vendredi 24 avril 2009

Mumu et les peintres

Je ne sais pas trop si j'ai déjà eu l'occasion d'en parler, s'ils pouvaient le faire à ma place, mes amis qui me connaissent assez pour m'avoir subi ivre pourront sûrement témoigner — témoigner à charge, évidemment. Et si je conçois certainement n'être pas le seul imbécile au comportement insupportable dès qu'il a quelques verres en trop dans le nez, je me permets cependant d'en faire à nouveau l'étalage ici, parce que, merde, il faut bien que je donne l'impression d'avoir un semblant de personnalité. Non ?

Samedi dernier, dans le rôle du garçon de bonne famille qui se laisse un peu aller, invité que j'étais aux vingt-cinq ans de ma cousine réunionnaise, je fais honneur plus que de raison au punch maison et finis la tête la première dans la cuvette des toilettes, deux bonnes grosses giclées de vomi plus tard. Non sans avoir passé la moitié de la soirée à faire sans vergogne de l'oeil à Charlotte, la femme d'un autre. C'est fou comme l'alcool vous donne parfois des ailes. L'autre point de détail, c'est cette impression étrange d'avoir participé à ce qu'on se doit bien d'appeler une fête communautaire — réunion sciemment organisée entre gens de la même origine où, paradoxalement, les quelques blancs présents faisaient tâche dans le paysage. Je ne sais pas trop ce que je dois en penser, je ne sais pas si je dois d'ailleurs en penser grand chose. Ce qui me plaît c'est le mélange des genres et, c'est sûrement très bobo comme attitude, alors dans un sens comme dans l'autre les extrêmes m'intriguent.

Bon on s'en fout. En plus j'ai déjà évoqué le sujet.

Pour finir sur autre chose, je dois vous parler de ce site et de ma désormais irrépressible envie d'avoir une reproduction grandeur nature de Klimt ou de Van Gogh trônant dans mon salon. Je parcours les galeries et je trouve tout magnifique. Des fois je regrette que, perdu dans ses substitutifs marketés et préformatés, le peuple du monde semble avoir perdu tout goût pour les subtils arômes des chefs d'oeuvres des époques passées, pour ne plus se contenter que des parfums faciles et de la jouissance immédiate des bonbons ce début de siècle. Après, ça n'est peut-être qu'une impression, et pourtant ce n'est pas force d'avoir essayé de nous l'enfoncer dans le cerveau à l'école.

Ce qui me plaît c'est le mélange des genres. Je rêve à une sublime édition reliée des sombres Fleurs du mal, à un grand poster de la surranée Jeune Fille à la Perle. Lire, écouter, regarder et sans préjugé être curieux de tout : du moderne, de l'ancien, d'ici, d'ailleurs — car à défaut d'avoir une fin en soi, l'histoire des hommes a au moins quelque chose de beau à offrir.

C'est beau ce que je raconte.

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