'une célébration quelconque, conséquemment arrosée. Dans sa voiture, monsieur reconduit sa femme, enceinte de huit mois, sa vieille mère et sa petite nièce, qui sont venues exprès de Madagascar pour ladite célébration. Monsieur est sans doute encore un peu enjoué par l'alcool – mais complètement confiant dans ses moyens, monsieur se permet certaines libertés avec le code de la route. Un mauvais virage, une pédale trop appuyée et monsieur dévisse sur un îlot directionnel. Monsieur perd le contrôle et après un magnifique vol plané de quelques mètres, monsieur va s'encastrer dans un 4x3, décidément toujours mal placés.

La voiture de monsieur est réduite en miettes, quel dommage. Et comme monsieur est alcoolisé, l'assurance de monsieur ne couvrira certainement rien du tout. Monsieur doit se sentir légèrement spolié. Le permis de monsieur passe à la trappe, c'est injuste monsieur. La mère de monsieur y passe tout court. Monsieur se sent un peu triste, peut-être. Il va falloir que monsieur paie de sa poche les frais de rapatriement du corps et les obsèques, trente mille francs, monsieur se demande-t-il s'il a les moyens ? Monsieur est inculpé d'homicide involontaire avec circonstances aggravantes, monsieur imagine peut-être qu'on exagère ? Monsieur est incarcéré pour les faits qui lui sont reprochés, comment monsieur va-t-il gérer les problèmes logistiques liés au cadavre depuis une cellule de prison ? Qui plus est, monsieur se voit dans l'impossibilité d'assurer ses obligations professionnelles et peut-être perdre son emploi, monsieur se voit-il au pied du mur ?

Monsieur s'imagine peut-être que ces médecins malgaches qu'il a croisés à l'hôpital vont se sentir obligés de lui filer un coup de pouce, par fibre patriotique ? J'ai de la peine pour monsieur, mais je pense qu'il devrait assumer les conséquences de ses conneries. Monsieur s'en tirerait à trop bon compte si tout le monde se montait trop la tête à vouloir le sortir de là. En même temps c'est vrai que la mère de monsieur, elle, n'a rien demandé dans cette histoire et mériterait au moins des funérailles décentes. Ah, je ne sais pas, monsieur, je ne sais pas si vous, vous le méritez...

vendredi 25 juin 2004

Juste un petit mot

Ça a ses avantages, quelque part, de me laisser aller à donner des nouvelles ici, sans faire le mouvement explicite de t'envoyer un mail ou une lettre, c'est aussi la preuve d'un manque de confiance en ce que j'ai à dire. Et j'ai peut-être tort de ne pas vraiment t'écrire aussi souvent que je devrais, parce qu'au fond ces banalités impersonnelles s'il t'arrive de les lire ne replaceront jamais les quelques vraies gentillesses que je garde à ton égard. Enfin reste le fait de ne pas avoir répondu explicitement à ces bientôt qui ressemblent tellement à des promesses. Alors voilà, je t'écris, je réponds et je promets. Un jour je te dirai aussi Viens et ce jour là je sais que tu viendras. Je pense à toi. Je t'embrasse.

dimanche 20 juin 2004

Animaux

Où je commence vaguement à reconsidérer l'idée d'avoir un chien. Je tiens à rappeler que j'ai (avais ?) une peur panique des chiens. Sauf que, l'un dans l'autre, je me dis que la meilleure manière d'éviter que les chiens des autres s'approchent trop près de vous, c'est justement d'avoir son propre chien, qui ferait en quelque sorte diversion. Indéniablement, les chiens s'attirent entre eux et, tant qu'ils restent entre eux – et donc loin de moi –, moi ça me va. Et puis bien sûr, par pur esprit de contradiction, je le laisserai aller renifler le cul de tous les chiens qu'on croise, j'ai toujours l'impression que ça gêne horriblement les maîtres quand leur animal fait ça, du coup ils multiplient les injonctions embarrassées et les coups de laisse pour empêcher ce qui au fond est inévitable. Je crois que ça me ferait bien marrer. Mais attention, hein, je veux un truc qui ait de la gueule, pas un Yorkshire de 10cm de haut, un de ces grands chiens au poil blond et ras, j'en ferai mon Cerbère, mon bouclier contre tous les autres chiens. Et puis pas question qu'il rentre dans la maison non plus, ça sent trop mauvais, donc un truc qui peut rester dehors même par -10°. Reste le problème du je-fais-caca-partout-sans-demander-mon-reste, le défaut vraiment emmerdant. Vaut peut-être mieux un chat, finalement.

jeudi 10 juin 2004

Nouvelles

Si je ne raconte plus rien, ce n'est pas parce que je n'ai plus rien à raconter – vous me connaissez, ça fait bien neuf mois que je n'ai plus rien à raconter, ça ne m'a jamais empêché d'écrire. Non en l'occurrence, si je ne raconte plus rien c'est parce que je mets un léger coup de bourre sur ça et ça me rassure un peu, parce que petit à petit ça commence enfin à ressembler à quelque chose d'utilisable, du coup je suis un peu occupé et c'est pas plus mal. Du coup je vais peut-être refaire le site web dans la foulée, avec doc/faq/buglist/feature request.

A part ça, en plus de mon allergie aux pollens, j'ai l'impression d'être devenu allergique à la climatisation et aux changements de température en général, au petit matin quand il fait dix degrés sous la couette j'ai la gorge qui me serre comme si des pieux transperçaient mon oesophage de toutes parts, j'éternue à peu près toutes les dix secondes (sachant que je me mouche toutes les vingt, faites le calcul) et j'ai une fièvre qui dure depuis maintenant trois jours.

Donc je ne suis plus aussi productif, mais au fond, qui va s'en plaindre ? Ah ? Merci, votre compassion me touche vraiment.

vendredi 04 juin 2004

Hésitations

Il faudrait que j'arrête de dire peut-être quand je veux dire non. C'est pas être diplomate, c'est juste être hypocrite. Et puis, les gens, à force de leur dire peut-être, ils finissent par comprendre oui. Et après ça, rien ne sert plus de réémettre des doutes pour corriger le tir, les doutes sont des peut-être et les peut-être sont des oui. À partir d'un moment, plus tu doutes, plus t'acceptes. Alors tu te retrouves embarqué malgré toi dans des plans pas croyables. Ces situations que tu as justement appris à soigneusement éviter, parce que c'est pas toi, définitivement pas, c'est hors de toi, c'est un temps, un lieu, un endroit auquel tu n'appartiens pas, où tu te sens étranger, inadapté. Et même si c'est pour pas froisser, peut-être que je viendrai, peut-être, ah bin ce serait sympa, c'est sympa si tu viens, c'est sympa de venir, merci de venir. Au fait, c'est vingt euros, par personne...

lundi 31 mai 2004

Gribouillis

Trois petits choses vite fait, parce que j'ai pas spécialement envie de broder. C'est juste que ça fait peut-être trois jours que j'ai ces petits bouts de phrase dans un coin de post-it, mais impossible de les développer... Je vais pas me forcer à écrire non plus – pourtant j'essaie. Donc, je suis plongé depuis suffisemment longtemps dans ça pour commencer à en avoir la nausée, ça traîne trop en longueur et ça m'énerve. Pourtant je me force à finir, c'est une sorte de challenge avec moi-même. C'est surtout parce que j'ai envie de passer à un autre projet, j'ai deux trois idées dans la tête, mais je veux me prouver que je suis capable de mener ce développement à terme. Sinon, me demandez pas comment – vous devinez bien comment, d'ailleurs –, mais je suis tombé sur ce site et ça m'a fait vachement bizarre. Je suppose que les gens vaguement normaux ça leur fait bizarre de tomber par hasard dans la rue sur leur béguin secret du lycée – rappelez-moi d'arrêter d'utiliser des mots comme béguin – bin moi ça me fait bizarre de tomber sur ce site-là. Quelque part, j'ai aussi l'impression d'être un psychopathe. Et non je n'ai pas vu qu'il y avait une adresse mail en bas. Sinon, je voulais juste aborder comme ça en coup de vent, le fait que je soie passé dans une boîte de jeux pour ce qui était censé être un entretien, qu'en fait c'était plus un joyeux bordel, et que Dieu que cette ambiance me plaît.

lundi 24 mai 2004

À la noce

De faire ainsi la navette entre Nantes et Paris, ça me rappelle l'année dernière – déjà ? – quand je cherchais un stage, que je montais en coup de vent à la capitale, tout ça pour entendre des gens me répéter invariablement que non, ce boulot n'était pas pour moi. Sauf qu'à l'époque j'avais rarement l'occasion de passer autant de temps sur place – sur les deux dernières semaines j'ai dû rester dix jours là-bas. Mais bon, cette fois-ci c'était plus ou moins pour la bonne cause, car comme ceux qui suivent l'auront subodoré, je suis allé donner dans la famille éloignée de province au mariage de ma cousine.

À la mairie, on a eu droit à un discours rapidement expédié par la préposée à l'état civil, durant lequel je fus étonné de constater avec quelle insistance les textes de la République incitaient les futurs époux à faire des gamins. Suite à quoi, comme l'a justement fait remarquer ma frangine, on a filé une rose à la mariée et le livret de famille et le certificat au marié. On voit comment les responsabilités sont censées être partagées dans le couple.

Sur ceux, migration du cortège nuptial vers la lointaine banlieue. Environ une demi-heure d'autoroute plus tard, en compagnie d'une gentille famille qui a bien voulu nous sauver de deux heures de RER, juste le temps de lâcher une pensée compatissante aux gens qui doivent se taper ce genre de déplacements deux fois par jour, nous voilà dans une zone pavillonnaire anonyme du côté de Cergy. Il ne pleut pas, ouf, les cocktails étaient dehors, il fait juste un peu frisquet. En fait, une réception de mariage, ça ressemble plus ou moins à une quelconque réunion de famille, avec juste un peu plus de paillettes. Enfin, celui-là en tout cas, parce que je n'ai pas vraiment d'autre point de comparaison. Et puis je n'étais sans doute pas une section suffisamment critique dans l'affaire pour que ma présence marque plus que ça.

Ce qui d'ailleurs m'a permis de faire gentiment tapisserie pendant six heures d'affilée. Et de constater que les invité(e)s (et la famille) du marié étaient tous super canons – le marié lui-même est vachement beau et en plus il s'y connaît en vin, vous avouerez que ça en fait un très bon parti. Et de me gaver de tout un tas de choses, il y a un traiteur dans la famille, visiblement ça aide. Et de discuter par intermittence avec le copain de Sandrine, qui répond à une dizaine d'annonces par jour, qui n'hésite plus à mentir sur son C.V., qui a environ un entretien par semaine. À part lui, donc, fidèle à mon larvisme, j'ai dû sortir une dizaine de mots de toute l'après-midi, dont neuf pardon. Ce qui ne m'a évidemment pas permis d'engager la conversation avec cette jolie métisse, qui soit m'a souri pendant une bonne demi-heure, soit était très intéressée par le barreau droit de ma chaise. Mais bon, avec un bon verre à la main et l'espoir du prochain tour au buffet dans les yeux, finalement ça passe, assez vite.

Sauf que. C'est dingue comme les gens ne semblent pas décidés à vous laisser tout seuls. C'est presque comme s'il fallait les convaincre à leur tour de l'inintérêt de votre personne, alors que vous vous savez pertinemment à quel point elle est ennuyeuse, votre autisme, c'est un service public que vous rendez. Mais non, ça vous reproche de n'échanger qu'une phrase à l'heure avec les trois personnes que vous connaissez. Pire, ça veut vous faire danser. Je danse pas aux mariages, moi, et surtout pas sur cette musique là. Je sautille, nuance, tout seul dans ma chambre, quand personne d'autre me regarde.

Assez vite, donc. Après le dessert, on commence à calculer une heure de départ diplomatiquement correcte. Raccompagné par les mêmes âmes serviables qu'à l'aller, pour le coup nettement plus avinées, à zigzaguer sur les boulevards à cause d'un accident sur le périph. Pour conclure, donc, les mariages c'est sympa, ça doit être mieux quand tu connais plus de monde. Faudra que je revienne. Le volet religieux, c'est au mois d'août à treize mille kilomètres d'ici. Finalement, je vais quand même étudier la question.

jeudi 22 avril 2004

Inauguration

Description

Une recette inspirée de celle du porc à l'aigre-douce – si si. Je concède que c'est un peu spécial, un peu amer-aigre, à cause des champignons et de la moutarde, mais rien de dramatique – je décline néanmoins toute responsabilité.

Ingrédients

Du porc : soit en côtelettes, soit en poitrine (compter une côtelette par personne ou alors 100g)
Une boîte de champignons de Paris (100g pour deux)
Une cuiller à soupe de farine
De la moutarde (au moins deux c.à.s.)
Du gingembre, coupé en lamelles
Des échalotes (une petite échalote par personne), de l'ail (quelques gousses)
Des tomates coupées en dés (une tomate par personne)
Huile d'olive, sel, poivre
Un wok de préférence, à défaut une poêle.

Mode opératoire

Décongeler la viande :)
Découper les côtelettes en carrés de 2-3cm, saler, poivrer et rouler dans la farine. Ce que je fais en général c'est verser la farine sur les morceaux, puis je malaxe le tout jusqu'à ce que ce soit tout blanc
Faire dorer les morceaux dans un wok avec un petit peu d'huile relativement chaude, à feu moyen d'abord pour colorer, puis baisser le feu jusqu'à la cuisson désirée – je dirais bien dix minutes en tout mais ça dépend des goûts du cuistot. Réserver sur du papier absorbant.
Dans le wok toujours chaud faire suer les échalotes et rajouter successivement les gousses d'ail écrasé, le gingembre et enfin la tomate coupée en petits dés.
Attendre que ça se liquéfie, puis rajouter les champignons avec leur jus – ou alors avec un peu d'eau. Faire réduire à feu doux de moitié environ.
Pour lier la sauce, rajouter une bonne dose de moutarde pour les courageux – elle va perdre de sa force en cuisant – ou un peu de crème fraîche pour les chiffes molles. Quand ça bout à nouveau, remettre les morceaux de porc dans la sauce, en mélangeant hors du feu, un peu mais pas trop.
Servir avec du riz blanc nature.

Variantes (testées avec succès)

On peut remplacer le porc par de la dinde, par exemple une cuisse de dinde pour deux personnes.
On peut également remplacer les champignons par de grosses olives dénoyautées et peu fermes.

samedi 03 avril 2004

Le beurre de cacahuètes

Le beurre. De cacahuètes. Alors le beurre de cacahuètes, c'est un truc qui te fascine, parce que, autant toi tu te goinfres de séries américaines, autant dans les séries américaines eux ils se goinfrent de beurre de cacahuètes. L'un dans l'autre, fatalement, au détour du rayon exotique du supermarché, tu tombes sur cette pâte beige et crémeuse, on te pousse à en acheter, alors pour essayer tu achètes. D'abord, il faut choisir. Avec ou sans morceaux, original ou crunchy. Crunchy, tant qu'à faire dans le bizarre... Parce que c'est bizarre. Quand tu l'étales sur du pain de mie, tu essaies de ne pas en mettre trop, pour voir, mais la substance se travaille mal, alors finalement c'est la bonne grosse couche. Et, effectivement, il y a des morceaux. Le truc à éviter, c'est de faire passer ça entre deux goûters plus classiques, genre à base de nutella. Parce que c'est salé, le beurre de cacahuètes, très salé. Et donc, pâteux comme c'est, forcément dans la bouche, c'est spécial. Très sec aussi. Coca obligatoire. Je ne dirais pas que c'est mauvais, la première impression c'est cette saveur à la limite de l'amer, on dirait un vomitif, et puis après ça va, en fait, le goût passe et derrière c'est un peu plus neutre. Mais toujours aussi sec. Ou du lait, ça irait peut-être mieux.

vendredi 26 mars 2004

Un peu de silence

En passant, histoire d'expliquer ma quiétude actuelle par des raisons plus ou moins constructivistes, je suis en train de pondre une sorte de portfolio – même si le terme est sans doute un brin prétentieux. D'une part parce que ça fait longtemps que j'avais dit qu'il fallait que je le fasse (ouh là, ça en fait des subordonnées), de deux parts parce qu'à force qu'on me le demande dans les annonces (on me le demande pas vraiment, mais bon), de trois parts parce que... j'ai oublié, mais c'était vachement pointu comme argument. Au passage, c'est cool, la moitié des sites web que j'ai crée à titre vaguement professionnel a fermé. J'adore.

mardi 16 mars 2004

Optimisme

Tu glisses la tête dehors et c'est étrange parce qu'il fait chaud, vraiment chaud. Il y a encore quelques jours il gelait, mais là sur la terrasse, plein sud, le soleil dans les yeux... C'est déjà le printemps ? Si la souffrance c'est la norme, alors forcément ce moment que tu passes sur ta terrasse, à ne penser à rien d'autre qu'à cette douceur inhabituelle, ce moment comme quelques autres dont tu te souviens, ce moment fait partie des exceptions. Peut-être aussi parce qu'il ne demande rien à personne, il se suffit à lui-même, il est beau tout seul. Au fond du jardin les jonquilles fleurissent dans le sous-bois et c'est comme maman en parlait, tu ne les avais jamais vues, mais c'est pareil. La souffrance, c'est la norme. Je ne sais plus où j'ai entendu ça. Ce matin dans Antonia et ses filles. Juste le temps d'oublier ces gens qui ne veulent pas de toi ou qui ne répondent pas. Et ce livre rempli d'histoires, mais qui a l'air de mal se finir.

samedi 06 mars 2004

Vendredi parisien

Je m'étais fait au calme et à la solitude de la campagne, du coup j'ai eu un peu de mal avec le bruit et la foule. Un anniversaire dans le bar en dessous et une nuit pas vraiment reposante. Le lendemain je suis sorti faire des courses. La boulangère me tendait distraitement mes trois repas de la journée, une grande baguette toute sèche. Elle était vraiment belle, mais franchement pas aimable. Tout le contraire de la vieille fromagère d'à côté, qui peinait à trancher une grande meule de gruyère, malgré le poids des années et une lame impressionnante. J'ai somnolé le reste de la matinée. L'après-midi, un entretien d'embauche du côté de la Madeleine, chez un FAI connu. Je suis arrivé en avance, alors j'ai fait des ronds dans les flaques pendant une demi-heure. Baccara, Maxim's, La Durée, je me rappelleun quinze août. Discussion plutôt conventionnelle, heureusement, parce que je déteste toujours autant m'entendre parler. Avec des questions techniques à la fin. Je m'en veux un peu d'avoir bloqué bêtement sur une requête SQL – une auto-jointure, pourquoi je n'y ai pas pensé ? Réponse la semaine prochaine. Une demi-heure de métro, la Défense, et une impression de petitesse sous les jupes de la grande arche. Descendre vers la Seine sous les néons qui s'allument. Dix heures, Montparnasse, le train du retour. Le contrôleur nous demande si nous sommes frère et sœur. Je souris. Elle demande si ça ne me gène pas avant de m'endormir sur mon épaule. Non, ça ne me gêne pas.

jeudi 26 février 2004

Longue durée

26 février. Déjà la fin du mois. C'est dingue comme le temps passe vite. Ça va bientôt faire la moitié d'une année que je passe mes journées à ne rien faire. Enfin, pas exactement, mais c'est comme ça que j'ai envie de l'écrire. Et je n'ai pas franchement l'impression d'avoir vu ce temps passer. Je ne me souviens pas m'être jamais ennuyé. Je n'ai pas non plus l'impression d'une fainéantise excessive. Juste que, les semaines s'enchaînent strictement identiques. Les jours défilent à toute allure. Nuit, jour, réveil, déjeuner, dîner, week-end, semaine ; routine reglée comme une horloge et qui sembe de plus en plus immuable. On dirait que tout ça m'échappe petit à petit, que j'ai peu à peu perdu conscience du temps qui passe. Peut-être parce que je n'ai pas de référence extérieure qui me rappelle le calendrier. Cinq mois. Je bouge encore un peu mais plus ça va moins j'ai envie. Mes repères se simplifient de plus en plus. Et je n'ai pas vraiment l'impression que les choses aillent en s'arrangeant. Il faudrait vraiment que ça se chamboule rapidement, je commence à avoir des craintes pour la suite.

samedi 21 février 2004

Migraine

J'ai un mal de crâne tenace qui me poursuit depuis plusieurs jours. La faute sûrement aux deux ou trois nuits d'affilée à me coucher à trois heures du matin. Je n'aurais jamais dû réinstaller les Sims. Résultat, je peux difficilement tenir devant un écran (ou une télé ou un bouquin) plus de cinq minutes et c'est les larmes aux yeux que j'écris ce post. J'exagère un peu, mais j'ai quand même fait un début de conjonctivite. Du coup, pour remplacer l'horrible chose sombre et floue qui me servait de moniteur, papa m'a offert un écran plat. 17″, 1200×1024, avec ClearType activé, c'est très joli. Je me demande ce que je vais faire de toute cette place – quand je vois ça, je me suis perplexe. Je vais prendre quelques jours pour réfléchir dessus et me débrancher le neurone. En même temps, c'est pas comme si j'avais des tonnes de nouvelles choses à raconter, à part me plaindre et étaler ma nostalgie, donc quelque part, ça ne tombe pas plus mal.

mardi 10 février 2004

Administration

Onze heures moins cinq. Je demande à l'hotesse d'accueil, à la jolie hotesse d'accueil où je dois aller pour m'inscrire. Au guichet d'à côté. Précisément dans cette déjà longue file d'attente. Je n'ai pas d'a priori négatif envers l'administration. Pour tout ce dont j'ai eu besoin, je n'ai jamais eu de problèmes. La seule chose c'est de savoir que de toutes façons il faudra attendre. Alors j'attends.

Depuis qu'ils ont refait les locaux place Bretagne, la Sécu semble moins austère. Du travail de conseiller en communication, indubitablement. Deux guichets, file unique. Une jeune fille blonde, bouclée, avec un accent de l'est, s'avance au bureau le plus proche. Un panneau indique d'attendre derrière la ligne jaune pour des raisons de discrétion. Je suis discrètement la conversation. Elle est étrangère, elle est en CDI depuis le mois d'août et est tombée malade en janvier. Son ex-mutuelle étudiante, dont elle n'est plus dépendante, lui a conseillé d'aller voir ici. Il y a deux semaines elle a juste déposé ses feuilles de soin dans la boîte postale. On lui dit qu'il aurait fallu qu'elle s'inscrive d'abord. Qu'il aurait fallu venir ici demander Je ne suis plus étudiante, je fais quoi ?. Elle a peur d'avoir perdu ses feuilles de soin et de ne pas être remboursée. Elle s'exaspère après le manque d'information.

L'autre guichet m'appelle et me donne un feuillet à remplir. Je ne suis plus étudiant, je fais quoi ? je leur avais demandé au téléphone. Un RIB, ma carte vitale, ma carte d'identité et ma pomme. Elle me dit que j'aurais pu aller à l'antenne d'Orvault au lieu de faire la queue au central. Au téléphone on m'avait dit le contraire. Je lui épelle mon nom. Elle me dira quand un bureau sera libre. La fille de l'est est en pleurs. Réactions diverses de l'assistance. Sur une banquette en bois j'attends que mon nom s'affiche en vert sur le LCD. L'hotesse a du mal à le prononcer. Elle s'excuse. On nous regarde. Sourire jaune. Bureau numéro sept.

Onze heures dix. Au bureau numéro sept, Marie-Hélène Guilbaud me demande mes papiers. Marie-Hélène Guilbaud est une cinquantenaire teinte en rousse, au regard sévère et à la voix sèche. Elle recopie mes coordonnées sur son clavier avec l'ongle d'un seul doigt. Silence. Moins austère, vraiment. Le bois et les plantes vertes dispensent une certaine chaleur qui, elle, détend l'atmosphère. Au guichet d'à côté, une jeune assistante raconte à deux retraités que non, Carole n'est plus à ce service, qu'elle a eu une promotion et qu'elle était sa remplaçante. Ils n'y perdent pas au change, non. Marie-Hélène Guilbaud rompt sa concentration monacale pour me demander quelques précisions. J'ai moins l'impression d'être en face d'un robot qui se contente de retranscrire ma fiche. Je recevrai ma nouvelle carte dans quelques semaines. En attendant, voici une attestation.

En sortant, je repasse devant l'accueil qui est redevenu calme.

vendredi 06 février 2004

Chut

Le ton général des dix derniers posts reflète un peu trop à mon goût l'obsession tenace qui m'a tenu le nez dans ces scripts de gestion de contenu pendant toute la semaine. Du reste, il va sans doute me falloir un peu de temps, histoire de digérer le code produit et d'oublier un peu les méandres de cette interface d'administration, avant de pouvoir m'en reservir pour bloguer normalement – comme avant, disons. Quelque part, ça tombe bien, j'ai reçu un bon d'achat pour des livres et je n'ai plus rien en stock. Je ne vous avais sans doute pas dit comme j'apprécie à nouveau l'odeur des poches tout juste sortis du magasin. Les Folio sentent d'ailleurs meilleur que les J'ai lu, même si le dernier que j'ai acheté était mal imprimé – il manquait beaucoup de poncutation. Il faut aussi que je continue de dessiner ; des choses simples, pour qu'elles me donnent la flatteuse impression qu'il ne s'agit que d'une technique, et comme toute technique, une technique qui s'apprend. Donc j'ai un peu envie d'écrire au ralenti. Une fois de plus. Mais cette fois c'est sérieux. Voilà. Vous êtes prévenus.

mardi 27 janvier 2004

Vibrations

Je me demande si je travaille mieux avec ou sans bruit. Il y a ce poseur de parquets qui découpe ses lattes à la scie sauteuse. Il y a ces discussions envahissantes, du comment on en devient à travailler chez Saint-Maclou et du vous pourriez m'apprendre à me servir de mon nouvel ordinateur portable acheté chez Boulanger. Il y a la radio, trop forte, reglée sur Radio France Bleue, qui passe de la mauvaise variété. Et ces petits ennuis, en bruit de fond, qui ne veulent décidément pas me laisser tranquille. Il y a ces comédies simplement marrantes, Stardom en l'occurence, enfermé dans la chambre de mes parents pour échapper aux hurlements du bois. Il y a la musique aussi, Basement Jaxx, Stevie Wonder, que le calme d'une pause déjeuner me permet de l'entendre, et que d'autres apprécient, du reste. Et la voix de ma soeur à 400km.

vendredi 02 janvier 2004

Réveillon et dépendances

Finalement, je ne suis pas allé à la petite fête chez Eric – convaincu que j'allais indécemment m'y ennuyer et que au fond, la perspective de passer le réveillon avec papa n'était pas si terrible que ça. On a bien mangé, devant la télé – contre ma volonté, et au passage, je déteste LCI et je déteste Arthur.

Vers dix heures et demie, on est sortis voir les festivités à Nantes. Depuis trois ans, la ville organise un happening agrémenté de performances en plein air. En fait, ça a dû commencer avec l'engoument populaire pour le Royal Deluxe et ses marionettes géantes, qui ont défilé dans les rues de la ville il y a quelque temps, au milieu d'une foule compacte et enthousiaste. Cette fois, c'était une allégorie sous-marine, avec le soleil et la lune en guest star, sous la forme d'immenses ballons gonflés à l'hélium, manipulés depuis le sol ; suivie d'un discours quelconque du maire et du plus traditionnel feu d'artifice. Il y avait beaucoup de monde et les gens suivaient instinctivement les mouvements des artistes, d'un bout à l'autre du terre plein. Je ne sais pas si c'était fait exprès, mais c'était impressionnant de voir les spectateurs marcher en ordre dispersé dans la même direction. Quand tout fut terminé, la même foule s'est disloquée en plusieurs blocs vers les quelques points de sortie de la place. Sur la passerelle Schoëlcher, on était plusieurs centaines à traverser la Loire, à petite allure. J'ai eu un peu peur qu'elle s'écroule.

On a fini la soirée tranquillement à la maison, moi accroché à Soie et papa essayant desespérément d'appeler ma soeur. Un 31 décembre, vers une heure moins le quart.

Le lendemain midi, on est parti sur Angers, récupérer Sarah de son réveillon qui avait lieu dans les environs – pour la traîner à un déjeuner convivial avec les chers amis de mes parents. On a eu droit à la démonstration du rétroprojecteur emprunté au boulot et à la cassette de la fête d'anniversaire/fin d'études des deux ainées. Une réception dans une grande salle assosciative avec son quota de larmes, de bon sentiments et de cadeaux façon liste de mariage – la plus grande partait sur Paris. Vers la fin de l'après-midi, le paternel ayant visiblement abusé de la boisson, s'est mis à engueuler vertement ses filles, incapables de se servir du caméscope. Et au moment où tout s'est mis à marcher, il a continuer à marmoner dans son coin, une guitare à la main.

Le plus jeune fils a lui brillé par sa non-présence – quinze ans, l'âge ingrat paraît-il. On l'a entr'aperçu au repas et aux moments sociaux (Bonjour, Bises, Au revoir) et il n'a pas décroché un mot. Le reste du temps il s'est enfermé dans sa chambre avec sa X-Box de Noël. Ça me rappelle vaguement quelqu'un. Sauf que moi, je faisais au moins l'effort de faire acte de présence avec les invités – meme si je n'étais là qu'à but décoratif. Je me voyais mal aller discuter avec lui de ça, même si au fond ça aurait pu être instructif. Mais bref.

On n'a pas eu de neige, comme prévu, juste beaucoup de pluie. Le soir, avant de s'endormir, Sarah m'a demandé de lui dire des choses gentilles. Je me suis exécuté avec peu d'inspiration.

vendredi 26 décembre 2003

Derniers Jours

Je me sers de l'ordinateur de mes parents pour écrire, parce que mon forfait internet personnel peau-de-chagrine. Réflexes conditionnés, je me retrouve à utiliser mes vieux raccourcis clavier pleins d'obscurantisme, qui évidemment ne marchent que sur ma machine. Et je peste, comme ça ne fonctionne pas comme d'habitude. Les détails de la vie d'un geek à l'aube du XXIe siècle. Première.

Le minilog est en sursis. Au fond, je me demande si ce n'est pas juste un gadget de plus. Je regarde comment d'autres s'en servent  ; et force est de constater que d'une, je n'ai pas les moyens de surfer assez pour trouver autant de choses loguables, de deux je n'ai pas envie que ça me serve d'excuse pour ne plus poster de façon normale. En même temps, vous me direz, des posts comme celui-ci, vu son ratio texte/contenu, auraient tout à fait leur place sous un format plus minimaliste. Et ne faites pas semblant de rien, je vous ai entendu.

Sinon, Noël est passé, j'ai eu de jolis cadeaux, merci pour moi, dont un livre sur les techniques du dessin – qui ne me fait pas désespérer d'arriver à faire quelque chose de mes dix doigts – et une clé USB avec lecteur MP3. Ahem. Passons. J'ai aussi eu deux-trois coups de fil qui m'ont vraiment fait plaisir. Les gens s'inquiètent, peut-être que je ne devrais pas me sentir aussi bien, avec les grands vides qui me hantent depuis quelques mois. Mais présentement je vivote, plutôt vers le haut.

J'ai fini la compilation pour la blogthèque, que je vais m'empresser d'envoyer. Elle est triste, avec beaucoup de guitares et de pianos, et je suis en fait incapable de la réécouter en ce moment. Mais j'en suis assez content. Si ça en intéresse d'autres, je peux en re-graver. J'ai fait une belle pochette, et je me sers du magasin de photos comme imprimante. Je me demande s'ils ne vont pas commencer à raler.

La question du 31 s'est résolue de manière un peu inattendue. En fait, je n'ai vraiment pas envie d'une réunion entre jeunes. Je déteste les gens, et certains gens plus que d'autres. Mais je me dis que rester tout seul serait encore pire. Mes cousins m'ont proposé de réveillonner avec eux, vu que leurs parents ont invité mon père. Ils organisent une soirée avec leurs amis de la chorale paroissienne. Ça risque d'être assez désagréable, mais tant pis. J'ai connu plus ennuyeux. Allons-y gaiment. En dernier recours, je boirai.

Du reste, je ne pense pas reposter d'ici là. Bonne année, donc, à toutes celles qui le méritent.

vendredi 19 décembre 2003

Ligne 3

Comme qui dirait, dans une optique comparative entre les différents moyens mis à ma disposition pour atteindre le centre urbain de Nantes, j'ai laissé ma voiture au parc-relais et j'ai pris le tram. À la base, signalons que j'habite dans la campagne, à environ un quart d'heure de marche au delà du bourg d'Orvault, zone desservie par aucun transport collectif. Cette semaine, donc, pour mes achats de Noël, je prenais la voiture jusqu'à Nantes. Or, j'avais de plus en plus de difficultés à m'y garer. En centre ville faut oublier (c'est étudié pour, et tant mieux), sur Gloriette (une sorte de grand terre plein où coulait autrefois la Loire, remblayé en un immense parking ouvert) ce n'est plus possible, même aux Urgences, à cinq minutes à pied de la place du Commerce, c'est plein. La dernière fois, je me suis garé de l'autre côté du fleuve, à côté du palais de justice. Quinze minutes de marche. Donc, marre, hop, parc-relais.

Les bons points. J'ai été agréablement surpris par le temps mis pour atteindre le centre – 15 min. montre en main. Et puis, pas besoin d'avoir à tourner en rond pendant une heure à la recherche d'une place. Et le côté civique-désengorgement-embouteillage tout ça.

Les choses à améliorer. D'abord la desserte. Je suis de toutes façons obligé de prendre la voiture pour aller à Nantes, rien que pour atteindre les parc-relais. Bon c'est possible que ça s'améliore dans quelques années, par exemple le bourg de Vertou dispose depuis quelques jours d'une desserte en TER qui met 12 minutes à atteindre le centre. Moi, pour avoir un trajet aussi rapide, j'ai du de me rapprocher sensiblement de ma destination et rouler vingt bonnes minutes en banlieue. Par expérience, je sais qu'il y a un parc-relais à côté de mon ancien chez moi, sur une autre ligne de tram et beaucoup plus proche d'Orvault. Le problème c'est qu'il y a du coup une demi-heure de tram. Beaucoup moins intéressant.

Ensuite, le prix. Deux euros aller/retour. Même si c'est sans doute au fond moins que le prix en essence + amortissement que le trajet m'aurait coûté en voiture. Sauf que psychologiquement, j'ai dû sortir mon porte-monnaie avant de monter dans la rame. Je sais que c'est le genre de choses qui me bloquerait si c'était plus fréquent – heureusement que je suis un autiste qui ne sort jamais. Et puis deux euros, c'est plus cher que deux heures de parking payant en surface au centre-ville. Et en parking souterrain, je n'en parle même pas. Je sais par ma soeur (qui fait des études là dedans) qu'il y a des réflexions en cours sur la gratuité des transports en commun, déjà instaurée dans plusieurs agglomérations moyennes. Je pense que ça aiderait – avec bien sûr une taxe compensatoire quelque part ailleurs, mais au moins, il n'y aurait pas le problème du porte-monnaie.

Parce qu'au fond, je reste fondamentalement convaincu que c'est une bonne chose que d'encourager ce genre de comportements. Sauf que moi, je suis contraint et forcé de prendre la voiture. De toutes façons. Je n'ai pas d'alternative viable. Même si j'adore prendre le tram, que je suis toujours comme un gamin à regarder le monsieur dans la cabine, à manipuler tous ces boutons, ; que j'aime bien la promiscuité forcée des heures de pointe, qui me rappellent quelques grands moments de ma jeunesse ; que je suis toujours avec intérêt les travaux en cours et les évolutions du réseau.

Au passage, un truc bon à savoir, si un jour vous me voyez en train de m'emmerder profondément, donnez-moi une carte d'un réseau quelconque, un plan de métro, des schémas de bus, des cartes routières... J'adore les regarder. Je ne saurais pas dire ce que j'aime exactement. Peut-être la manière dont les lignes parcourent abstraitement le papier tout en reflétant au fond certains comportement sociaux, les centres, les périphéries, les grands axes, les équipements, les échangeurs. Quand j'étais jeune, je dessinais des schémas d'échangeurs tellement ça me fascinait. Et des trucs compliqués. Il doit y en avoir des traces sur le net. Je faisais des schémas autoroutiers, aussi, dans des pays imaginaires, dont j'organisais le réseau petit à petit. Et des embranchements de tramway, avec les rails, les caténaires, les pantographes, les feux de signalisation. Je m'amusais comme un fou, pendant des heures, devant Paintbrush. L'autre jour, sur la disquette avec mon vieux journal intime, j'ai aussi trouvé ces vieux plans. De plus en plus complexes et structurés. Je me demande si je n'ai pas raté une vocation. Une de plus.

jeudi 04 décembre 2003

Du (vague) mieux

La vérité, c'est que rien n'a l'air de vouloir s'arranger, mais qu'étrangement je commence à m'habituer à cet état de fait. Un peu. Au niveau de la recherche d'emploi, toujours le calme plat : quelques refus, quelques hésitations face à des annonces limite et l'agacement devant les deux ans d'expérience demandés dans les offres pour débutants – ce qui ne m'empêche pas de répondre, enfin pas trop. Je me demande par ailleurs si au fond j'ai une quelconque crédibilité quand je candidate à des postes de webdesigner, surtout que je n'ai aucune preuve tangible de ce que je sais faire. Ce qui me rassure vaguement, c'est que les autres du DESS ont l'air de ramer autant que moi. C'est pas très gai comme perspective, mais ça l'est déjà plus qu'à l'époque où tout le monde avait un stage, alors que moi j'étais encore sur le carreau.

Au niveau familial, mon père a repris un rythme de travail un peu plus soutenu, ce qui me laisse donc beaucoup plus de temps pour/avec moi-même – et accessoirement sans lui. Sarah, mi-figue, mi-raisin ; elle revient toutes les semaines, on rigole souvent entre quatre yeux et il fait doux entre ses bras. Mais son visage est toujours aussi triste.. Elle me disait avoir envie d'abandonner les cours. Je n'ai pas su quoi lui répondre. Lui avancer les théories nihillistes que je développe en ce moment, je ne suis pas certain que ce soit approprié. Pourtant dieu sait qu'elles me semblent cohérentes. Je me souviens qu'elle exposait parfois ce genre de doutes à ma mère et qu'en général elle ne demandait que quelques encouragements. C'est donc ce que je lui ai donné. Elle me manque toujours autant. Il y en a une autre qui me manque. Certaines de ses réflexions me reviennent en tête. C'est ça qui est embêtant dans les discussions sur les relations humaines, c'est qu'au fond on finit par leur réappliquer leurs propres conclusions.

Au niveau intellectuel, j'essaie quand même de travailler un peu, je programme de petites choses, je me suis porté volontaire à un projet open-source. Rien de follichon, donc. Pourtant, à croire que c'est un endroit moins creux de la vague, mais le moral est un peu remonté – sans raison apparente. La musique et les comédies des frères Coen aident bien, accessoirement.

mardi 02 décembre 2003

Attention

Ça fait toujours bizzare quand quelqu'un (généralement un professionnel) manipule avec une aisance presque familière les objets auxquels vous accordez une forte valeur émotionnelle, alors que vous prenez habituellement soin d'eux avec un tact méticuleux. Cet après-midi, un accordeur est venu régler le piano de ma soeur. Il lui a ouvert les entrailles, a secoué les panneaux de bois, pincé les cordes et tourné les clefs ; le tout presque machinalement, sans doute comme lors des centaines d'accords qu'il a déjà réalisés. Sauf que de l'autre côté, évidemment, c'est l'une des premières fois – et je sais que si je tenais à ce piano comme Sarah y tient, j'aurais sans doute quelques inquiétudes devant sa brusquerie. Généralement, il me faut un certain temps avant de m'approprier un tel objet, avant de me faire à sa présence et de le traiter normalement. Je suis, du reste, toujours un grand enfant lorsqu'il s'agit de ce genre de choses. Aujourd'hui, je monte et démonte un ordinateur les yeux fermés, mais à une époque j'appréhendais de le ramener au magasin pour le faire réparer. Pareil pour mon appareil photo. Je suis peut-être un brin matérialiste... – au sens galvaudé du terme.

samedi 22 novembre 2003

Vrai/faux

Au détour d'une conversation au restaurant avec une amie, papa a discuté de manière assez surréaliste des jeunes et du cannabis, du comment il ne savait pas trop annoncer aux parents que leur enfant accidenté était sous l'emprise de la drogue, des statistiques sur la hausse de la consommation chez les 12-25, du fait que bien souvent les parents ne sont pas au courant que leur enfant fume. C'est ça qui m'a fait tilter en fait, qu'il s'étonne de ce déphasage chez ses patients, alors qu'il est exactement dans le même cas. Je ne sais pas comment il réagirait s'il apprenait qu'à une certaine époque... enfin je n'ai jamais été un consommateur régulier, l'autre jour j'ai fini par en refumer un – le premier depuis six mois : j'ai eu envie de vomir au bout de la troisième bouffée. Mais c'est juste étrange que dans sa profession, mon père ait l'occasion d'être confronté à de tels problèmes relationnels parent-enfant, et qu'il ne soit pour autant pas capable de mieux les gérer avec sa propre famille.

mercredi 05 novembre 2003

Words

Du temps que j'allais bien, j'arrivais encore à produire quelques posts sublimement acides et vraiment inventifs. Et comme à chaque fois que ça va mal, je me demande si j'y arriverai à nouveau un jour. Pas de panique, la plupart du temps c'est involontaire. Et c'est sans doute la différence qu'il y a entre moi et les gens qui savent vraiment faire de l'art. C'est que la plupart du temps, je ne fais pas exprès de produire de jolies choses. Dommage.

Je suis aussi un peu énervé par le nombre de fautes de frappes que je fais. Alors que je me relis avec attention. Damn.

On est passés à Somewhere avec papa, parce que j'avais un peu envie de m'acheter un nouveau manteau – et accessoirement un nouveau style. Le sportswear trop prononcé de mon actuelle garde-robe (enfin surtout mes chaussures et mon gros manteau d'hiver) ça commence un peu à m'agacer. Même si je n'aime pas trop me prendre au sérieux, des fois je me dis que je suis trop vieux pour porter ce genre de trucs. Ou trop moche. Ça dépend.

Finalement je n'ai rien pris, en partie parce que j'ai encore les remarques de Attention Danger Travail qui me trottent dans la tête. Pendant que j'y suis, il ne me semble pas en avoir parlé, mais l'autre jour j'avais totalement flashé sur un pull avec une fermeture éclair latérale intégrale, qui semblait arborer un gros déshabillez-moi qui me plaisait bien. Comme par hasard, ils n'avaient plus ma taille. Damn.

Sinon, je bois Houellebecq avec délice. Ça me rappelle mon post sur Extension du domaine...; et c'est vraiment ça. C'est ponctué de remarques philosophiques et de références intellos. Et aussi il y a les détails qui me renvoient à ma propre vie. J'aime bien.

Enfin, il faudrait que je relance les personnes que j'ai vu pour un entretien il y a deux semaines et qui m'ont dit avoir besoin de ce laps de temps pour décider – donc ils devraient maintenant avoir leur réponse.

Ma soeur me demande de venir la rejoindre à Paris, pour de bon, pas juste pour quelques jours volés entre deux trains. J'aimerais bien, mais j'hésite un peu à abandonner papa. Le problème c'est que de toutes façons je ne pourrai pas soutenir les deux en même temps. Et pour le moment je m'inquiète plus pour mon père. Et aussi, je me vois mal partir de cette magnifique maison, dont une pièce à l'étage ne demande qu'à être aménagée en antre pour autiste en pleine regression, par mes soins bien sûr. Malheureusement, je ne crois pas que la décision m'appartienne en fin de compte. J'irai où je trouverai du travail.

lundi 03 novembre 2003

I'm blogging this

Des fois je me pose quand même des questions, pour savoir si l'espèce humaine n'est pas finalement un cas desespéré, tant il y a de bagarreurs, d'égoïstes, de méfiants, de sectaires, etc., à se taper les uns sur les autres partout dans le monde. À se demander si ça vaut la peine de continuer pour le peu de gens qui restent.

Sinon, au chapitre des petites contrariétés quotidiennes, mon téléphone a de nouveau rendu l'âme – enfin, plus précisément, il se bloque à chaque appel entrant, m'empêchant non seulement de répondre, mais en plus de voir le numéro de la personne qui cherche à me joindre. Comme par hasard, au moment où j'attends des coups de fil – il m'avait déjà fait ça quand j'attendais des réponses pour mon stage. Et il n'est plus sous garantie. Grmbl.

Je stresse encore un peu plus au niveau de la recherche d'emploi – ça fait un mois, petit palier. On me parle de postes de chagés de T.P. en première année à l'école centrale, ça pourrait m'occuper en attendant. Je songe aussi à partir, ailleurs, à l'étranger j'entends. Mais je n'ai pas trop d'opportunités et je n'ai pas plus étudié la question que ça.

Dans deux mois c'est la fin de l'année. Je sais que c'est dans encore longtemps, mais comme tous les ans depuis deux ou trois fois, je me demande ce que je vais bien pouvoir faire – cette fois encore plus. Je pense aux statistiques et aux gens qui se sentent encore plus seuls pendant les fêtes, et je commence à me dire que je vais petit à petit en faire partie. Et ça me rappelle le délicieux Christmas Blues repris par Fiona Apple.

Bells will be ringing the sad sad news
Oh, what a Christmas to have the blues
My baby's gone, I have no friends
To wish me greetings, once again...

jeudi 30 octobre 2003

Untitled (encore)

Il me reste environ trente six mille heures sur mon forfait free, donc je télécharge la dernière release de Firebird. Six mégas à 3ko/s. J'ai cherché un miroir efficace pendant une demi-heure. Même pas honte. Je viens de finir ma tournée des sites de petites annonces. Sérieusement, ça commence à faire longtemps que je n'ai pas répondu à une seule offre. L'armée ou les salles de marché, c'est là que se concentrent les propositions. Et je me dis, pas question de bosser là dedans. Mais ça m'inquiète légèrement quand même.

Le temps que Suzanne Vega se termine. Note, j'ai eu une jolie surprise en découvrant qu'en fait c'était elle qui chantait Headshots, une gentille ballade que j'ai passé quelque chose comme six mois à chercher sur Kazaa. Et c'est tout étonné que je l'ai retrouvée sur un des CDs de Fréd. À part ça, Mission To Mars est un navet. Je me demande à quoi peuvent bien servir les consultants scientifiques. S'ils laissent passer autant d'âneries que dans ce film, je ne vois pas à quoi peut bien servir leur caution. Un documentaire un peu publicitaire sur Attrape-moi si tu peux m'a rappelé à quel point c'était au contraire un bon film.

Et Yacine a téléphoné, comme ça, parce qu'il s'emmerdait et qu'il avait trouvé mon numéro de fixe sur internet. Oui, c'est le genre de trucs qu'il fait. Ça, ou m'envoyer des SMS pendant qu'il est en cours. Du coup on a parlé de tout et de rien pendant un quart d'heure. Les jeunes sont bizzares de nos jours.

Fréd me dit qu'elle pense à moi.

Occupations

Un minilog, j'y repense, oui, c'est intéressant dans le concept, et ça me ferait un jouet pour m'occuper entre temps (code + design). Je commence un peu à m'ennuyer, même si je ne devrais pas : j'ai amplement de quoi m'occuper, en théorie. J'ai le livre sur la programmation objet qu'on m'a demandé de lire après l'entretien de la semaine dernière – au passage, Xavier a aussi répondu à cette annonce, mais ça m'inquiète pas trop. J'ai aussi du Houellebec et le Seigneur des Anneaux à terminer. Ultime régression, je passe même du temps sur l'extension de NeverWinter Nights. Sh1ft.org sort une nouvelle liste de 26things le 1er novembre, ça m'occupera de sortir faire des photos. Et au pire, il reste la télé. Ce soir c'était Nos vies heureuses et Incassable. J'ai adoré le premier et détesté le second. Et quelques toiles que j'ai à me faire aussi, dont Attention, Danger Travail, mais pas Elephant finalement, pas envie. Et Matrix sort sous peu. De quoi faire, donc.

Sauf qu'à tourner, là, sans voir personne, enfin bon, je vous laisse imaginer. En ce moment j'ai un peu tendance à partir dans de grands délires introspectifs que j'arrive avec peine à traduire par écrit ici. Je me souviens de l'idée du clavier directement branché à mon cerveau, ou quelque chose comme ça, qui serait bien plus pratique pour bloguer. En fait, je cogite tout le temps. À plein de choses, parfois intéressantes, parfois au ras des paquerettes. J'ai tout le temps une voix - ma voix - qui parle dans ma tête, suivant des assosciations d'idées pas toujours claires. Et je me dis que parfois ce serait bien que j'arrive à faire parler cette voix, parce que ce n'est pas toujours n'importe quoi ce que je raconte. Il faut juste un peu suivre. Ce que ma vraie voix, celle qui bafouille systématiqement, n'arrive pas à faire. Il y a des tonnes de choses que j'aimerais partager mais que je ne sais pas comment amener sans que ça tombe comme un cheveu sur la soupe – et sans que ça ennuie les gens. Ou alors faire dans l'analyse froide et systématique (mots très mal choisis). En ce moment, j'ai envie de faire une retranscription de ma biographie dans ce genre. Je m'y mettrai peut être un jour.

mardi 28 octobre 2003

Untitled

Parlons peu mais parlons bien. A.k.a. pas répéter encore les mêmes banalités sur l'état morose dans lequel je suis. Je vivote entre deux ou trois palliatifs, comme le dernier single de Muse ou encore apprendre les paroles des albums de Gomez. Ça faisait longtemps que je n'avais pas fait ça, récupérer les paroles sur internet, pour au moins hurler les bons mots, à défaut chanter juste – mais je n'aime pas ma voix en général, encore moins quand je chante. Heureusement que je ne fais subir ça à personne.

Et là je me disais que l'ADSL c'était bien au moins pour récupérer des chansons. Parce qu'en attendant de toucher mon premier salaire, ma cédéthèque n'avance pas trop. Durée moyenne de recherche d'un premier emploi pour un jeune diplômé: 3,6 mois (source APEC). Ça va, je suis encore dans les temps. Je commence à considérer les jobs qui ne m'intéressent pas, tout en m'interdisant (pour le moment) de répondre aux offres de Dassault ou des banques. Objection de conscience.

Et sinon, je fais toujours dans la régression pré-ado genre je déteste le monde, les gens, les filles, mon père. Je les déteste et ils me manquent, bien sûr, sinon ce serait pas drôle. Et moi, bien sûr, je me déteste. Mais inversement, je ne me manque pas trop. Oui, ça va le melon, merci. Je prends accessoirement du poids aussi, logiquement, vu que je ne sors plus que rarement, et toujours en voiture. Mais ça à la limite on s'en fout pour le moment, vu que j'ai de toutes façons une mine affreuse. Bref. Update completed.

jeudi 23 octobre 2003

Vide

Je finis par me demander si je retrouverai un jour le confort précaire d'il y a quelques mois, qui me semble aujourd'hui en comparaison être un havre de paix, comparé au vide que je ressens. Mais quoi, là, le monde m'horripile desespérément. Et la personne que j'aime plus que tout est à deux heures de train; et je ne peux rien lui confier de ma peine parce que je ne veux pas l'embêter avec ça. Parce qu'il faut qu'elle se sente le mieux possible, alors je me sacrifie. Chienne de vie.

Je relis le mail de Fréd, parce qu'il y a toujours des morceaux qui m'échappent à la première lecture (je ne sais pas pourquoi). Je m'inquiète vraiment pour elle, à cause de la crise existentielle qu'elle traverse. J'aurais aimé lui trouver des raisons de continuer (à vivre), mais à quoi bon se leurrer, si j'en avais, je ne serais pas dans le même état. Sauf que moi j'ai un vague espoir. Elle aussi, quelque part. Et j'espère vraiment que la personne en question comprend l'état dans lequel elle est et à défaut de pouvoir y faire quelque chose, fait tout pour la garder accrochée à la vie.

Chacun ses problèmes, mais ça m'exaspère d'être impuissant. Comme quand ma soeur dégouline de toutes ses larmes et que je ne peux rien faire, sauf la serrer dans mes bras. Des fois, c'est quand même dur d'être autant cassé en mille morceaux sans avoir quelqu'un pour vous recoller.

Ce qu'il me reste vaguement ? Chercher un travail, me vider la tête, aller au ciné, seul, m'occuper des tâches administratives, me promener faire des photos. Et éviter les tête-à-tête avec papa, qui passe son temps à chercher la compassion dans le regard des autres, et les souvenirs de son amour dans la voix de son fils. En ce moment, je pleure beaucoup. Parfois sans raison. Tout ça est injuste.

J'ai envie de m'évader, que tout se résolve d'un coup de baguette magique, qu'on me réponde tout de suite oui pour l'entretien, que je trouve un duplex à Paris, que Fréd me pardonne de n'avoir été qu'une boule de nerfs hargneuse, et que je file le parfait amour avec une inconnue rencontrée dans la rue (ou un sosie de Brad Pitt). Et que je gagne au loto, tant qu'à faire. Et que maman revienne.

Merde.

mardi 21 octobre 2003

News from the world

Je reviens juste de Paris, ou j'ai passé le week-end avec ma soeur. Quand les choses vont mal, on se trouve des prétextes pour passer du temps avec les gens qui vous aiment. Le prétexte pour y aller, c'était son déménagement – je sais pas si j'avais mentionné qu'elle avait, coup de bol, trouvé un appart sur Paris après avoir cherché moins de deux semaines. On lui a emmené de quoi dormir et de quoi travailler, dont pas mal de mes vieilles affaires de Lyon. Le prétexte pour rester trois/quatre jours, c'était un entretien d'embauche que j'ai, coup de bol, réussi à obtenir après avoir cherché moins d'une semaine. C'est peut-être la bonne période pour jouer au loto. C'était ce lundi, donc pour ne pas payer un billet de train pour rien, je suis resté avec elle.

Samedi après-midi, elle retrouvait des gens de sa promo de Tours, qui montaient à Paris pour aller voir Placebo. Je suis allé, une fois de plus, me promener tout seul dans Paris. J'aime bien marcher des heures, sans autre but que les parcs et les coins connus en guise de checkpoints, ça me vide la tête. Je n'ai malheureusement pas fait beaucoup de photos. J'ai passé la soirée avec elle et sa copine Anne-Claire, et le lendemain, on a fait un brunch avec tout le monde. Tout ça pour dire qu'en fait, les amis de ma soeur sont des gens très bien. Donc ça en fait au moins une dans la famille qui sait les choisir – les miens sont soit insupportables, soit inaccessibles. Et que, quand je veux, je suis pas aussi asocial que ça. L'après-midi, on est allés à la fête de la science à La Villette. Intéressant, mais sans plus, gratuit donc bondé, donc pas vraiment agréable.

Le lundi, l'entretien était assez technique. C'est bizzare, mais parmi tous les types d'entretien que j'ai fait (et j'en ai fait un paquet), ça n'avait jamais été à ce point pointilleux sur des points de détails: comment on programme ça ou ça, décrivez tel ou tel algorithme. Et presque pas de questions de RH à la con, genre celles dont j'ai les réponses toutes faites à force de les avoir entendues. Destabilisé, j'ai souvent bafouillé. D'où mon étonnement quand ils m'ont dit à la fin que j'étais dans le haut du panier parmi les candidats qu'ils ont vus. Ils continuent encore les entretiens pendant deux semaines et après ils me rappellent. Pas avant de m'avoir conseillé de lire un livre de programmation qu'ils considèrent comme une bible. Bref, wait and see.

J'ai pas mal pensé à Fréd aussi, à son silence, qui mériterait presque un post à lui tout seul. Quelque part entre la parano du elle ne veux plus entendre parler de moi et la peur de faire mon lourdingue. Des questions et des regrets, aussi. Et le vide. Mais je me sens pas d'insister là-dessus pour le moment.

Et sinon, câlins et cooconing, as usual. Ça, je sais faire. Et j'adore. Donc ça tombe bien. J'ai fait mon grand frère, j'ai essuyé ses larmes et caché les miennes; elle m'a pris dans ses bras et m'a tenu chaud. Elle, je l'aime.

jeudi 16 octobre 2003

Magasinage

Première séance de shopping avec papa. Je me dis qu'en fait, j'ai plus d'aisance/moins de scrupules à aller faire les magasins avec quelqu'un, ça me donne une espèce de conscience validante sur les choix que je fais. Bien que mon père ait des goûts assez conservateurs niveau vêtements, et qu'on ne puisse pas trop se fier à son avis : il finit toujours par dire oui ça va, même aux trucs qui l'ont fait grimacer trentes secondes avant. On a juste (vite) fait Celio et Somewhere, parce qu'il était sept heures, parce qu'ils ont des trucs que j'aime, parce qu'il fallait que je remplace vite fait mon pantalon jeune cadre sérieux (troué depuis mes entretiens de stage).

Par contre, je suis toujours dégouté par ce que je vois dans le miroir en sortant des cabines d'essayage. Et je n'arrive pas à savoir si c'est parce que j'ai des mauvais goûts, parce que les choses que j'essaie sont vraiment moches, ou parce que j'ai une tête pas possible sur un corps tout pas beau. Et là ma logique voudrait me rappeler que, comme je trouve toujours ce que je choisis très joli avant de l'essayer ou sur les catalogues, ben ça vient sans doute de moi. Hum. On va éviter de se saborder le moral, il n'en a pas besoin.

mardi 14 octobre 2003

De mon bélogue

J'aimerais que ça n'ait pas autant d'importance que ça. Que ce soit juste des mots qui courent dans le vide sans demander leur reste. Même si je sais pertinemment qu'il n'y aura jamais dedans que le sens que je veux bien y mettre. Des fois, je me dis qu'un petit carnet ce n'est finalement pas si mal que ça, et je pourrais le remplir de petits dessins et d'objets coupés-collés – comme mes cahiers de texte que je décorais. Mais bref, life update, once again. En même temps, j'ai trop de choses à raconter, donc, résumé. Je suis rentré à Nantes après la fin de mon stage. Mon père va un peu mieux, mais ce n'est toujours pas folichon. Pareil pour moi.

Juste après être revenu, j'ai repris l'avion pour aller voir Fréd à Mulhouse. Elle et moi, c'est étrange. Enfin, la vision que j'en ai de mon côté en tout cas. Quand on est ensemble, je ne me sens pas trop bien. Le problème c'est qu'avec les gens, normalement, je peux me contenter d'être grossièrement superficiel, et ça je sais très bien faire. Je sais même être agréable parfois. Mais elle, elle a ses entrées dans mon petit monde et je ne sais juste pas comment l'y faire évoluer en n'étant pas sur la défensive en permanence. Ça, et le fait qu'avec les filles, j'ai toujours des killer-répliques dans ma tête, qui se transforment en horrible baragouinage dès que j'ouvre la bouche. Et quand elle n'est pas là, ça fait un gros vide qui me desespère. C'est dingue, mais je l'aime adore cette fille. Même si on n'a quasiement rien en commun. Même si je suis mal à l'aise avec elle. Peut-être qu'elle est tombée au bon endroit au bon moment. Peut-être aussi parce que c'est la seule personne extérieure qui me prête de l'attention depuis longtemps. Je ne sais pas. Il faut peut-être juste que je me désintoxique de la messagerie instantanée – à laquelle je n'ai plus accès depuis que je suis revenu ici.

Et sinon, je suis accessoirement censé chercher du travail. Ce que je fais. Sérieusement. J'ai répondu à quoi, trois annonces depuis le début, j'ai reçu deux réponses négatives (ou assimilées). Je feuillette les offres sur internet et comme par hasard, ce n'est pas trop la joie. Il y a un programme Young Graduate Training à l'E.S.A, avec des sortes de CDD pas trop mal payés, et je me dis que ça pourrait être pas mal si j'étais pris. Genre, je partirais à l'étranger, etc. Il faut juste que je soigne ma candidature, in english, of course.

Et sinon, tout ça me desespère un peu beaucoup, donc je suis pas vraiment en super forme. Je rève à des trucs, mais ça me déçoit toujours. Et les gens qui m'aiment sont loin. Il n'y a pas trente six mille solutions. Soit j'arrête de m'attacher, soit je les choisis mieux, soit je me rachète un hamster.

jeudi 25 septembre 2003

J'essaie

Par exemple, Mat est effectivement actuellement en train de squatter chez moi, et ça se passe plutôt pas trop mal. Par exemple, j'ai eu une réponse attentiste au premier mail que j'envoie pour chercher du travail. Par exemple, je finis le stage mardi prochain, et je commence à réfléchir à mon retour sur Nantes. Par exemple, ma Fréd fait son autiste et j'ai un peu envie de l'imiter – quoique bon, ça fait un peu 23 ans que je le fais, ça. Par exemple, j'ai décroché une mention bien à mon DESS.

mardi 23 septembre 2003

Les jours diminuent

Voilà. Ça commence. Il fait de plus en plus noir quand je me réveille le matin. Le froid et les entrées/sorties dans le noir vont revenir petit à petit. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me colle un sentiment bizzare. Comme si j'avais été habitué à assoscier ce déclin de lumière/température avec le début de ces journées entières à faire l'aller/retour de chez moi à la fac. J'ai dû le faire pendant au moins dix ans alors forcément, ça fait décalage. Quand on y pense, que ça passe vite. J'ai brièvement révé de ma mère. Je pense à Fréd dont je n'ai pas de nouvelles depuis trois jours et ça m'inquiète. Les coups de fil à la maison sont à nouveau silencieux. Un silence gênant qui fait un peu mal. J'aimerais que tout ça change. Ou cesse, je ne sais pas encore. Je me sens triste.

jeudi 18 septembre 2003

Life update

La vie continue plus ou moins bien, malgré la douleur. La fin du week-end le début de semaine a été vraiment difficile. Pas tant pour moi, parce que je commence tout doucement à me faire à l'idée que maman est partie – mais mon père lui a du mal à s'en remettre. Entre les allers-retours au funérarium et les condoléances des proches, ça n'est jamais sorti cinq minutes de sa tête. J'espère que le temps pourra faire son deuil, sinon j'ai peur que la dépression le gagne.

J'ai profité du fait que je devais rentrer à Lyon malgré tout pour soutenir mon stage, pour m'échapper un peu de cette ambiance larmoyante, qui bien que totalement légitime, a commencé à me peser un peu. C'est que je n'ai pas vraiment envie d'assumer tout ça, même si je sais que c'est mon devoir de soutenir mes proches. Et je le ferai. Mais une petite escapade loin de tout m'a fait du bien.

La soutenance s'est bien passée (comme prévu, dirait-on), et je suis content d'avoir ça derrière moi. Compte tenu des circonstances, mes hôtes ont été plus que prévenants à mon égard. J'ai également revu rapidement quelques connaissances, autour d'un rapide apéro, conclu en promettant de garder le contact et en poignées de main qui laissent des regrets – dommage que je n'aie pas eu plus le temps de vous connaître.

Plus tard, je devais retrouver ma Fréd adorée, qui s'est proposé de me tenir compagnie et accessoirement de me raccompagner en voiture à l'autre bout de la France. J'étais content de la voir, elle m'a changé les idées. Sept heures d'un road-trip musical et somnolant, j'étais serein.

L'enterrement aura lieu samedi, et j'espère que la vie pourra commencer à reprendre le dessus. Pour l'instant on a tous l'esprit un peu occupé, mais il faudra qu'on tienne le coup quand tout ça sera un peu retombé. We'll see.

jeudi 11 septembre 2003

Happy Birthday

C'était aujourd'hui mon anniversaire. L'occasion de voir que les personnes qui comptent pensent parfois à moi. Ça me rassure. Les *un*significant others n'ont par ailleurs pas trop relevé. Tant mieux. Malgré tout, je ne suis donc pas si seul que ça. Même s'il n'y a personne à mes côtés ce soir – elle est repartie. Je sais que dans de (trop) lointains ailleurs, les gens sont là. Merci, les gens.

vendredi 05 septembre 2003

Automatismes

Les choses se suivent au jour le jour et suffisent pour le moment à m'occuper. Ma soeur arrive ce soir pour passer quelques jours chez moi – enfin! , depuis le temps que je l'invite. Il va falloir que je m'éclipse un peu plus tôt du boulot pour aller la chercher à la gare. J'avais aussi prévu d'en profiter pour acheter mes billets pour Lyon, mais en fait je crois que je vais attendre encore un peu. Chacun ses priorités. L'offre spéciale de Kelkoo pour mon appareil photo expire dimanche, et donc il va falloir que je me décide. En fait j'attends juste l'allocation de la CAF pour être certain d'être confortable pour le reste du mois. Voilà les dernières nouvelles, pour toi, moi du futur, qui relira ces mots avec ce petit sourire que tu as à chaque fois que tu te fais ce genre de gag prémédité.

mardi 02 septembre 2003

Envies

Juste comme ça, je me dis que quand même, des fois, je m'en prendrais bien un petit. Parce qu'une certaine mélancolie, parce qu'un certain disque, parce qu'une certaine lumière, et parce que j'ai bien envie de voir revenir mes rares bons souvenirs liés au shit – je n'aime pas trop écrire ce mot, je n'aime pas trop en général utiliser des mots vulgaires. C'est juste une envie, comme ça, comme de boire une mousse, un soir, au calme, en oubliant le monde autour de moi, simplement satisfait des légères variations involontaires de mon esprit tordu. Et hacher mes phrases. C'est ça que j'aime dans les drogues, je m'échappe un peu de moi-même, de mes stéréotypes et de mes déterminismes. Un peu. Parce que trop c'est frustrant.

lundi 01 septembre 2003

Ouch !

Ma tête me fait mal. C'était déjà le cas ce week-end, et je sais que ça a tendance à arriver quand je passe trop de temps devant un écran d'ordinateur. Sauf que là je suis au boulot et je peux difficilement échapper à la chose. Tout du moins, j'ai un peu trop de scrupules à le faire. Il va peut-être falloir que je pense à amener du Doliprane demain. J'espère juste que ce n'est rien de grave.

vendredi 29 août 2003

Mal à l'aise

J'ai un goût bizzare dans la bouche, probablement parce que j'ai bu trop de café. Après hier soir, j'ai eu un gros coup de barre dans l'après midi. Et comme je n'avais rien a faire pour me tenir éveillé, j'ai fait deux/trois allers retours assez rapprochés à la machine. En plus ça n'a pas arrangé mon vague mal de ventre. Et ce goût bizzare qui persiste.

Et sinon, l'outil de blog planqué dans Abilon n'est pas vraiment pratique: l'éditeur est incomplet (mappage des touches bizzare) et il manque les catégories de MovableType. Et aussi, un petit bug qui empêche l'affichage du résumé d'un item quand on clique dessus. Sur ceux, week-end.

Mauvaise tête

En soirée, entre quelques vidanges aux toilettes, il m'arrive parfois d'apercevoir mon reflet alcoolisé dans les miroirs. Et je suis invariablement déçu par ce que j'y retrouve. Je n'aime pas ma tête dans cet état là. Excessivement pâle, les traits marqués, les défauts qui ressortent. Je ne sais pas si j'ai un visage doux, en tout cas j'aime bien les camshots que j'en prends. Juste, dans ces moments là, j'ai l'impression d'être un horrible zombie.

mercredi 27 août 2003

Dessert

Le sucre, saibon. Les tiramisu industriels c'est un délice. Froid infiniment doux et vériations de textures sur fond de chocolat. Ou comment jouer avec les mots et la nourriture. Sauf que, une fois passé le goût (en fait relativement éphémère) de la chose, ça laisse une sensation étrange, une sorte d'arrière goût, mais insipide, et qui tient sans doute plus de la sensation de manque. Pas un manque énorme, non, juste l'envie de recommencer. Et ça ne fait ça qu'avec le sucre industriel. Pas avec les fruits par exemple. De là à dire. Disons.

mardi 19 août 2003

Up

Ma vie reprend peu à peu ses couleurs habituelles. Rouges, oranges et jaunes. Ça n'aura pas mis longtemps pour que la douleur ne cesse de broyer mon (petit|coeur|noir){1,3}. Foutu optimisme. Ce sont nos rares sourires qui remontent alors que le reste s'évanouit. Parce qu'après tout, tout ça, ce n'est qu'une vision de l'esprit. Et on est peu de choses. Bien peu. Insignifiantes. On pourrait même disparaître que personne ne s'en rendrait compte. Parce que je n'ai personne à qui manquer. Paroles bien amères, tiens.

jeudi 14 août 2003

Départ

Voilà, c'est l'heure. Je vais récupérer mon softdrink dans le frigo, souhaiter bon week-end aux collègues (assez discrètement pour pas trop faire remarquer le fait que je parte avant six heures), et me trainer vers la gare sous une chaleur insupportable. J'espère que je n'aurai pas une tête trop horrible en arrivant, parce que comme première impression, ça ferait bof. Ça va bien se passer. Compte-rendu lundi.

samedi 09 août 2003

Bouts de rien

Sortie rapide ce matin, avant qu'il ne fasse trop chaud, pour faire quelques courses. Au départ, c'était prévu que j'aille faire un tour au magasin photo du coin pour demander des conseils pour un numérique. Mais d'une, c'est une chose à laquelle je ne me suis pas encore fait, que d'assumer mon statut d'adulte et de m'intéresser à des choses, sans me sentir terriblement ridicule; de deux, intimidé par la vendeuse que j'ai entr'aperçue au travers de la vitrine; de trois, ils n'avaient pas l'air d'en vendre de toutes façons.

Je me suis donc rabattu sur le Virgin, mais ils n'en vendent pas non plus. Hereusement que je suis en centre ville, quand j'y pense, parce que j'ai pu décider rapidement d'aller voir à la Fnac d'à côté. En rentrant, j'apprécie de sentir le froid de la clim, preuve que ça commence à être insupportable dehors. Les appareils sont au rez-de-chaussée, bien en vue, mais le vendeur est déjà assailli par une horde de vacanciers. Je monte à l'étage pour chercher des CDR. Je me perds souvent à la Fnac, quelque soit la Fnac, j'ai l'impression que c'est une ligne de conduite chez eux, que de perdre les clients. Toujours impressionné par la taille des écrans plats de Apple. Vraiment.

Redescends. Je choisis un appareil jetable au hasard (pour Paris) et je retourne au rayon des numériques. Le vendeur est toujours occupé, cette fois avec un petit vieux. Tant pis. Je cherche les caisses. En fait elles sont au premier étage, super logique, j'adore. En sortant, la chaleur me saute au visage. Je file me rentrer, en rasant les murs et en choisissant les rues ombragées.

vendredi 08 août 2003

Passage obligé

Mes parents ont décidé de venir me rendre visite ce dimanche. Et j'ai laissé faire. Je ne me rends pas bien compte. Pourquoi pas. Le seul truc c'est qu'il va falloir que je range un peu et que je pense à mettre des vêtements ce jour-là. Encore heureux, je n'aurai pas à subir leurs ronflements samedi soir.

lundi 04 août 2003

Décompte

J'ai donné mon préavis pour partir à l'agence (il me semble pas l'avoir mentionné, mais si je me répète, tant pis). Et ils ont commencé les visites. Je dois renvoyer un papier pour entériner tout ça.

Tout à l'heure, maman me téléphone parce qu'elle est en train de faire son planning pour septembre, et elle me demande de prévoir un créneau pour mon déménagement. Revenir là-bas (chez mes parents) n'est bien sûr pas une perspective qui m'enchante. C'est maintenant si près. Ça me désole.

Considérations comptables

Ouf, mon chèque de loyer a été débité de mon compte très rapidement, ce mois-ci. A croire que l'agence immobilière a enfin trouvé une personne capable pour accomplir cette tâche. Cela va me permettre d'envisager sereinement le mois sans la terrible peur du chèque sans provision.

J'ai un rapport vagument distant avec l'argent, probablement parce que je n'en ai jamais manqué. Mais des fois je ressens quand même (avec toute la relativité que ma condition sociale actuelle induit) comment la situation inverse peut-être inconfortable. Et surtout comme ce déterminisme capitalistique et artificiel peut enfoncer les gens six pieds sous terre. Et comme le monde moderne est injuste, au moins dans ce domaine.

dimanche 03 août 2003

Réveil

Vivre en face d'un hôtel assez huppé, en pleine période estivale, a les inconvénients qu'on imagine. Ils prennent la forme de bandes organisées de touristes allemands ou américains, qui pensent que c'est certainement une richissime idée que de profiter de l'air vivifiant du (petit) matin pour mettre le nez dehors, juste devant la réception, et de faire jouir tout le voisinage de leurs conversations animées. Un dimanche. A sept heures.

Busy

Et comme ça a un peu occupé toutes mes ressources intellectuelles de ces dernières heures/jours, je n'ai même pas pris le temps de parler des quelques choses que j'ai vu/lues/vécues récemment et qui méritent décemment d'êtres loguées ici. Demain, promis, séance de rattrapage.

Edit: ou pas, en fait.

lundi 28 juillet 2003

Unsent

Un autre truc dont je me souviens de l'article de Prima (en fait, il est très bien ce magazine, AHEM) c'est le coup de la lettre jamais envoyée, une sorte d'exhutoire écrit, destiné à dire ses quatres véritées à une personne (quoique, pas forcément négativement d'ailleurs, ça peut être une love letter) mais ensuite garder le produit pour soi. Il faudrait que j'essaie un jour.

jeudi 24 juillet 2003

Bâton dans mes roues

Comme par hasard, il n'y a pas de train circulant entre Bordeaux et Nantes en soirée en semaine. Donc au mieux, je ne pourrai partir que demain matin. Et bien sûr, j'ai déjà appelé mes parents pour les prévenir, et je vais à nouveau de voir téléphoner pour qu'ils ne m'attendent pas ce soir. Franchement, c'est n'importe quoi. The odds are against me.

Choix cornélien

Donc finalement j'ai décidé de rentrer, vu qu'en plus, à cause du tour de France qui va passer juste devant notre bâtiment (le rendant ainsi inaccessible), les milieux autorisés nous ont gratifié d'une journée de RTT pour l'occasion. Ce qui me chagrine un peu c'est d'une part que je soie déjà à découvert et qu'un billet de train en plus ne va pas arranger les choses, d'autre part parce que j'aurais bien aimé être là pour l'anniversaire de Fréd.

mardi 22 juillet 2003

Home, again ?

J'en suis encore à me demander si je vais rentrer ce week-end. D'une parce que ça fait trois semaines que je rentre coup sur coup et que ça commence sérieusement à me lessiver. De deux, parce que ça coûte cher, mine de rien. De trois, parce... Bon en fait, ma soeur va partir en stage humanitaire au Sénégal, et ce week-end c'est pour moi la dernière occasion de la voir avant son départ. Et que donc ça me donne une enième bonne raison de me retaper huit heures de train aller-retour. Du coup, j'ai bien envie de rester ici, mais je sais que ça va lui déchirer le coeur, et j'ai pas envie de la laisser pour un mois dans cet état. C'est compliqué tout ça.

lundi 21 juillet 2003

Ali baba

Bon, ok, je retire tout ce que j'ai pu penser/dire sur Pier Import. C'est vraiment super comme magasin, j'ai pu y trouver plein de chose dont je me suis toujours demandé où est-ce qu'elles pouvaient se vendre. Par exemple, ces plateaux pour petit déjeuner au lit, avec des sortes de trétaux de chaque côté. Autre exemple, des boîtes à musique (des vraies, pas les jouets qu'on trouve au marché de Noël). Des bâtons de pluie, des coffres en osier... Et en plus, c'est pas cher du tout (moins d'une quinzaine d'euros pour tout ce qui m'a intéressé). Un jour 'j'y retournerai, la carte bleue dans ma poche, prêt à dégainer.

Note pour plus tard

J'ai une petite liste de mots clés d'idées de posts sur un petit post-it qu'il ne faudra pas que j'oublie d'amener au boulot demain (histoire d'avoir un peu à m'occuper). Il y a aussi autre chose que je ne devrais pas oublier. Ecouter Simon & Garfunkel et lire des blogs dépréssifs, des fois, c'est pas ce qui se fait de mieux.

samedi 19 juillet 2003

Logorhée

C'est dingue ce besoin que j'ai d'en parler. Je ne l'aurais pas soupçonné. Je me suis même confié à ma mère, alors que je craignais par dessus tous sa réaction donneuse de leçons. Elle me dit que ce n'est ni la première ni la dernière fois, et que je ne suis ni le premier ni le dernier à connaître ça. Moi, je ne vois pas trop en quoi cela peut apaiser ma tristesse. J'ai juste un peu peur par ma conduite (et par la tête de deux mètres delong que je tire) d'être par trop distant voire grossier avec ceux que j'aime.

vendredi 18 juillet 2003

Revirements

C'est sans doute conditionné par l'état dans lequel je suis, je me suis ennuyé toute la matinée, en me contentant d'idler méchemment, de corriger quelques fautes d'orthographe, de regarder quelques détails. C'est pas la première fois, mais c'est de plus en plus lourd et significatif. Je me demande comment est-ce que ça va finir.

Et dire qu'il y a encore quelques semaines, j'étais content de la tournure que prenait ma vie, j'avais un semblant de travail, un semblant d'indépendance, un semblant d'appartement, un semblant de relations sociales. Là, les dominos tombent juste un par un et j'ai peur d'un effondrement général, auquel je ne pourrai pas forcément résister/survivre. J'ai besoin de dérivatifs. Vite.

jeudi 17 juillet 2003

Diet

Bon, ok, j'avoue, j'ai commencé un régime. Enfin, disons que j'ai commencé à restreindre les quantités de nourriture que je cuisine et donc que j'avale, que je n'amène plus de barres chocolatées au bureau pour le goûter, que j'ai arrêté les soft drinks, que je n'amène plus rien de comestible dans le train... Même si je me contrefous complètement de toutes ces histoires superficielles d'apparence et de look et de fitness. Non en fait, c'est totalement faux. Il n'y a qu'à voir comment je cherche constamment à donner une signification à la manière dont je m'habille.

Disons juste que j'aime à penser que je n'attache que peu d'importance en réalité au physique des autres. Des autres, pas de moi. La semaine dernière, ma soeur (que j'adore) a commencé à me faire des remarques au sujet de mes poignées d'amour. Je l'ai pas mal pris, je me vexe pas pour si peu. Disons qu'elle n'a fait que mettre un point sur un détail auquel je pensais déjà. D'où.

J'aime aussi à penser que je ne suis pas victime des effets de mode et des tendances moutonnes estivales. Je ne fais pas ce régime parce que je ne suis pas content de mon apparence extérieure et que j'ai envie de ressembler à autre chose que ce que je suis. Je le fais parce que c'est quelque chose qui me semble important pour moi-même.

Mais bon, 1) c'est très mal expliqué et 2) je ne suis absolument pas crédible dans mes arguments.

mercredi 16 juillet 2003

Wink wink

Ce qui est assez déstabilisant c'est la tendance qu'ont les gens ici à faire des clins d'oeil. Pour n'importe quelle raison, comme une sorte de sourire appuyé qui ponctue la conversation. Le problème c'est que moi j'ai(avais) tendance à mettre une connotation beaucoup plus forte dans ce geste et du coup, le fait qu'il soit utilisé aussi fréquemment et de manière aussi bénigne me laisse un peu coi. Surtout avec certaines personnes en fait.

Sounds bad

Je ne devrais pas dire des choses comme ça. Pour des tonnes de raisons. Et je ne devrais pas écouter autre chose que de la variété joyeuse pour me réveiller le matin. Et pas les reprises mièvres de Fiona Apple. Et surtout pas I need you like a drug ou Please send me someone to love.

mardi 15 juillet 2003

Weirdo

Des fois mes réactions me surprennent. Tout à l'heure aux caisses, j'ai renversé un petit garçon. Enfin, disons plutôt que cet imbécile courrait inconsciemment dans tous les sens et qu'il a involontairement heurté la trajectoire de mon pack de Volvic. Il s'est bien sûr cassé la gueule et a commencé à pleurer. J'ai hésité un moment, puis j'ai fait tomber mes sachets, et je l'ai soulevé par dessous les bras pour le remettre debout. Comme ça, sans un bruit. Presque automatiquement, comme un robot qui se dit que c'est ce qu'il doit faire, mais qui le fait sans particulière attention. Il s'est arrêté de pleurer à la seconde même où il a croisé mes yeux. J'ai regardé alentour, pas de parent se manifestant. Juste le regard circonspect de la caissière. Toujours sans le moindre mot, j'ai repris mes sacs et je me suis éloigné. Le petit est sans doute allé rejoindre sa mère en courant. Etrange personnage.

Run rabbit, run

Je rentre à huit heures, plein les chaussettes, après une demi-heure de marche et des courses au supermarché, la vaisselle et la cuisine à faire. Comment est-ce que je peux décemment trouver la motivation de prospecter par exemple sur les sites d'emploi ? Ou de travailler un petit peu ?

Pire, comme disait Fréd : "on [ne] devrait pas rentrer chez soi et ne rien trouver d'autre qu'un évier avec une assiette et quelques couverts, des trucs qui trainent un peu, et surtout, un putain de grand vide".

Bon, là, présentement, le putain de grand vide, je m'en fiche un peu, quoi qu'il pourrait m'aider à ranger les courses. J'aimerais juste me poser cinq minutes et arrêter de courir dans tous les sens. Le pire, c'est que c'est ça, la vraie vie et que c'est bien parti pour durer indéfiniment à ce rythme. Ou pas.

Invitation au voyage

Disons qu'il est maintenant quasiment acquis que je parte de Bordeaux. A force d'allusions discrètes, j'ai fini par comprendre que la boîte où je suis ne me proposerait pas d'embauche après mon stage; ils ont bien des offres d'emploi, mais qui ne correspondent *vraiment pas* à mon profil. Du coup, plus rien ne me retient ici, et je vais devoir recommencer les prospections sur les sites d'emploi. Je vais devoir passer plein de coups de fil désagréables pour résislier plein de choses, je vais devoir à nouveau me payer un déménagement. Sur le coup, je viens de repenser rapidement à cette ville (et à cet appartement) dans laquelle j'aurais vécu si peu et finalement tellement de choses.

Beurk

Ces oignons noyés dans cette vinaigrette qui à chaque fois me chamboulent l'estomac et me donnent envie de vomir, à chaque fois, je continue pourtant de les préparer de la même manière. Des fois, je me demande si je ne cherche pas volontairement à me faire du mal.

dimanche 13 juillet 2003

Shopping

J'ai décidé de varier un peu les tons de ma garde robe. Exit les tee-shirts oranges fluo; j'ai adopté une chemise bleue avec une bande vichy, et un haut gris-blanc avec un petit liseret rouge. A la provovation succède l'équivoque. L'envie d'avoir l'air plus vieux peut-être. Allez comprendre. Mais je vous rassure, des fois moi aussi je me trouve ridicule.

jeudi 10 juillet 2003

Alcoolo

Entre nous, cette bière bien froide prise à jeun m'a mis dans un état légèrement second. L'alcool a des effets rapides et prononcés chez moi. Certainement parce qu'il n'y a pas beaucoup de chemin a parcourir entre ma tête à mes pieds et que donc les grammes ont vite fait le tour de l'ensemble.

Aieuh

Bon sans vouloir tomber dans le mythe du dentiste tortionnaire, il m'a quand même fait mal ce con. Surtout là où je suis le plus sensible à vrai dire. Il m'a fait un détartrage avec un jet haute préssion picotait très fort dans les coins, une brosse électrique plus douce et un dentifrice super-bon-je-veux-le-même. 30€. Quand même.

mercredi 09 juillet 2003

Look out

J'ai un peu souvent tendance à me promener court-vêtu dans mon appart alors que ma fenêtre donnee juste sur la réception de l'hôtel en face (et que je n'ai pas de rideaux, et qu'ils voient parfaitement ce qui se passe chez moi). Bon peut-être que je suis franchement exhibitionniste en fait, ou peut-être que je me fais des histoires pour rien. Surtout que vu comment je suis foutu, je suis pas sûr d'avoir vraiment raison de m'en vanter.

mardi 08 juillet 2003

Trendy

Comment je me la pète trop avec mes sunglasses, recyclées a partir de mes anciennes lunettes dont la monture donne, en fait, un style très classy à l'ensemble. Oui, je peux être superficiel aussi des fois.

Soif

Acheté de la Hoegarden à la place de la Guiness. J'ai eu du mal à trouver, elle était pas au rayon bières mais en tête du rayon vins. Super logique.

Reminder

Jeudi matin, 9heures, visite chez le dentiste. Ça fait trois mois que je devais y aller et là j'ai enfin passé le coup de fil pour prendre rendez-vous -- faut dire que je commence un peu à avoir mal. Faut juste pas que j'oublie.

dimanche 06 juillet 2003

Renouvellement

Voilà, j'ai changé de lunettes, et par la même de visage. C'est la première fois que j'en change, mais comme la première fois où j'en ai porté, je ressens encore cette étrange impression de ne pas me reconnaître dans le miroir. Comme à chaque fois que j'essaie quelque chose (des fringues, des chaussures...) et que je n'aime pas, je ne sais pas dire si c'est la chose en question qui n'est vraiment pas jolie, ou si c'est l'image négative quej 'ai de moi-même qui rend tout ce que je porte horrible. Du coup, je n'achète rien.

mardi 01 juillet 2003

Vadrouille

Pour voir, j'ai essayé le combo laverie-courses. J'ai déposé mes affaires sales dans une machine, j'ai mis les pièces et au lieu d'attendre là à bouquiner un peu, je suis parti à Champion faire quelques emplettes. Résultat, j'ai passé toute la soirée à courir d'un bout à l'autre du quartier, entre revenir déposer les courses ici et retourner chercher mon linge. Je crois pas que je le referai. Pas de si tôt en tout cas.

lundi 30 juin 2003

Jeux de lumière

En fait, la lampe elle est là à titre purement consultatif. L'appartement n'était pas vraiment bien éclairé avant. Maintenant elle est là, mais sa seule lumière suffit à peine à remplir la pièce de l'ambiance sombre d'une bougie. En même temps, c'est toujours mieux que d'allumer le néon de la salle de bains pour y voir quelque chose au salon. Et puis bon, au fond, c'est pas si mal que ça.

Bricolage

Bon, une grosse heure pour visser les quatre pieds d'une table et monter une lampe, ça va, je trouve ça honorable. Par contre, ne jamais plus écouter les conseils du vendeur "ne revissez pas dans les vieux trous, vissez à côté dans le bois, sinon ce sera moins solide", parce que lui bien sûr avec sa visseuse-dévisseuse, il te fait ça en un tour de main, mais moi au tournevis, pour entamer les premiers tours, c'est une toute autre histoire. Du coup, j'ai revissé dans les vieux trous, et ça a l'air de tenir. Alors qu'il vienne pas dire.

Moving

A croire que mon nouveau challenge, c'est de ramener des trucs de plus en plus encombrants et impossibles à trimballer en train depuis Nantes. Ce week-end, j'ai craqué pour une centaine d'euros d'achats chez Fly (et accessoirement chez Casto), donc une magnifique table basse soldée à moitié prix. Sauf que le plateau de ladite table pèse au bas mot dans les dix kilos, et que après l'exploit de la chauffeuse, bin ça fait encore un nouveau mini-déménagement à la force du poignet à mettre à mon actif.

dimanche 29 juin 2003

Un homme pressé

Rentré à Nantes sur un coup de tête, suite à un coup de fil de maman (qui m'a d'ailleurs rendu bien ridicule) vendredi après-midi au boulot. Du coup, à peine le temps de dire au revoir à Fréd, parti en coup de vent, repassé trente secondes à l'appart pour prendre quelques affaires, et rendu en quatrième vitesse à la gare. Week-end sympa, quand même, j'ai pu récupérer le fameux colis plus tôt que prévu. Très content de ce que j'y ai trouvé, mais qui en doutait ?

Multitâche

Ne jamais écrire avec un truc sur le feu. Mes expériences précédentes devraient m'en avoir convaincu, pourtant.

mercredi 25 juin 2003

Poubelle

Je déteste ça. Je n'ai pas fait attention et résultat, tous les yaourts du frigo sont périmés depuis plusieurs jours. Je vais être obligé de les jeter, et moi, le gâchis, ça me fend le coeur. Oui, bien sûr, ça m'apprendra à prêter plus attention, a une chose malheur est bon, etc.; mais bon quand même.

Exaspération

On ne peut faire confiance à personne. Mes parents ont reçu le colis de Fréd et n'ont pas pu s'empêcher de l'ouvrir, bien que je les eusse prévenu que j'attendais quelque chose. Non ils ont juste considéré que c'était peut-être pour eux (pas de prénom sur le colis), genre il aurait fallu expréssément que je leur mentionne violemment de ne pas ouvrir. Ça m'énerve ça!

D'autant plus qu'elle m'avait dit de bien les prévenir, que c'était personnel à cause d'une surprise qu'elle avait mis dedans. Là, je vais être obligé de lui demander ce que c'était, histoire que je n'aie pas l'air trop penaud en arrivant là bas et que je prépare le coup un minimum, si besoin. Je suis passablement échaudé.

mardi 24 juin 2003

Divagations

J'ai encore oublié le sujet du deuxième post que je voulais faire. J'aime pas ça, ça m'énerve. Stupid me.

lundi 23 juin 2003

Compte rendu

Sympa dans l'ensemble. Samedi, première escapade à la mer avec les parents, et première baignade dans un océan assez frisquet, mais plutôt agréable, surtout aux vues des températures hors de l'eau. Premier barbecue aussi. Samedi soir un peu plus morose, j'ai vaguement fait la gueule parce qu'ils voulaient absolument me traîner à la fête de la musique. J'ai suivi le mouvement, avec cet air bien ronchon qui fait s'inquiéter ma mère. Du coup ils ont vite renoncé et on est rentré alors que je commençais sérieusement à m'amuser (tout seul). Flemmardé tout le dimanche à cause de la chaleur, et toujours ces crises d'allergie qui me rendent les visites à la campagne aussi insupportables.

vendredi 20 juin 2003

Week-end

Ça y est. Enfin. Ouf.

jeudi 19 juin 2003

Balbutiement

Je sais pas pourquoi j'ai cette impression que j'ai de plus en plus de mal à m'exprimer (IRL comme sur IM). En plus du sentiment de ne plus trop avoir complètement ma tête. C'est peut-être la fatique. C'est peut-être que j'ai perdu des neurones. C'est peut-être une tumeur au cerveau. Un jour, je me souviens que j'ai eu, pour une raison indéterminée, une migraine qui m'a littéralement coulé au sol. C'était horrible.

lundi 16 juin 2003

Equilibre

Au début, je voulais me résoudre à ne jamais faire des repas complètement déséquilibrés, à partir dans ce genre d'horreurs qu'on s'authorise quand on est tout seul. Manger juste de la charcuterie, ou juste des gâteaux. Même quand j'ai la flemme, normalement j'essaie au moins de faire rapidement quelque chose qui ne soit pas mauvais pour la santé. Des fois, je me laisse quand même aller, mais je me donne alors de sacrées de justifications. "Oui mais je suis malade, oui mais il est déjà tard, oui mais je dois absolument manger ces trucs périmés."

dimanche 15 juin 2003

Plus jamais ça

La douche était donc bouchée. Après quelques démélés avec le flacon (et sa fermeture de sécurité), j'ai réussi à verser un peu de Destop dans l'évacuation et j'ai laissé agir l'après-midi. En y regardant à nouveau ce soir, force a été de constater que ça n'avait rien résolu. Intrigué, je me décidai alors à empoigner une paire de gants et à enlever le couvercle pour regarder l'état du siphon. Et là, vision d'horreur, une horrible boule de poils gluants infâmes dont le simple fait de vous reparler, là, me dégoûte déjà au plus haut point. Ieew.

Insécurité

Bizzarement, entre Irréversible et les relans mon agression, j'ai un peu peur de sortir. Surtout que le soir, centre-ville (et samedi soir) oblige, j'entends des bruits pas vraiment rassurants dehors. Je sais pas pourquoi ça me fait ça, mais ça m'inquiète.

samedi 14 juin 2003

Ice Cream

Donc, voici l'anecdote en question. Comme il y a un peu la canicule en ce moment, je pense qu'il vaut mieux essayer de garder les choses au frais le plus longtemps possible avant de les sortir du frigo. Et donc l'autre jour en allant faire les courses à Champion, je suis passé devant le rayon des glaces. Là, il y avait trois pots de Hagen Dasz (à 4€ le pot, quand même) Noix de Macadamia. Je me suis dit, je repasserai à la fin des courses pour en prendre un.

Sauf qu'un quart d'heure après, les pots n'y étaient déjà plus, et je me suis retrouvé frustré de glaces. Hier, rebelote, sauf que cette fois je me dis que je vais me dépécher d'aller les prendre. Mais mêmes causes, mêmes effets, la météo a fait disparaître les friandises tant convoités dans les paniers d'autres clients.

Vraiment agacé, j'ai pris le temps de chercher parmi les autres pots. Il y avait tous les parfums sauf celui-là. Evidemment, Loi de Murphy, machin. Heureusement, sur l'étagère du dessus, il y avait un petit paquet de 4 mini-pots bien caché. Bon, les parts sont du coup ridiculesement petites (moi qui bouffait le grand pot en 2-3 fois), mais c'est mieux que rien.

Haaan !

Cette nuit j'ai dormi tout nu. Mais c'était plus une histoire de confort que d'idées graveleuses qui sont normalement la motivation d'un tel comportement. Sérieusement, il faut qu'il arrête de faire aussi chaud.

Yawp

Bilan de la soirée ? Un coup de fil à ma soeur qui m'a gentiment raccroché au nez, deux parties de Rise of Nations, un dîner simple mais bon, un petit pot de Hagen Däsz (à propos duquel j'ai une anecdote que je vous ressortirai sans doute demain <-- reminder pour penser à le faire), un épisode et demi de Stargate SG1 (autre reminder pour toutes les critiques télé/zik/films que j'ai à faire) et deux ou trois bêtises sorties à Fréd, qui je crois l'ont bien fait rire. Bref, un autre week-end de geek qui s'annonce sous les meilleurs hospices.

jeudi 12 juin 2003

Évacuation

Je suis en train d'échafauder un plan pour me débarrasser de ma poubelle en pleine grève des éboueurs à Bordeaux. Cela fait maintenant une semaine que ça dure, et les amas d'immondices s'accumulent à tous les coins de rue, rejetant des odeurs pas très agréables et salissant la ville encore plus que d'habitude.

Et donc comme je suis d'un naturel citoyen, j'essaie de ne pas participer à cet état de fait, et je garde donc le peu de déchets que je produis, à la maison, depuis une semaine. Sauf que là, la poubelle commence un peu à déborder et il faudrait que j'évacue. Donc la solution consiste à trouver une des rares bennes vidées aléatoirement dans le quartier (en général celles qui se sont renversées ou celles qui bouchent le passage) et d'y mettre mes sacs. Vu que la benne est vide, je ne jette pas mes ordures par terre juste à côté et donc je ne suis pas à mettre en cause dans le salissement de la ville.

Et donc j'étais en train de plannifier cette expédition. Le soir bien sûr, parce que vais devoir aller assez loin. J'ai repéré le bac à ordures. J'ai presque noté l'heure. Tout est quasiment prêt.

mercredi 11 juin 2003

Sweat

Je suis en sueur à cause de la chaleur, et en général, je déteste manipuler les plastiques de mon ordinateur dans ces conditions. Déjà que ma peau moite colle à mes vêtements, si en plus elle doit accrocher péniblement à toutes les touches et à tous les boutons. Vraiment, c'est très désagréable. Heureusement que je n'ai pas à travailler dans cet état.

Réveil

Je ne sais pas à quelle heure ils ont effectivement le droit de commencer les travaux publics bruyants; mais je trouve que le bruit strident d'un moteur à six heures du matin, c'est un brin trop tôt.

jeudi 05 juin 2003

Imprévus

Bon bin je suis pour la première fois vraiment victime des grèves et des problèmes qui y font suite. A cause des débrayages, je ne pourrai pas rentrer sur Nantes demain comme prévu, mais peut-être seulement samedi -- et encore, si tout va bien. Malgré tout, je n'arrive pas à blâmer les grévistes, bien qu'ils ne chôment pas pour une raison justifiable (ils ont un régime de retraites spécialisé) et bien qu'il emmerdent tout le monde. Je place sans doute le droit à la contestation sociale au-dessus.

Roulée

J'ai, là haut, bien caché, un petit bout de shit qui est gentiment en train de pourrir, parce que je crois bien que je ne fumerai jamais. Mon problème avec ça, c'est que j'ai eu une ou deux expériences de bad trips et que donc maintenant, mon coprs réagit presque viscéralement à chaque nouvelle bouffée (une sortie d'allergie, en somme). Un peu comme le rhum. Mais en plus, il faudrait que je m'achète des clopes et un briquet. Autant de raisons...

mercredi 04 juin 2003

Atchoum

Je me suis pris une belle petite saucée ce soir. Normalement, c'est le genre de choses que j'ai plutôt tendance à apprécier. Mais là je sors juste d'un rhume assez pénible physiquement et j'ai peur de la rechute. Du coup ça me met moins en joie. Bien sûr, j'ai quand même eu le plaisir de rentrer, de me changer et de me mettre bien au chaud.

Bum

Un clochard est monté dans le bus alors que je revenais de la gare. Au début, je l'ai trouvé sympa. Il a commencé à marmonner quelquechose d'incompréhensible que j'ai vite identifié à une chanson. Peu à peu les grommellements sont devenus des mots. Il parlait de la superficialité colonisatrice du monde occidental (ce n'était pas exactement les termes employés, mais bon, l'idée y est). Ce n'était pas très mélodique, mais ça avait un son vaguement poétique.

Il devint de plus en plus cru et vulgaire. Quelque part ça ne m'a pas vraiment choqué non plus, ça allait bien dans le ton de ce qu'il chantait. Et puis à peu, ça a dérivé en des insultes envers les femmes. Il s'est mis à hurler et à traiter des filles dehors de salopes et de poufiasses. Après un court répit, il est parti dans un discours raciste genre black panthers. Je ne le trouvais plus sympathique depuis un petit moment.

Enfin, il a sorti une cigarette. Ne trouvant pas de briquet, il chercha dans son audience effarée une âme charitable. Qu'il trouva en la personne assise juste derière moi, qui acquiesca grassement à ses propos. Là j'étais un brin excédé. Heureusement, j'étais presque arrivé.

mardi 03 juin 2003

Flemme

Et comme je n'ai pas envie d'aller me coucher (bien que ma convalescence devrait m'inciter à le faire) parce que ça ne signifie rien d'autre que le fait que demain, je doivre retrourner au boulot. Je veux dire, oui, bien sûr ça me plaît, ce que j'y fais c'est intéressant. Mais passé l'enthousiasme indécent des premières semaines, j'entre sûrement dans cette même phase de lassitude qui accompagne toutes mes actions. En fait, je m'ennuie vite, et j'ai tout le temps besoin de nouvelles choses. Est-ce pour cela que je n'arrive jamais à terminer des projets d'envergure ?

vendredi 30 mai 2003

Lumière

Ma fenêtre donne sur une petite rue pas du tout exposée au soleil. Du coup, il fait plus froid à l'intérieur que dehors. Et donc comme je suis malade, j'ouvre la fenêtre pour avoir plus chaud. Logique, non ?

jeudi 29 mai 2003

Idle

Réveillé à 7h30 par la douleur, je me suis collé devant le PC pour une thérapie à base de thé, de chocolat et de divertissements binaires. J'ai imprimé deux ou trois trucs pour décorer l'appart et j'ai regardé the Big Lebowski. Très bon film. Un peu dur sans les sous-titres, mais une âme charitable m'en a trouvé des très bien. Bref une matinée à me tourner les pouces, ce qui dans le piètre état ou je suis (et je dis ça aussi quelquepart pour attirer votre compassion) ne pouvait pas me faire de mal.

mercredi 28 mai 2003

Kof

Ouais, bin, petit rhume allergique ou pas, à chaque fois que j'avale j'ai l'impression qu'une chataigne me transperce l'oesophage. Et je ne vous parle même pas de quand je tousse.

lundi 26 mai 2003

Aie

C'est insupportable, mon allergie aux pollens fait un vieux sursaut et du coup, j'ai le nez qui coule à flot, les yeux qui me piquent comme pas permis et je n'arrête pas d'éternuer.

Sommeil

Je crois que je vais détester de manière assez radicale ces dimanches où je rentre de week-end tard dans la soirée, où je me couche à des heures indécentes et desquels je me réveille aux premiers lueurs de l'aube.

lundi 19 mai 2003

Ice Cream

Pour changer, j'ai acheté de la Häagen Dasz vanille pécan, en lieu et place de la noix de macadamia. Bon, c'est le même prix (exorbitant), mais c'est franchement moins bon. Quelque part, j'ai l'impression de m'être fait avoir.

My washing machine

Au menu des petites frustrations quotidiennes, arriver à laverie avec exactement trois euros quarante-neuf alors que la machine coûte trois euros et demi, il faut avouer qu'il faut le faire. Heureusement que la petite épicerie en face a accepté de me faire de la monnaie; chose d'ailleurs étonnante, car d'habitude, c'est tout à fait le genre de choses que les petits commerce à côté des laveries refusent de faire, par exaspération.

dimanche 11 mai 2003

Fly

Ça y est, j'ai acheté mon premier meuble. Mon premier truc à moi -- qui ne soit pas un gadget high tech ou une babiole hors de prix. Mon premier truc utilitaire. Ma première chose. Une magnifique chauffeuse orange du meilleur goût. This boy is growing; this boy is growing for good. La semaine prochaine, la table qui va avec.

Edit: Je vous laisse joyeusement imaginer comment j'ai ramené l'objet en question (qui fait quand même un volume conséquent) en train, puis en bus. Sachant qu'un dimanche soir, à la fin d'un pont, bin les transports en commun sont assez fréquentés.

vendredi 09 mai 2003

Ça n'arrête pas

Dans une heure, le week-end. En fait depuis que j'y suis, je n'ai passé qu'un seul week-end tout seul à Bordeaux. C'est dire que je n'ai pas encore pris le temps de m'y ennuyer. Cette semaine, c’est pareil, je rentre encore sur Nantes pour l'anniversaire de ma sœur. Je n'ai évidemment pas encore acheté de cadeau. Et je n'en aurai pas avant demain. À la maison, j'ai une tonne de choses à faire avant de partir et le temps me manque. C'est bien parfois d'avoir l’impression que sa vie est *un peu* remplie. Mais c’est aussi super fatiguant.

vendredi 02 mai 2003

Faites le compte

Il me faut 3/4h à pied pour aller à la gare. Mon train est à 7h23. Avec une 1/2h pour me préparer, cela me fait lever à 6h. Il est 23h. Mes affaires ne sont pas encore prêtes. Je vais probablement manquer de sommeil. Tout ça pour passer quelques 36h à Nantes. Au milieu de 2 fois 4h de train.

mercredi 30 avril 2003

Racines

Quand même. Chuis pas comme André! Non. NON. Oh quand même comment il y va, là. Non je suis pas comme ça. Non. Hein ? Non quand même il est grave. Non. Chuis pas comme André. Chuis pire.

dimanche 27 avril 2003

Happy Tree Friends

Des fois j'aimerais partager cette connerie de joie de vivre (et d'optimisme borné) aux gens qui pourraient en avoir besoin, mais je sais juste pas coment faire.

P.S.: Lire les trois derniers posts de bas en haut.

jeudi 24 avril 2003

Ouais

Juste deux petits mots depuis le bureau pour vous rassurer sur mon état de santé, pour vous signaler que mon démanagement s'est assez bien passé, que le stage pour l'instant ça va, et que voilà. J'ai plein d'idées de posts mais j'ai pas le temps de les mettre en forme/ligne. Je les cependant ai notées sur un petit bout de papier, et vous n'y couperez pas. Bon jusqu'à ce que l'ADSL revienne, ce site restera temporairement dans ce même état de léthargie dans lequel vous le trouvez actuellement.

dimanche 20 avril 2003

Hep, Alfred !

Trois quarts d'heure à la terrasse d'un café à attendre qu'on nous serve. Le pire c'est qu'on a appelé le garçon plusieurs fois. Et il nous a forcément vus, puisqu'il a servi les deux tables autour de nous, et qu'il a donc pu constater qu'on n'était pas servis. A un moment on a hésité à se lever et a aller à la terrase juste en face. Mais il n'y avait plus de place au soleil. Hier après-midi, à Nantes, fallait pas avoir soif.

mardi 15 avril 2003

Antz

La maison de mes parents est envahie par les fourmis. Des fourmis par centaines, qui se déplacent en colonnes depuis les petites fissures dans les murs jusqu'à d'improbables réserves de nourriture, sous les pots de fleurs ou derrière les canapés. Personnellement, je m'en fiche des fourmis. Et je suis sûr qu'on pourrait arriver à coexister en paix avec elles. Mais ce n'est pas l'avis de tout le monde.

Du coup, comportement et réactions irrationnelles des grandes bestioles face aux petites bestioles. « Peut-être que ça porte bonheur. » Aspertion à grands coups d'insecticide. Coups de pieds. Ecrasements. Hargne.

Avis

Petite semaine à Nantes. Déménagement de Lyon à Bordeaux. Recherche d'un appartement. Probables démélés avec France Tec pour le téléphone. Donc moins de posts.

mercredi 09 avril 2003

Glande

Et le fait est que, je suis dans une période ma foi assez étrange, entre les cours qui sont finis depuis maintenant une grosse dizaine de jours, et mon stage qui ne commencera pas avant la dernière semaine d'avril. Et qu'est-ce que je fais pendant ce temps-là ? Rien. Enfin rien de constructif. C'est bien dans le sens où ça faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de vraiment me reposer. Et c'est pas bien dans le sens où je ferais mieux de prendre sur ce temps pour commencer à m'occupper de certaines choses. Comme par exemple changer le design du site. La flemme.

Une chose agréable dans cette flemme, c'est que je n'ai plus la tension que j'avais il y a quelques jours, quand cette flemme était justement le synonyme de mes échecs. Là cette flemme retranscrit juste la simple tranquillité de mon esprit.

Déplacement (2)

Et donc le soir, j'ai retrouvé mes parents à l'hôtel, parce que (quelle coincidence), ils assistaient justement à une convention de médecine à Bordeaux. Ce genre de réunions est souvent financé par des laboratoires pharmaceutiques, qui ne lésinent pas vraiment sur les moyens pour plaire aux médecins. Hôtel trois étoiles. Visite dans les grands crus de la région. Diner dans un resto assez chicos, les pieds dans l'eau, au bord de la Garonne. Et beaucoup de vin. Beaucoup.

mercredi 02 avril 2003

En avril...

Hier je suis sorti manger à Bellecour en short; aujourd'hui c'est à peine si j'ai pas du ressortir l'écharpe et l'anorak. Temps de merde, printemps pourri, saleté de planète.

jeudi 27 mars 2003

Pas ce soir, chérie, j'ai la migraine

 

 

 

 

 

Vous n'imaginez pas jusqu'à quel point j'ai vraiment réfléchi avant de décider si je postais un message vide contenant juste ça en titre. Oh que si. Au moins. Pire que ça, même.

mercredi 26 mars 2003

Ding !

Rooo, mais si, voilà, je me souviens. Il ne m'a pas fallu bien longtemps, vous me direz (surtout toi là, qui regardes les dates des posts). D'autant plus que l'ordre inversé des posts (répétition disgracieuse, mais pas grave) sur cette page ne va sans doute pas améliorer la vision que vous avez de cette histoire, mais bon.

Oui donc, j'ai, par je ne sais quel horrible malchance, complètement ruiné mon pull jaune favori, d'une belle série de tâches grasses et crasseuses, du genre qui partent pas, même à l'Ariel Liquide, c'est dire. C'est un peu le drame, ce sweat représentant quelque part mon maigre semblant de personnalité, celui là même qu'il m'est impossible d'exprimer d'une autre manière (oralement ?). Heureusement, j'ai un tout nouveau sweat orange, du genre bien voyant, limite qui agresse les yeux. Et les gens me regardent bizzarement dans la rue. Et ça me fait marrer. Oui, il me faut peu de choses.

Sénilité

Oublions quelque peu ces considérations morbides, pour constater une fois de plus que ma mémoire me fait de plus en plus défaut. J'avais en effet un excellent sujet de post pour vous, et je m'étais promis de vous le présenter aussi tôt que possible. Et devinez quoi ? Bin oui, ça a pas loupé, j'ai complètement oublié de quoi il s'agissait. Même si dans ce genre de situations, je préfère souvent me dire que si j'ai oublié, c'est que ce n'était sans doute pas aussi important que ça. Bien souvent ça l'est pourtant, mais c'est juste une manière comme une autre de se déculpabiliser. Je n'aime pas me sentir coupable, je fais tout pour éviter cet état de fait.

mardi 18 mars 2003

Bushism

Ouais, tiens, j'y pensais, aucun caricaturiste n'a fait de jeux de mots style Beating around the bush, avec Chirac, l'Onu et tout ça ?

lundi 17 mars 2003

Foutchebol (2)

Bon bin de retour sur les terrains, cette fois j'ai failli me claquer la cuisse, et là j'ai tellement mal que je n'arrive même pas à marcher correctement. Et les petites vieilles se moquent de moi dans la rue. Saleté, va.

mercredi 12 mars 2003

Ha ha

Eh, si j'étais drôle, ça se saurait, je veux dire, l'un dans l'autre, non, vous n'êtes pas d'accord ? Bon, ceci convenu, je vais vous raconter la très bonne blague bien graveleuse dont un ami nous a gratifié, un soir de débauche ordinaire entre jeunes cons. Donc c'est un homme, somme toute ordinaire également, qui rentre comme ça dans un bar, sans raison apparente. Mais en même temps si on s'arrêtait à ce genre de détails, les blagues seraient très chiantes, non ? Tiens la preuve.

dimanche 09 mars 2003

Foutchebol

Ca faisait six mois que j'avais pas fait de foot, du coup, ma participation à un petit match ce matin m'a quasiment mis sur les genoux. En gros, j'étais crevé au bout de cinq minutes et j'ai mis un sacré bout de temps à retrouver un second souffle. Espérons que ça revienne avec les beaux jours.

vendredi 28 février 2003

Brèves de comptoir

Sur sa page web, on peut voir garoo en short, et je sais pas si c'est fait exprès.

En réponse aux gens qui m'envoient des SMS tard le soir, quand je suis à Nantes, je suis officiellement off-line, donc c'est normal que je soie pas sur ICQ et assimilés.

Mon gentil futur maître de stage (croisons les doigts) m'a envoyé un mail comme quoi il prendrait sa décision définitive lundi prochain.

Donc j'irai sans doute sur Paris jeudi.

Voilà, fresh news from my life. Ciao les jeunes.

mercredi 26 février 2003

Répondez-moi

Please !!!

James Bond vs ...

M. Roh ? Non, M. Noh. Le nom du nouveau président sud-coréen s'orthographie en transcription "roh", mais les Coréens du Sud prononcent "noh". Les spécialistes ont certes de savants arguments pour expliquer un choix phonologique - différent au demeurant de celui adopté au Nord - de la transcription des signes de l'alphabet coréen (hangul). Les noms propres coréens pouvant être transcrits comme le souhaitent ceux qui les portent, le président peut aussi avoir opté, comme beaucoup de ses compatriotes, pour une transcription qui ne soit pas connotée négativement hors de son pays. Mais pour le vulgum pecus étranger, il y a de quoi être perdu.

Lu sur le monde

dimanche 09 février 2003

Y'en a qui ont essayé

Ils ont eu des problèmes.

vendredi 31 janvier 2003

Dommage collatéral

Vous connaissez Scènes de Ménage dans un Centre Commercial ? L'humour acide de Woody Allen, les réactions épidermiques de Bette Middler, tout ça dans les rayonnages d'un de ces grands malls à l'américaine.

Bin transformez Woddy Allen en mère de famille dont le visage porte visiblement les marques de sa lassitude et Bette Middler en quadra tâtillone sur les bords et légèrement donneuse de leçons. Bon maintenant imaginez que la première à la sortie des caisses déballe négligeamment tous ses achats et laisse, l'air de rien, les cartons vides par terre pour enfourner le contenu dans un sac qu'elle a dérobé au rayon surgelés. Imaginez la réaction de la seconde en face de cette scène, et la scène justement qu'elle lui fait, moralisante et bien aigrie. Vous sentez la mayonnaise monter et les deux bonnes femmes commencer à s'étriper gentiment devant les yeux ébahis de la caissière.

Bon maintenant imaginez votre serviteur qui, bardé de sa malchance habituelle, se trouve justement entre la première et la seconde, essayant tant bien que mal de ranger ses courses. Pris entre deux feux, avec aucune possibilité de me dégager. Avec comme seule idée celle de plier rapidement bagages. Imaginez les coups que j'ai failli me prendre, car oui, elles en sont venues au mains. Bon heureusement le vigile est arrivé avant que ça ne tourne au pugilat et j'ai pu m'en sortir sans dommage corporel. M'enfin bon. Imaginez la tête de tous les autres.

Comment j'ai sauvé la vie de mon dépanneur et comment ça ne m'a pas fait plus d'effet que ça

Aujourd'hui le dépanneur est venu pour réparer une fuite qu'il y avait sur le toit. Avec sa petite échelle qu'il a plaquée sur le velux de ma chambre, il est monté remettre en place une tuile qui s'était barrée. Sauf que dans le feu de l'action, il ne s'était pas rendu compte que le carrelage est très glissant chez nous, et que donc tout le temps qu'il était là haut à bricoler sa tuile, bin l'échelle glissait lentement mais sûrement le long du montant du vélux. Et donc quand il est redescendu, bin il a bien failli se tuer.

Attention je lui ai dit, vous avez votre échelle qui se barre en couille. C'est ma foi vrai. Heureusement que vous me le dites. Bin ouais mon pote, parce que mine de rien, je me demande le fracas que ça aurait pu faire si l'échelle était vraiment tombée. Qu'est-ce que t'aurais fait ? Tu te serais accroché comme un con au rebord du velux ? Tu serais tombé comme un sac à patates ? Tu te serais pété la hanche, m'obligeant à faire le 15 pour que quelqu'un vienne te ramasser ? Allez va, chuis grand prince, chte remercie pour la tuile et chte dis de faire plus gaffe la prochaine fois. Sans racune.

Vous avez vu que j'aurais pu faire plein d'agapismes avec tuile et que je me suis retenu ?

mercredi 29 janvier 2003

Abroad

Est-ce que je considèrerais l'éventualité de partir quelques temps à l'étranger ? Au milieu d'une divagation sur ICQ dont je ne me souviens plus de l'a-propos, cette question est apparue comme gamin de cinq ans dans une congrégation de moines. Partir à l'étranger, j'ai rien contre, mais déjà vu comment je parle, si en plus je dois parler en anglais... Enfin, bon soit, imaginons une seconde. Non, en fait, j'ai rien contre.

Et si vous avez la vague impression que je cherchais désespérément un sujet pour faire du remplissage sur mon blog, et bien je crois que vous pouvez penser sans trop vous avancer que c'est le cas. Mais c'est pas comme si je racontais vraiment n'importe quoi, parce sinon, bin, enfin, bref, certes, bleurk, grmbl, et là j'aurais un peu l'impression de me trahir. Mais c'est pas le genre de sentiments qui m'empêchent d'agir en général, parce que si (seulement) je m'arrêtais à ce genre de considérations...

dimanche 19 janvier 2003

Fermeture éclair

À la fermeture de la Fnac, un samedi soir vers 19h30, il règne une sorte d'ambiance fébrile, mélange à la fois des gigottements des derniers clients qui trottent à vive allure dans les rayons, des trépignations des vendeurs qui n'ont qu'une hâte: rentrer chez eux et des gargouillis des caisses enregistreuses qui, dans cette frénésie générale, n'éprouvent plus de scrupules à oublier d'encaisser certains articles. Le samedi soir à la Fnac, les gens sont plus pressés que d'habitude. Et quand dans la précipitation, une cliente ose demander où se trouve le rayon "B.O. de films", le vendeur, qui ne pense plus qu'à son week-end-end, oublie totalement la disposition du magasin et gaspille cinq bonnes minutes à tourner en rond. Le samedi soir à la fnac, on n'a plus le temps de réfléchir si on va ou non acheter telle ou telle chose. C'est la pression de l'annonce de fermeture qui gagne. Chacun prend au hasard le dernier article qui est passé par ses mains et se rue vers la sortie. Et les files d'attente perdent toute leur cohérence, certaines s'allongeant démesurément (car les gens croient que c'est la dernière caisse ouverte) alors que d'autres restent totalement vides. Heureusement, c'est plus calme chez Carrefour. Ils ferment à huit heures.

vendredi 03 janvier 2003

Camouflage

Fidèle à ma technique du "planquons un post lourdingue avec un autre vachement plus mieux", ma soeur m'a offert un joli calendrier Salvator Dali, avec de belles images dedans. J'avais manifesté ici l'envie d'avoir quelque chose comme ça, il y a pas si longtemps. Et je sais qu'elle lit pas mon blog, ma soeur. Du coup je me rends compte que les gens me connaissent beaucoup mieux que ce que je crois. Et c'est pas plus mal.

jeudi 26 décembre 2002

Entre-deux

Je crois que je suis en train de mal tourner. Là, j'ai envie d'envoyer tout le monde balader et d'aller passer le réveillon tranquillement, sur une plage, avec une bouteille. Si ça intéresse des gens, il reste 4 places dans la voiture.

vendredi 20 décembre 2002

Dernier jour à Lyon

Programme des vacances: Les deux tours, traîner un peu, dormir, shopping de Noël, préparation du réveillon, réveillon, vomi du réveillon, travailler un peu, dormir, préparation du second réveillon, réveillon, revomi du réveillon et ainsi de suite jusqu'à ce que mort s'en suive.

samedi 07 décembre 2002

Ici Nantes

Un petit post depuis le portable de mes parents, parce qu'ils ont 10 heures de forfait internet dont ils ne savent pas quoi faire. Alors j'en profite ! Le programme aujourd'hui, je sens que je vais me faire un petit samedi ciné, comme ça, parce que. D'abord à 13h35, Brazil de Terry Gilliam. Il paraît que c'est pas mal, et comme en plus la place est à 2€... Puis à 18h35, Leningrad Cowboys Go To America, sans doute le premier film finlandais que je vais voir. Je vous raconterai. Enfin ce soir, le dernier James Bond, pour faire plaisir aux gens. Bon allez, j'y vais sinon je vais être en retard.

dimanche 01 décembre 2002

Le monnayeur

Effectivement, c'est assez dur de trouver de la monnaie un dimanche soir. J'étais parti gentiment laver mon linge quand, arrivé à la laverie, je me rendis compte que je n'avais en poche qu'un billet de 10. Forcément, ça rentre moins bien dans les monnayeurs automatiques. Pas découragé, je demandai rapidement aux personnes alors présentes si elles ne pouvaient pas me dépanner. Négatif. Dépité, je partis donc battre le pavé détrempé par la fine pluie lyonnaise, à la recherche d'une quelconque boutique qui aurait pu me donner le change.

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samedi 30 novembre 2002

Sans titre

Comme dirait le cuisinier des titans (dans les 12 travaux d'Astérix, je me souviens plus de son nom), séparer les familles, ça il faut pas faire. Ça c'est passé ce matin dans le métro. La rame arrivait à quai, et j'avançais insouciant vers les portes, encore tout songeur à la souris optique que je venais d'acquérir, et qui se balançait avec entrain dans un sachet plastique tenu fermement entre mes doigts.

À ma hauteur, une mère de famille, avec ses deux enfants, s'avançait également vers le métro, partant pour je ne sais quel magasin ou voir quelque parent. Quand soudain, la sonnerie criarde qui signale que le train va bientôt partir retentit, pressant la foule vers les entrées encore restées ouvertes. Tout notre petit monde accélère donc le pas, et dans la cohue, je m'intercale entre le petit garçon et la petite fille. Et c'est le drame...

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vendredi 29 novembre 2002

Facettes

Si, un jour, je gagne assez d'argent pour me payer un super appart, il faudrait que je fasse une pièce "ambiance disco" avec fauteuils violets, papier peint avec des ronds multicolores, boule à facettes, lava lamp et tout. Dans un coin je mettrai une bonne vieille chaîne hifi, du genre avec des hauts parleurs en bois, avec un vieille collection de vinyles bien trippants en dessous (Janice Joplin, Hendrix, ...). De la moquette à poils par terre, et pas d'ampoule au plafond, et des rideaux en velours aux fenêtres. Ouais ce serait vraiment le top.

mardi 05 novembre 2002

Incident diplomatique

Et voilà, ce qui devait arriver arriva, et j'ai malencontreusement dit ici quelque chose qui a vexé quelqu'un, chose que je n'aurais jamais dite si j'avais su que ce quelqu'un viendrait un jour ici. Enfin, je me comprends. Je présente donc toutes mes confuses à cette personne.

lundi 04 novembre 2002

Fête le mort

Je meurs pas spécialement d'envie de vous raconter mon week-end, mais comme j'ai quelques minutes à tuer avant d'aller à la banque déposer le petit chèque parental qui va me permettre de manger pendant un petit mois - indépendance, mon oeil - bin voilà quoi. Sinon, j'ai des réflexions bien plus intéressantes à pondre, mais qui attendront, car le récit de ces deux derniers jours éclairerera sans doute leur signification. Mais si, puisque je vous le dis.

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jeudi 31 octobre 2002

Home sweet home

Un post en coup de vent pour dire que je pars passer le week end à Nantes.

lundi 28 octobre 2002

Non de non

J'ai utilisé une cinquantaine de fois "en même temps" dans le dernier post. Je deviens un djeuz hype qui surfe sur les expressions à la mode. Ça me rappelle une fois chez mon pote Olivier, où on s'était rendu compte qu'on commençait toutes nos phrases par en même temps. C'est affolant. Avec un grand C.

dimanche 27 octobre 2002

Le compte est bon

Steak-frites. Bu un coup dans un café place des Terreaux. Bien dormi tout en étant réveillé assez tôt (changement d'heure oblige). Réparé mon ordi. Lu le post d'un kilomètre de Garoo. Bien rigolé à cause des personnages caricaturaux de NOLF. Pizza-salade. Ai rajouté un RSS au site (avec un petit pépin à cause des accents). Décrété la fin de la semaine marathon. Parti à la laverie.

samedi 26 octobre 2002

Shopping

Cassoulet. Fait les courses à Carrefour. Rendu compte que la bouffe ça coûte super cher. Mangé du chocolat polonais. Rendu compte que la bouffe ça pèse super lourd. Demandé qui pouvait bien Karma-poster aussi souvent (y compris jusqu'à loin dans les archives). Vu à nouveau du mouvement sur deux de mes ex-blogs préférés.

Bam

Cassé l'interrupteur pour allumer mon PC. Commencé à Doxygener notre code. Reçu un fanmail de Sam (mon deuxième fanmail !). Appris que Move Your Feet commençait à devenir culte.

Homepage

Nettoyé notre algo de triangulation. Spaghetti bolognaise. Regardé Génération 80. Trouvé que Jean Schultheis ressemblait à mon prof de Logique de l'année dernière. Mis le site à jour. Relancé la screen cam. Envie de dormir.

vendredi 25 octobre 2002

Saleté de PC

Trackball encrassé, cd-rom fusillé, interrupteur de boîtier HS, sans citer son âge avancé et le fait qu'il n'arrivera bientôt plus à faire tourner aucun jeu. Snif. Obligé de surfer au clavier. Snif Snif. Sinon, ne me doutais pas que l'internet était aussi fragile.

Vive le vendredi

Réveillé par un livreur de La Poste qui est venu déposer le Warcraft3 et le live de Laurent Garnier que Jim avait commandé. Séché le cours sur Internet. Écouté le premier concerto pour piano de Tchaikovski. Été complètement à la ramasse pendant le cours de codage. Quiche au R.U. Trouvé le prof de Technique d'Acqusition assez choucard (il n'était pas vraiment en super forme). Essayé de faire croire à Jim que son colis n'était pas arrivé. Intrigué par la dizaine de Karma vote cast d'ajourd'hui. Reçu 2 virus par email. Tournée des blogs. Aurait bien aimé faire le Friday Blouk.

jeudi 24 octobre 2002

Thursday eve

Intérrogé par Mat qui se demandait si ça intéressait quelqu'un ce que je racontais. Auto-persuadé que oui. Chili con Carne. Pas de remarques à faire sur Popstars (à par qu'ils ne chantent pas trop bien, mais c'est un présupposé). Montré à ce même Mat la video de Junior Senior: Move Your Feet (via WebSucks). Me suis demandé si c'était mieux que Yatta. Faut voir.

Cheque your body

Dégouté pour la vie de faire des chèques. Tracassé pendant trois semaines pour savoir si mon compte serait ou pas assez dans le vert, le temps que la fac encaisse le chèque d'inscription. Soulagé d'apprendre qu'ils venaient de le faire. Peux à nouveau claquer tout mon fric (sic) sans avoir à prévoir méga longtemps à l'avance.

Work Work

Levé assez difficilement. Pas eu cours de Maths, mais un TP à la place. Ouf. Enfin, c'est marrant d'écrire plein de formules super compliquées, mais chercher à les comprendre, ça l'est beaucoup moins. Essayé de faire un algorithme qui applique un filtre passe bas sur une image. Segmentation Fault. Poulet-frites au R.U. Passé l'après-midi à corriger des bugs dans notre programme de triangulation. Maintenant il ne reste plus qu'à implémenter la méthode de Delaunay. 3 BMW noires garées au pied de l'immeuble. Ai réactivé le masquage automatique de la barre de tâches (super !).

Nuit Blanche

Pizza. Regardé du coin de l'oeil le match. Joué à Warcraft3. Continué à mettre en place ma homepage, avec une page about. N'étais pas resté veillé aussi tard pour "travailler" depuis bien longtemps. Les (mauvaises) habitudes reviennent.

mercredi 23 octobre 2002

Tépé de Cé

Codé complètement au hasard une dizaine de fonctions en C. Satisfait par le fait qu'elles fonctionnent. Etonné par l'improbable a-propos de l'article de Biba sur les blogues (y compris l'orthographe utilisée)(via BinGirl). Vu un mec faire la manche en jouant du synthéthiseur dans le Métro. *Devrais* commencer à chercher un stage.

Ince Preu

Présenté une petite annonce de SAGEM en TD d'Insertion Professionnelle. Sorti un heure en avance. Vu un *magnifique* pick-up GMC repeint en vert métallisé par un adepte du tuning (et accessoirement du mauvais goût). Auto-motivé pour commencer à chercher un stage. Vu que j'étais sur annublog.

Plateau télé

Devant la Momie et Austin Powers. Vaguement rigolo sans vraiment le vouloir et vaguement rigolo tout en cherchant à l'être. Poulet basquaise. Appelé ma frangine. Nettoyé la cage du hamster. Brossé les dents. Décidé qu'il ne fallait raisonnablement pas aller plus loin dans les détails.

mardi 22 octobre 2002

Born sleepy

Fait à manger steack haché-haricots verts. Ai finalement pu prendre une douche. Lu les logs d'un certain channel IRC (à titre purement informatif). Modélisé un tetraèdre (dur dur) en TP. Répondu à une enquête dans le Métro. Vu le lien chez Garoo (m'appelez pas, j'aime pas parler au téléphone).

±Grasse Mat'

Dormi 9 petites heures. Mangé une tartine de nutella. Imprimé trois petites annonces et un CV pour le cours d'Insertion Professionnelle. Ne peut pas prendre de douche parce qu'une paire de plombiers assurément expérimentée vient de changer le joint de la baignore.

lundi 21 octobre 2002

Perspicace

Remarqué que Gabu avait supprimé l'accès à ses archives. Fait fonctionner mes quelques neurones encore actifs pour retrouver l'adresse (en fait elle n'a viré que le liens, pas les fichiers, ouf). Espère du coup qu'elle ne va pas décider de faire le ménage. Ferais sans doute mieux d'effacer ce post.

Soirée tranquille

Ecouté le double live symphonique de Portishead. Mangé des côtes de porc. Mis une première version en ligne. Regardé le début de Sexe Intentions. N'ai jamais autant eu de reflexions à écrire que depuis que j'ai décidé de suspendre les posts introspectifs pour juste raconter ma vie.

Glande

Avais pas cours. Joué à Warcraft3. Eté enguelé par mat, soit disant parce que j'ai joué comme un gros chieur. Mangé des petits écoliers. Lecteur cd-rom en rade. Commencé à réfléchir au layout de ma homepage à la fac.

Aller-Retour

Filé avec réticence 81 euros à la SNCF pour un aller-retour Lyon-Nantes, sachant qu'il n'y a déjà plus de place à 50% pour le 21 décembre. Vu une gitane faire la manche avec des prospectus "luttez contre la leucémie". Ai triangulé 25.000 facettes sur 100.000 points en 862 secondes.

dimanche 20 octobre 2002

Sable

J'ai dormi une seule fois sur la plage. J'en garde pas un très bon souvenir. Pourquoi je vous raconte ça, moi ?

jeudi 17 octobre 2002

Dans le Métro

Vu saxophoniste super bien équipé (MD + Instru de la mort) faire la manche sur Waterloo de ABBA. M'a bien fait rire. Avait déjà vu le même saxophoniste la veille, faisait également la manche sur un vieux rock dont j'ai oublié le titre. M'avait mis d'assez bonne humeur. Espère le revoir demain. Fera ma journée.

samedi 12 octobre 2002

First Impressions

Lyon: ils conduisent tous comme des tarés.

La fac: les cours sont chiants, mais sinon ce seraient pas des cours.

L'appart: grand donc vide.

lundi 23 septembre 2002

Paperasse

Mes parents vont bientôt déménager. Maintenant que les enfants sont partis, ils vont prendre une maison à la campagne. Soit. Le problème c'est que comme je pars pour Lyon la semaine prochaine, il faut que je fasse mes cartons dès maintenant, parce que je n'ai absolument pas envie qu'ils s'occupent d'emballer mes affaires. Disons que j'ai pas confiance.

Et c'est donc un joyeux bordel de cartons et de piles de vieux cours qui s'organise dans ma chambre, le temps que je classe, trie, range, entre ce que j'amène, ce que je laisse et ce que je jette. Au milieu de tout ça, je retrouve de vieilles copies de première. Ah, on ne nous demandait pas grand chose à l'époque ! Des tests qui, bien tassés, tenaient sur une copie double, des argumentations absolument bancales avec des super notes, franchement, c'était le bon temps.

samedi 21 septembre 2002

Tableaux-ïdes

Je suis allé voir une exposition/vente d'art contemporain. Mettons à part le versement de 3€ rien que pour rentrer regarder (et d'ailleurs vu le prix prohibitif de certaines toiles, on n'est effectivement rentrés *que* pour regarder). Mettons également à part le fait que l'exposition se tienne sous un chapiteau géant, sur le parking de la place Viarme, en lieu et place de la brocante du samedi. Mettons enfin à part le fait que certains artistes n'avaient absolument rien à faire dans cette expo (genre les natures mortes, les aquarelles de plages et autres bouquets de fleurs, pour l'art contemporain, on repassera).

Tout ça mis à part, donc, ça donnait un joyeux mélange de couleurs bigarrées, d'un aléatoire bon goût, qui reflétait invariablement l'attitude adoptée par l'artiste. Soit il était avachi sur un banc, à la limite de vous snober, en face de ses gribouillis parfois sympathiques, soit il achalandait à tout va, cherchant à vendre ses croûtes comme on vent du poisson peu frais. Mais là je suis peut-être un brin subjectif.

C'était marrant. On reviendra.

vendredi 20 septembre 2002

Flou artistique

J'ai plus mes lunettes (qui ont chez le réparateur de lunettes) du coup je vois tout flou, c'est horrible. C'est d'autant plus horrible quand je vais sur des sites avec des police de taille 8 ou autre. Je comprends maintenant pourquoi le w3c recommandent d'écrire gros, pour être accessible aux malvoyants. Ou aux imbéciles qui n'ont pas leurs lunettes.

jeudi 19 septembre 2002

Sauchure

Evidemment, impossible de trouver le modèle que je veux dans la pointure que je veux dans tout Nantes. Loi de Murphy, quand tu nous tiens. Donc je me suis rabattu sur une paire de Vans.

mercredi 18 septembre 2002

Glacé

Je me suis pris une saucée sur le coin de la gueule. Du coup j'ai méga froid et j'ai cette désagréable impression d'avoir mal partout. Je crois que je vais mourir.

On va devoir tenter une perfusion de nesquick, mais je suis pas sur que ça marche.
- Docteur, n'y a-t-il vraiment pas d'autre solution ?
- C'est vrai que dans l'état ou il est, ça pourrait lui être fatal.
- Il n'y a plus qu'à prier à la grâce de dieu et... et y aller.
- Le film, vous l'avez mis ?
- Hein ?

mardi 17 septembre 2002

Clean

C'est incroyable. En décidant de faire un peu le ménage sur le tas de papiers sur mon bureau (faites gaffe c'est contagieux), je me suis rendu compte que pour remettre de l'ordre quelque part, il faut créer le chaos ailleurs. Enlevez telle feuille, elle ira négligeamment s'entasser dans une petite boîte en carton, déchirez telle autre, elle finira dans une poubelle pleine à ras bord. C'est quoi en fait ranger, sinon de déplacer le bordel d'un endroit à un autre (moins voyant) ?

lundi 16 septembre 2002

Allo

Je devrais faire une moyenne de la durée de mes conversations au téléphone. Car je dois bien avouer que je suis assez expéditif dans ce domaine.

jeudi 12 septembre 2002

Murs/oreilles

Entendu au détour d'un supermarché: "Ah oui, je voulais te demander d'enregistrer Amélie Poulain. C'est vrai qu'en voyant l'affiche, ça m'avait rien dit comme film, mais tout le monde en parle et ça a fait un tel tollé que je me dis qu'il faut absolument que je le regarde."

Hypothèse 1: cette pétasse ne connaissait pas le sens du mot tollé

Hypothèse 2: cette pétasse est partie en exil en papouasie ces six derniers mois

mercredi 11 septembre 2002

Ouééééé

Cool ça y est c'est mon birthday. J'espère qu'ils vont pas me le saboter comme l'année dernière.

samedi 07 septembre 2002

Fashion Caca

Aujourd'hui au rayon basket des magasins de sport à la mode, on ne trouve plus que ces immondices bariolés pour racailles. Même si je ne vais pas me faire que des amis en disant ça. Mais où est-il le temps des sympathiques tennis en toile, bien rouges et bien montantes, des adidas qui arboraient fièrement leur trois bandes sur un simple revêtement en côton ? Ça, ça ressemblait à quelque chose. Non, ce ne sont plus hélas que vachette piquée et retournée, tons d'un mauvais goût absolu (genre bleu-marron, ou violet-kaki) et chaussures sans semelles.

vendredi 06 septembre 2002

W-E

Même si ça fait chier, on peut pas en vouloir aux gens qui partent en week-end le vendredi à 4heures. C'est vrai, moi quan je serai grand, j'aimerais bien partir du boulot le vendredi à 4heures. Même si je suis sûr que ça leur fait manquer beaucoup de clients à la recherche d'un appart. Même si peut-être ça les forcera à mettre la clé sous le tapis. Magnanime, je les pardonne.

Horreur

Ça y est je sais ce qu'ils sentent ces espèces de porcs. Vous savez, ces brutes à l'allure négligée (euphémisme), qui se sont pas lavées depuis deux semaines, qui ont une barbe naissante pleine de morceaux de nourriture et qui sont imbibés de plusieurs tetrabrick de piquette de supermarché. Vous savez ces loques ambulantes qui empèstent et qui viennent systématiquement se coller près de vous quand le bus est bondé.

Ils ne sentent pas la vinasse. Ils ne sentent pas la sueur. Ils sentent l'oignon pourri. Parti pour me faire à manger, j'ai eu la malchance de prendre un ognon pourri et en l'épluchant, toute cette puanteur et ses connotations si particulières tapies au fond de mon cerveau se sont rappelées à mon bon souvenir. Berk.

mercredi 04 septembre 2002

Map

Oui c'est vrai je supporte pas qu'on plie une carte à l'envers. Ça les abîme et ça a tendance à les déchirer. Quelques secondes pour bien la plier, c'est rien, par rapport à l'emmerdement de devoir en racheter une nouvelle. J'ai raison ou j'ai raison ?

mardi 03 septembre 2002

Coupe-Gorge

Les gens conduisent de plus en plus mal. Aujourd'hui encore j'ai évité de justesse un choc frontal avec un espèce d'abruti qui dépassait, à un carrefour, en ville, et sans regarder. Obligé de piler comme un fou, gros appel de phares, failli lui klaxoner à la gueule. Il l'aurait bien mérité, mais pas le droit de klaxoner en ville sauf quand vous voyez un ballon sur la route et un enfant qui court après (© auto-école).

Bon je suis sans doute mal placé pour faire des remarques, mais j'espère quand même que la circulation à Nantes ne va pas devenir cette espèce de grande loterie (vous savez, tournez la roue pour savoir quel membre vous allez perdre aujourd'hui) comme à Paris.

lundi 02 septembre 2002

La maison qui rend fou

Trois affreuses heures de queue pour obtenir les clés d'une chambre en cité universitaire, malgré les apriori positifs que j'ai envers l'administration, je trouve que ça faisait quand même beacoup.

Trois merveilleuses heures de queue dans un couloir minuscule en face d'une sympathique étudiante anglaise, malgré les problèmes que j'ai à communiquer avec les gens, je trouve que ça ne faisait quand même pas assez.

dimanche 01 septembre 2002

Tabernacle

Je me rends compte que j'ai une légère et inconsciente tendance à imiter l'accent des gens avec qui je parle. Sans méchancheté en plus. Comme ça, peut-être par mimétisme. Alors ça, c'est bien étrange une fois.

samedi 31 août 2002

Je commence

[23:41] rampon9: sur ce
[23:41] rampon9: v me coucher
[23:41] rampon9: j'ai de la route demain
[23:41] LaVacheCari: ok
[23:41] rampon9: (ou pas)
[23:41] * * * rampon9 signed off at Sat Aug 31 23:41:49 2002.
[23:41] LaVacheCari: tu pars en camping?
[23:41] * * * Error while sending IM: Not logged on
[23:41] LaVacheCari: oh le saligaud
[23:42] LaVacheCari: il attend même pas ma super vanne de la mort
[23:42] LaVacheCari: enfoiré

mardi 27 août 2002

Sleep

C'est quand même bien de se lever à 11h, en se disant qu'on sera rien obligé de faire aujourd'hui, et surtout d'imaginer encore continuer ce régime là pendant un bon mois.

lundi 26 août 2002

Cherchez l'intrus

Question: Quel animal est assez con pour aller chier dans le seul point de flotte qu'il peut trouver à des kilomètres ?

Réponse: Mon hamster.

dimanche 25 août 2002

Not an addict

Ce qui était bien quand je travaillais, c'est que je pouvais me lever à 9h du matin, allumer mon pc et me connecter sur internet, sans pourtant avoir la sensation d'être complètement accro. Aujourd'hui, c'est tout juste si j'ai pas honte...

jeudi 29 avril 1999

Sans Titre

Gneu gneu ; ça fait six jours bla bla. Je te signale mon pote que si t'es tout seul, c'est uniquement de ta faute. Parce que si je compte - et je sais que ça peut faire du mal - le nombre de filles avec lesquelles tu aurais pu sortir si tu t'étais un peu bougé, hein. Anne-Solène, Julie, Alexandra, Maud, Marine, Élise, etc. Mais je me demande si tu n'es qu'un pauvre connard ou bien alors c'est que t'es pédé sinon je ne vois pas d'autre alternative.

Arrête, tu te fais du mal. En attendant, je révise mes partiels, enfin façon de parler, et je me demande toujours qu'est ce que je vais bien pouvoir choisir en deuxième année - math, physique, info ? Réponds-moi ô boule de cristal en puces et transistors ?

À ce propos, il semblerait que mon PC ne démarre plus que quand il le veut bien, c'est-à-dire quand je n'ai pas autre chose à faire. J'ai retrouvé le mot de passe des fichiers cachés de mon disque, c'est un des prénoms cités ci-dessus. J'ai fait une macro winword pour les tablatures et j'en suis fier.

J'en ai marre d'internet. J'ai un cédé de Jamiroquai en MP3. Éric va me filer son cédé.

samedi 10 avril 1999

Sans Titre

Ben non, peut-être pas finalement. Cet après-midi, je vais me mater Nantes - Guingamp à la télé. J'espère qu'on va leur foutre leur branlée. Regarde comment je parle, je deviens un pauvre beauf de base ou quoi ?

Je suis en vacances et deux solutions se proposent à moi pour occuper la semaine à venir - les autres n'étant pas là. Ou je révise mes partiels qui sont quand même dans un peu moins d'un mois - ce qui fait que mi-mai je serai libéré - ou je vais à la fac sur internet. Je ne sais pas. Je vais peut-être laisser le hasard décider, comme d'habitude.

D'autant plus que j'ai des trucs à récupérer comme des images de Dr Katz ou encore de Mélanie Thierry. Mais il faut aussi que je retrouve un logiciel pour faire des tablatures et si possible un éditeur HTML digne de ce nom.

Je me suis livré à un petit calcul. Cela fait 6785 jours que je suis célibataire.

jeudi 11 mars 1999

Sans Titre

J'ai fait tout ce que j'ai dit ; j'ai même récupéré des tablatures pour Radiohead, et c'est génial. J'ai écrit à Élise ; le pire c'est que quand je la vois, je me sens mal et je n'ose même pas la regarder. Et si elle savait. Elle ne m'a pas répondu à ce jour. xxx@xxx.fr Je suis navré car j'ai déchiré un billet de 200 balles. Le site ça avance petit à petit.

Je viens d'avoir un continu d'astrophysique - et oui, je fais de l'astrophysique - et j'espère que je ne me suis pas trop planté.

lundi 01 mars 1999

Sans Titre

Ça fait un petit bout de temps. Pour le login, j'ai essayé sur Yahoo mais ça plantait, sur Caramail, ça ramait et sur Hotmail, c'était même pas la peine. Je vais me la retenter vendredi après-midi - j'espère qu'il n'y aura pas trop de monde en train de se parler sur parler sur micromania sinon les modems vont saturer. Je crois avoir trouvé un plan pour héberger ma page web à moi ! Étonnant, non ? Encore faut-il qu'elle soit potable, mais j'y travaille.

Petit problème avec mon bébé ; le bouton de mise en marche est devenu capricieux. J'ose espérer que ce n'est pas trop grave. Sinon, je ne sais pas ce que je vais faire ; le ramener chez ces bouseux de micromanie ? Mmm… ( hésitation légitime de ma part )

Sinon je vais rendre le jeu " philosophique " de merde que l'on a acheté à la FNAC, en souhaitant qu'ils vont le reprendre, ces connards. Sinon, je suis dans l'expectative.

Je suis toujours affreusement seul. Pire encore, je n'arrive même plus à écrire.

J'attends les cédés d'Éric. Note : Prodigy c'est génial.

lundi 15 février 1999

Sans Titre

Je suis en vacances. J'ai eu mes partiels. J'ai emprunté un super cédérom à la BU, sur lequel j'ai trouvé des trucs intéressants. Ça se profile plutôt bien pour les cédés audio - 50 balles pour Blood Magik Sugar Sex des RHCP et The Fat of the Land des Prodigy. J'ai envoyé un mail à Éric pour qu'il me grave une petite compil, c'est en train de se faire. Je suis heureux. J'ai regardé Parker Lewis. Je vais faire une partie de foot endiablée. La vie est belle.

lundi 18 janvier 1999

Sans Titre

En ce soir, j'aimerais confesser à mon lecteur toute la tristesse qui remplit mon cœur.

La journée n'a, il est vrai, pas été terrible. Cela a commencé par un cours de Gaélique plus que bizarre, avec un enseignant à l'allure perfide et à l'accent américain. Sur le coup, je venais de rentrer pour ma première séance de TD et je ne savais pas encore ce qui allait me navrer. Je sortis la peine au cœur et l'envie de rentrer dans mon bon logis.

J'attendais la diligence électrifiée qui me conduit près de chez moi, lorsque cette affreuse dame, qui hélas faisait partie de mon groupe, un certain poisson nommé Nelly passa devant moi comme un cageot de patates pourries. La politesse me poussa à la saluer, mais de toutes mes forces je la rejettai avec soin.

Rentré dans ma tanière, je me détendai un peu en jouant - et en perdant - à un jeu de courses chevaleresques dans des véhicules automobiles appelées Ferrari F50. Le repas fut frugal ; ma mère avait de moins en moins envie de se démener à me nourrir ; mais je ne peux lui en vouloir

L'après-midi, triste déception ; mon entourage ne comptait aucune demoiselle digne de ce nom, ni mignonne, ni sympathique ; je me convins alors de me rabattre sur les personnes de l'amphi. Quoiqu'il en soit, je ne tentai pas de me faire de nouveaux alliés parmi cette masse ; j'étais bien trop déçu de l'absence de beauté.

Je suis rentré en courant ; j'ai regardé un peu la boîte noire : j'ai un peu écrit mes mémoires ; bref, encore une journée sans intérêt. Dont je vous parle quand même, car je sais que cela vous intéresse au plus haut point.

Salut, l'ami.

vendredi 01 janvier 1999

Sans Titre

Franchement, c'était pas terrible, et ce de l'avis général. Au début, ça allait quand on était encore chez Arnaud. On a mangé de la raclette. Première raclette de ma vie. Et puis on a bougé vers onze heures et là, c'est devenu bizarre. Toute cette soirée était bizarre. Moi qui m'attendais à un super réveillon, je ne me suis même pas saoulé, c'est dire. Si, on a fumé un peu de cette chose pour laquelle on peut prendre deux ans de prison aux États-Unis. Pays pourri. Enfin bon.

Par contre, la copine à Julien est effectivement très mignonne. Mais bon, elle n'a pas l'air très futée non plus. Je ne sais pas. Non, rien d'intéressant.

Il faut que je révise mes partiels.