Summertime

Ce début d’été prend déjà presque des airs de vacances avant l’heure et ce n’est pas pour me déplaire. Je me revois avec ma belle-famille déambuler dans les rues de Noirmoutier, parmi l’archétype de la tribu bruyante à laquelle je n’aurais jamais cru adhérer — qui, malgré les circonstances, semble devoir me coller à la peau. Et cela me remplit d’un sentiment qui n’est pas si désagréable. C’est lorsque je prends ma soeur dernièrement née dans mes bras que l’impression est la plus forte. Elle me titille également, l’inexorable envie de fonder à mon tour un foyer, non seulement pour le simple plaisir qu’apporterait cette sorte d’achèvement qu’on nous présente de façon assez déterministe comme un idéal en soi, mais également pour ce besoin de participer, d’apporter moi aussi ma brique à la (re)construction de cette grande maisonnée dont j’ai toujours rêvé mais dont les aléas de la vie (et notre déracinement précoce de nos attaches ancestrales) nous ont plus ou moins privés, enfants.

Qui plus est, les contours de mon mois d’août quasiment chômé se précisent. Les deux premières semaines je devrais partir à la ferme du côté d’Ancenis pour un retour à la terre qui, je l’espère, sous les rudiments de l’agriculture biologique, me rapprochera d’un idéal de citadin vaguement écologique qui n’a pas complètement oublié d’où il venait et comment il arrivait chaque jour à remplir assiettes et estomacs. La troisième semaine devrait être nettement moins bucolique, direction le golfe du Morbihan pour nos habituels sept jours entre mecs, barbecue et farniente au programme. Quant à la fin du mois, plus studieuse, j’espère m’échapper sur l’île d’Yeu avec ma soeur. Une île, une fois de plus, rien que nous deux, pour se ressourcer, reprendre des forces et peut-être écrire un peu. J’ai déjà quelques idées en réserve.