Cycles
C'est vrai, malgré tout, je raconte souvent la même chose. Et ceux qui ont le courage de me suivre depuis plus de sept ans (...) s'en sont probablement rendus compte — non sans observer cependant cette subtile évolution dans la description cynique que je fais de mes banales névroses. Voilà une des raisons pour lesquelles j'ai, quoiqu'on puisse en dire, apprécié le dernier Foenkinos ; parce que c'est un livre que j'aurais pu écrire, si j'avais eu du talent, note, comme il enchaîne traits d'esprit et second degré avec autant de conviction qu'il n'assène les platitudes littéraires et autres effets d'écriture surannés — dont la profusion ferait, elle aussi, presque rire, malgré elle ; parce qu'il décrit également les travers qui font ma vie quotidienne, en les sublimant avec suffisamment de magie pour que le livre se termine, miraculeusement, dans une happy end à la Disney.
Or ces travers n'ont rien d'original, donc. Pourtant je continue de les transcrire comme si du côté psychanalyse de comptoir je pouvais tirer quelque chose ; peut-être cette même impression d'un changement lent mais résolu. A quarante ans je regarderai derrière mon épaule et décrirai avec nostalgie à mon nouveau né à quel point il est compliqué d'apprendre à vivre dans ce monde. Oui, quatre décennies, ça me semble une durée raisonnable pour une adolescence digne de ce nom. Peut-être qu'à cet age je serai enfin sage. Ou plein de regrets, c'est plus probable.
- Posté à 00:48
- Sujet : Réflexions
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